Ma collectivité en 2030

Posté le 24 septembre 2008 par Stéphane Vincent

Dans le cadre des Rencontres de l’innovation publique (INOP), organisées à Nantes les 23 et 24 septembre 2008, l’équipe de la 27e Région s’est amusée à imaginer à quoi pourrait ressembler une commune de 5 à 10 000 habitants, vue par sa collectivité : organisation communale, services administratifs, bâtiments publiques, vie des citoyens. Ce travail s’est appuyé sur l’analyse de divers documents : le travail de prospective « Impact des technologies sur le territoire » réalisé par la Fing pour la Diact en 2008, le programme Villes 2.0 conduit par Thierry Marcou et Fabien Eychenne à la Fing, le rapport du Sénat « le nouvelle espace rural français », les actes du colloque « l’élu local au cœur de la décentralisation (tous deux disponibles sur www.senat.fr), l’ouvrage « la fin des maires » de Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabon, « Fantassins de la République » de Vincent Drouin, des entretiens avec Jacques-François Marchandise (Fing), Jacky Denieul (IAAT), Vincent Drouin.

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On a souvent réfléchi à l’avenir de nos villes en tant qu’espaces urbains ; mais à quoi pourrait ressembler une collectivité locale en tant qu’organisation administrative et démocratique -disons dotée d’une population de 5 à 10 000 habitants- dans 20 ans ? C’est la question que nous nous sommes posés, en tentant de prolonger les pratiques actuelles les plus fortes ou au contraire en les prenant à contre-pied, et en considérant l’impact croissant des technologies sur la société et les organisations. C’est un travail très imparfait, sans volonté prophétique, tantôt réaliste et tantôt utopique, largement surpassé par de nombreux chercheurs et romanciers. Dans notre esprit, il s’agit avant tout d’un prétexte, d’une invitation à s’interroger sur l’avenir des valeurs qui fondent la vie locale, le « vivre ensemble » à l’échelle de nos villes et de nos quartiers. Il est conçu pour être contredit, complété et amélioré.

Et si ça se passait mal ?

Il faut d’abord rappeler que des scénarios « catastrophes » crédibles existent concernant l’avenir des collectivités locales -risque de délitement de l’intérêt général au profit d’une somme d’intérêts privés, montée du communautarisme, etc. Citons, sans être forcément être exclusif :

  • La ville privatisée : un espace public précarisé, une ville gérée comme un syndic de propriété, une prolifération des immeubles, quartiers, zones, villages et villes passant dans l’espace privatisé ;
  • La ville externalisée : une démobilisation de l’acteur public, des politiques publiques massivement confiées aux « pros », achetées sur étagères, à des opérateurs
  • La ville technicisée : la technicisation de la vie publique s’amplifie, s’éloigne du citoyen, hors de portée de l’habitant

Même si en faire l’exercice serait précieux, notre objectif n’est pas de décrire ces scénarios mais plutôt de prendre le parti des collectivités qui seraient parvenues à faire le « pas de côté » dont parlent Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabon dans « La fin des maires », à prendre leur destin en main, dans un contexte devenu incertain, et durablement impacté par les technologies.

Les hypothèses que nous formulons sont organisées autour de 4 propositions : une réaffirmation de l’expérience collective du territoire, le passage à une administration ouverte et coproduite, le réinvention de la médiation humaine, l’irruption des technologies dans le débat public local.

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Proposition 1. Vers une expérience collective du territoire

Y a t-il un « vivre ensemble » en 2030 ? Est-il territorial, et si oui à quelle échelle et quelle granularité ? Peut-il être remplacé par d’autres formes de collectifs ? Comment créer et maintenir un écosystème équilibré, où s’organise le dialogue entre différentes générations d’habitants, différents quartiers, différentes cultures ?

Plusieurs pistes existent dans ce domaine, avec pour point commun d’inscrire davantage le collectif dans notre quotidien.

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Une coproduction de la solidarité

Devant le retrait de l’État dans la gestion et le financement de certains services publics de proximité, la solidarité citoyenne tente de prendre le relais, appuyée par des associations locales. Il est désormais possible d’avoir une information précise et actualisée de la disponibilité de ses voisins. Devant la crise énergétique et environnementale, il est de plus en plus difficile d’habiter loin des centres urbains. La solidarité s’organise pour faire face à ce nouveau contexte. Par le biais d’un réseau social de proximité organisé, chacun peut s’organiser pour partager des trajets en voiture et se rendre les services dont l’accès n’est plus assuré.

Voir par exemple le projet « Faire compagnie » conçu par le designer Romain Thevenet en Pays Nivernais Morvan, http://designdeveloppementlocal.wordpress.com ; le réseau www.citizenpowered.org adossé à la ville de Chicago, ou encore les réseaux sociaux de Rennes (www.laruche.org) et de Paris ou Marseille (www.peuplade.fr)

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Des tiers-lieux « nouvelle génération »

Ni privés, ni publics, les tiers lieux ont pris une place essentielle aux yeux de la population. Davantage pensés autour de l’expérience vécue par l’usager, ils satisfont un besoin de re-socialisation, de convivialité, de conversation. Hier concentrés sur quelques projets expérimentaux, leurs principes ont irrigué un grand nombreux de lieux publics et privés. Ils contribuent à réinventer des lieux de socialisation éprouvés par le temps -MJC, maison des associations, salle des fêtes- et cassent les codes de nombreux équipements publics : écoles, maisons de services à la population, hôpitaux….mais aussi privés : pépinières d’entreprises, commerces, PME. Par exemple, dans le tissu rural, le réseau des « cafés de pays » s’est raffiné et numérisé, il est la clé de voute d’un réseau social qui s’exprime simultanément sur le territoire physique et numérique. On fait connaissance autour d’un verre, on reprend contact sur le réseau pour préparer un projet de soirée ou un projet professionnel, on se retrouve le jour prévu.

Voir par exemple les cafés de Pays (www.cafedepays.org), la Cantine dans le « silicon sentier » (www.lacantine.org), la Maison ouverte (www.mairie12.paris.fr/public/article.tpl ?id=5213), les espaces à l’Université en Extremadure en Espagne (www.iniciativajoven.org)

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Faire du jumelage une expérience quotidienne

L’expérience de la population s’étend enfin à d’autres cultures, au-delà du seul événement folklorique ou d’une soirée « salsa » : Les jumelages reprennent leur place dans la vie des habitants. En effet, sur le mur de la mairie est projetée, en continu, la place centrale d’une ville allemande ou espagnole jumelée avec la ville, en direct et à l’échelle 1, avec un très grand réalisme et un fond sonore de haute qualité. Les habitants des deux villes peuvent s’y donner rendez-vous, s’inventer des futurs communs, partager, échanger…

Une version évoluée du mur de téléprésence de France Télécom R&D ou celui de Cisco

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Des lieux de re-synchronisation

Pour mieux accompagner les rythmes de vie et contribuer à re-synchroniser la population, la mairie a décidé d’ouvrir les équipements le soir et même la nuit : la piscine, la médiathèque, les salles municipales. Tous les habitants qui en manifestent le souhait peuvent disposer des accès et s’organiser pour assurer des permanences. Sous l’impulsion des lieux publics, les espaces professionnels s’organisent pour être mieux en phase avec les besoins du public. Il existe désormais une meilleure gestion des permanences, des dates d’ouverture des commerces (il y a toujours au moins une boulangerie ouverte, la bibliothèque municipale ouvre en « nocturne » )…

Voir le travail des bureaux des temps de Rennes, de Niort, de Belfort ou encore de Poitiers (par exemple www.site.rennes.fr/temps)

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Des lieux de déconnexion

Une ville, c’est du service et du vide : du non-marchand, du non-pensé, fait pour provoquer l’imprévu. Dans un contexte d’hyperconnexion, la ville et les habitants ont organisé des espaces entièrement déconnectés, des refuges, des moments où « ralentir » : un café de pays sur deux ou trois, un jardin public ou une zone protégée des ondes de toutes sortes par des brouilleurs, aujourd’hui autorisés.

Voir ça et là les nombreuses manifestations de type « Not in my backyard » x (« Pas de ça chez moi »), http://www.senat.fr/colloques/elu_local_decentralisation/elu_local_decentralisation.html, comme dans ce petit village d’Andalousie : http://techno.branchez-vous.com/actualite/2007/08/espagne_un_village_dit_non_au.html

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Les bâtiments publics, nœuds du réseau social

La mairie a profité de plusieurs travaux de rénovation pour adopter les normes en vigueur en matière de HQEI (Haute Qualité Environnementale et Informationnelle). Ce label fait non seulement des bâtiments publics un modèle en matière d’efficacité énergétique, mais ils deviennent également un modèle de qualité informationnelle : ainsi, toute personne approchant d’un bâtiment public peut accéder à de nombreuses d’informations actualisées en continu à l’aide de n’importe quel mobile entrée de gamme, tous équipés d’un service de géolocalisation : événements, mais aussi nombre de visiteurs, documents administratifs, questions posées en ligne par les usagers et réponses des agents, commentaires des usagers, les photos et vidéos publiées par les usagers, etc. Pour connaître en temps réel les « vrais » horaires d’ouverture des services publics, des capteurs sont placés aux accès publics des bâtiments municipaux : ainsi, je sais si un service public est ouvert quand j’en ai besoin, mais les statistiques sur plusieurs mois me permettent aussi de connaître les horaires moyens d’ouvertures, évitant aux agents de les actualiser ou de les rappeler sans cesse.

Voir les nombreuses applications identifiées dans le programme de la Fondation internet nouvelle génération, www.villes2.fr

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Proposition 2. Vers une administration ouverte

Traiter les formalités administratives du quotidien est-il encore le cœur de métiers des collectivités locales ? En tout cas, nous formulons qu’en 2030 le contexte des formalités administratives et de l’information citoyenne a profondément changé.

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Une administration plus libérée que simplifiée

En 20 ans, l’administration n’a pas véritablement réussi à se simplifier. En revanche, il s’est produit une libération progressive mais constante de l’information et des données publiques, sous la pression conjuguée -et les motivations souvent différentes- de la Commission européenne, et, surtout, des militants numériques tel ce « Mouvement international de libération des données publiques ».
Certes, les principales formalités sont dorénavant entièrement numérisées (et la carte d’identité électronique est déployée depuis longtemps) mais surtout, depuis 2020, l’essentiel des données publiques est plus facilement accessible, même si les formats sont disparates et pas toujours « ouverts ».

Un certain nombre d’expériences et d’experts militent déjà en faveur d’un effort massif en faveur de la réutilisation des données, au détriment du développement de nouveaux sites web publics. Mi-juillet 2007, le gouvernement anglais a décidé de supprimer la moitié de son millier de sites web publics, jugeant l’ensemble trop complexe (http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/6896614.stm), relayant bien le sentiment des chercheurs de l’université de Princeton (http://www.internetactu.net/2008/06/20/les-institutions-doivent-construire-des-donnees-reutilisables-pas-des-sites-web/) ; des maires eux-mêmes donnent l’exemple de la transparence : le maire de Marnaz (Haute-Savoie) publie son agenda sur Google : http://www.google.com/calendar/[email protected]

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Des données publiques en peer to peer

Pour les administrations, l’essentiel n’est plus de tenir à jour des interfaces toujours plus élaborées et coûteuses –la vague du web 5.0 est hors de leur portée, en termes de coût et d’expertise. Dorénavant, il s’agit plutôt pour elles de s’organiser en architectures de données. Dans le meilleur des cas, les collectivités mettent à jour des bases de données publiques de leurs services, de leurs décisions, de leurs votes, de leurs financements. Nombre d’entre elles viennent également nourrir, chacune à leur échelle, un dispositif de « peer to peer de l’information publique », créé conjointement par quelques pionniers au sein des collectivités locales, des services de l’État, et vigoureusement animé et promu par les associations et les militants numériques. On y trouve de tout : des formulaires officiels, des bases de données, des informations intéressant tout type d’acteurs : entrepreneurs, fonctionnaires ou particuliers…et les opérateurs privés qui en tirent des services à valeur ajoutée, dont Google (ou son successeur en 2030 !). L’ensemble peut paraître souvent désordonné, mais on y trouve des documents à jour, dans tous les domaines et sous tous les formats.

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Une R&D citoyenne

Tantôt de gré, tantôt de force, l’administration est partiellement entrée dans l’ère de la coproduction.
Les collectivités les plus avancées ont appris à élaborer des solutions avec leurs publics, en construisant un cadre à cet effet, en les associant à des formes ouvertes de « recherche et développement », aboutissant à des projets simples mais tout de suite efficaces, facile à tester, rapides à mettre en œuvre. La dynamique est forte : tous les acteurs publics, associatifs mais aussi commerciaux rivalisent d’imagination pour imaginer de nouveaux services à l’usager.

Le gouvernement anglais invite les internautes à proposer lui-même de nouveaux services à partir des données publiques : http://www.showusabetterway.com/ (« proposez-nous une meilleure façon de faire »)

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Proposition 3. Réinventer la médiation humaine

Les métiers de la médiation et les métiers techniques n’ont pas disparu au profit de la dématérialisation. Celle-ci s’est concentrée sur des activités à faible valeur ajoutée ou fastidieuse, et la médiation humaine s’est faîte plus souple, plus mobile, plus au contact avec les populations et le territoire.

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Du secrétaire de mairie au médiateur de territoire

Les plus petites mairies et les annexes des mairies moyennes ont fermé depuis longtemps. Dans les territoires où l’action publique ne s’est pas tout simplement repliée sur des zones plus denses, les collectivités ont fait évolué la fonction de secrétaire de mairie vers une forme plus mobile, allant plus au devant des habitants les plus sédentaires, des personnes âgées ou en difficulté. Surtout, il s’agit d’une véritable fonction de médiateur administratif et social, capable de faire l’interface entre les populations, et l’essentiel des formalités administratives (administrations de l’emploi, du social, de l’éducation, etc), d’accompagner les habitants de façon transversale, de les conseiller, etc. L’informatique et les services en ligne sont centraux dans leur travail, ils accompagnent également les usagers dans leurs pratiques numériques.

Voir le projet du cabinet ut_design (www.ut-designers.fr) autour de la fonction de médiateur administratif et mobile ; on pense également à l’expérience du Point Com, à Ondschoot (Nord)

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Des services techniques « augmentés »

Le travail des agents techniques de la mairie a considérablement changé. Ils concentrent maintenant leurs déplacements sur des interventions ou des réparations lourdes. Une partie importante de leur travail consiste à surveiller un parc d’équipements en réseau à distance. Car le territoire de la commune est dorénavant couvert de capteurs de toutes sortes : des puces RFID (radio fréquence) sont dans les murs des bâtiments publics, dans les trottoirs et tout le mobilier et les réseaux urbains (éclairage public, réseau d’eau et de gaz, etc), des nano-webcams sont placés dans les rues et des capteurs comptabilisent les passages sur les routes, des détecteurs de pollution quadrillent la commune, des dispositifs de surveillance sont placés au bord des berges pour surveiller les risques d’innondations, etc. Les véhicules municipaux et tous les équipements mobiles (bennes à ordure et poubelles municipales) sont depuis longtemps équipés d’un système de géolocalisation qui les tracent en temps réel. Les agents techniques sont eux-mêmes équipés de technologies mobiles, qui leur permet d’agir en flottes, de se repérer les uns les autres sur le territoire, d’optimiser leurs déplacements.

On assiste à une dissémination progressive de puces et capteurs de toutes sortes sur le territoire urbain : San Francisco déploie 6000 capteurs sans fils pour rationnaliser le stationnement (http://www.internetactu.net/2008/09/04/des-capteurs-pour-les-places-de-parkings/), 95 000 arbres parisiens sont équipés de puces RFID (http://www.iris-europe.eu/spip.php?article3560

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Proposition 4. Technologie et débat public

Ça et là, des signes de crainte et de contestation émergent dès maintenant devant l’explosion des réseaux (en particulier sans fil), mais aussi des systèmes de reconnaissance et de traçabilité : depuis quelques années, l’association Pièces et main d’œuvre, le collectif Oblomoff, et d’autres mouvements hérités des luddites (les briseurs de machines du début du XIXe siècle en Angleterre) fustigent le danger des technologies de traçabilité numérique, détruisent des machines biométriques dans un lycée à Gyf-sur-Yvette, manifestent lors du lancement du projet de pôle de nano-technologies Minatec à Grenoble, etc.

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L’arrachage de champs de… capteurs nano-technologiques

En écho à toutes les nouvelles pratiques de traçabilité, dans la société de 2030, le débat sur les enjeux scientifiques, environnementaux et technologiques (surveillance, ondes et pollution numérique, omniprésence des nano-technologies) a pris autant d’importance que celui sur le contournement du centre-ville. Par exemple, il est devenu difficile de localiser certains réseaux pervasifs et capteurs enfouis dans toute la ville depuis des années, gérés par des délégataires ou même déployés de façon sauvage, et dont l’usage réel est inconnu.

Toutes les piscines de Paris, Lyon, Marseille sont décrites et commentées par leurs utilisateurs sur www.nageurs.com ; d’innombrables sites web ont été créés à l’initiative des usagers autour du Vélib et de tous les nouveaux équipements publics ; la vie politique locale est commentée, podcastée sur de nombreux blogs d’habitants.

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Une ville sous surveillance citoyenne

Par ailleurs, la vie locale est plus que jamais notée, comparée, bloguée, podcastée. Les gens s’expriment sur la qualité des équipements publics, commentent l’activité culturelle, donnent leur propre classement des écoles, des piscines, des équipements culturels, mais s’expriment aussi sur les élus locaux et leurs politiques et tout ce qui constitue la vie publique et privée locale. Les pratiques habituelles du pouvoir en sont affectées et ne peuvent se tenir à l’écart ni faire comme avant.

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En conclusion

Ces différents scénarios sont une manière différente de se projeter et d’envisager des évolutions futures. Au-delà de ces exemples, nous avons voulu présenter une manière de penser la prospective de façon illustrative, où l’on donne à voir les scénarios que l’on imagine. De la même manière qu’un architecte dessinera des images de synthèse pour expliquer un projet de bâtiment futur, nous nous sommes efforcés de représenter ces différents scénarios avant qu’ils n’existent, pour permettre à chacun de se les approprier. Nous sommes convaincu que l’illustration par des photomontages, des dessins… aide à se saisir d’une réalité en devenir, et permet à un plus grand nombre d’en saisir la complexité et d’en débattre.