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Déc 23 2011

A la recherche des Régions Ingénieuses (2/2)

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tag : prospective

Suite du billet consacré au Off du Congrès des Régions, journée créative organisée cette année à Tours sur le thème des Régions Ingénieuses. Nous revenons ici sur les projets produits par les participants au terme de la journée.

Groupe 1 : Quels modes d’intervention ingénieux pour les Régions ?

Pitch de départ "La Région Ingénieuse est à l’étroit dans le système des subventions et des appels à projets. Elle a enrichi ces modes d’intervention et en a inventé d’autres, qui valorisent davantage la coopération, la "fertilisation croisée", la sérendipité, la capitalisation et le passage à l’échelle. Elle considère toute intervention dans un écosystème plus vaste, et pratique une forme d’acupuncture territoriale..."

Participants : Jean-Pierre Tolochart, Région Centre, Vincent Jannot (Relier), Eric Molière (Plein Sens), Claire Huberson (Le Hub), Didier Bardy/Catherine Mitjana (Des Livres et Vous), François Jégou, Strategic Design Scenarios.

Voici la maquette proposée par le groupe, et les explications qui l’accompagnent :

"Nous sommes partis de deux constats principaux : une remise en question des appels d’offre, appels à projets et autres modes de subsidiation ; une volonté de faire passer la Région du mode passif d’appel au mode actif du ’Conseil Régional Mobile’ qui va au devant des porteurs de projets ;

Pour cela la Région invente de nouvelles figures de détection des initiatives et des projets :

  • le "Chasseur de graine" qui sillonne le territoire à la recherche de graines de projets/initiatives porteurs d’avenir ;
  • le "Troubadour" : quand une question n’a pas encore de solutions en germe, l’idée est que seuls ceux qui ressentent le problème sont à même de détecter des embryons de solutions. Tout un chacun peut donc être chargé de devenir la figure non professionnelle temporaire qui partira comme un troubadour de places en places susciter l’émergence de solutions ;
  • le "Groupe d’Intervention Participative", plate-forme en ligne fonctionnant à la manière d’un ’Groupon.fr’ de l’action publique où l’on propose des problématiques, on les partages et les discute et seules celles qui ont atteint la masse critique dans la logique des sites d’achat groupés sont prises en compte ;

Au-delà de ces différentes modalités de détection qui fonctionnent en parallèle, une seconde phase d’accrochage du projet aux modes de soutien publics fait appel à deux dernières figures :

  • le "Guide régional" qui pilote le projet ou l’initiative innovante (par essence hors de la grille administrative) à travers les arcanes des services à la recherche de points d’accrochage ;
  • le "Forgeron d’outils" qui, plus que mettre à disposition des porteurs de projets une batterie d’outils d’aide et de supports préformés, co-construit des nouveaux outils ad-hoc avec le porteur de projet pour coller à sa réalité.

Groupe 2 : Quelle organisation ingénieuse au sein des conseils régionaux ?

Pitch de départ : "La Région ingénieuse ne cherche à recopier ni le modèle jacobin, ni la culture managériale des grandes entreprises des années 70. Organigramme en silos, vulgate administrative, processus discontinus, dictature des marchés publics, dogme de l’évaluation, techno-fascination... sont autant de facteurs dont il faut réduire l’influence, pour cultiver simultanément une nouvelle culture de gestion publique à l’échelle locale."

Participants : Yann Djermoun, Région Champagne Ardenne ; Xavier Crouan, Région Ile-de-France ; Eric Jupin, Conseil général de la Gironde ; Leila Khelil, Région Centre ; Stéphane Vincent, la 27e Région ; Patrick Banneux, Région Nord-Pas de Calais ; Maud Le Floc’h, Le Pole des Arts Urbains.

« Nous sommes d’abord partis du constat d’une faiblesse structurelle des grandes collectivités en matière de management : « Administrer » ne suffit plus :

  • La fonction ressources humaines des grandes collectivités et déficiente ;
  • Si le protocole est nécessaire, en revanche ses formes actuelles ne sont plus adaptées ;
  • A qui sert-il exactement de brider les ordinateurs comme on le fait dans bon nombre de collectivités ?
  • Prise de risque et droit à l’échec insuffisants ;
  • Les limites de l’obligation de réserve des agents ;
  • Une croyance auto-performative, l’effet magique : « on met en place une politique, donc elle va forcément avoir un impact »
  • A terme le risque est d’aboutir à des mécanismes totalement inopérants, sans même avoir la réflexivité nécessaire pour rebâtir ;

Du côté des leviers, nous avons identifié des marges de progrès sur des éléments sur lesquels il est possible d’agir : mieux penser les espaces, les aménagements, à la fois au sein des organisations administratives et dans l’espace public (par exemple provoque la sérendipité en jouant sur les « tiers lieux ») ; tirer parti du travail en réseau, faire de l’open data numérique mais aussi physique, laisser des communautés de développeurs « hacker avec bienveillance » le système :

Finalement nous avons formulé deux projets :

La Coopérative d’action publique. C’est le labo collectif des acteurs du territoire, là où s’élaborent de façon différente, totalement transversale, les politiques publiques collective des acteurs du territoire. C’est un lieu ouvert, neutre, collaboratif, créatif où citoyens, agents, élus co-élaborent, négocient, co-concoctent leurs politiques publiques. (Références : le Mindlab à Copenhague, les espaces de coworking, tiers lieux créatifs, etc).

Le mur des projets est un média participatif et open data. C’est une interface 3D, multisupport, sur laquelle chacun peut agréger les données relatives à ses projets en cours. Il permet de partager entre élus, citoyens, entrepreneurs, experts, l’ensemble des réalisations, opportunités, « futuribles » et idées du territoire. C’est plus qu’une simple juxtaposition de données inertes, c’est un instantané permanent des processus à l’œuvre sur le territoire, librement compilable, interrogeable, simulable. C’est à la fois un outil d’aide à la décision, une fresque panoramique et vivante des projets du territoire, une œuvre d’art… »

Groupe 3 : Quelles relations ingénieuses entre la Région et les citoyens ?

Le pitch de départ : "La Région Ingénieuse a dépassé le stade de la démocratie dite participative. Les décideurs publics ont changé de regard sur les populations, repris le fil d’une véritable conversation, et se sont organisés pour créer un rapport radicalement différent avec les citoyens. Il ne s’agit plus de produire des réponses pour les gens, mais de construire des opportunités nouvelles avec eux."

Participants : Olivier Ryckewaert, Région Pays de la Loire, Véronique Kleck, Civic media, Sonia Aracil, designer, Benjamin Cadon, Labomedia, Jacky Foucher, collectif Grrr.

Jacky Foucher : « Le constat est simple, une région c’est grand, ça représente un nombre très important de citoyens avec lesquels il est difficile d’avoir un lien continu (outre celui limité de l’élection). Par contre, parmi toutes ces personnes, il y a plein d’experts dans leur domaine, ne serait-ce que dans la connaissance de leur quartier et de ce qui s’y passe. En étant à l’écoute de ces citoyens éclairés (projet présenté par Olivier) et en sachant les solliciter en amont des réalisations, nous proposons de repenser le principe des appels d’offre. L’élu régional, avec la légitimité que cela représente, lance des "dossiers citoyens" dans lesquels il pose les bases du futur projet (ex : un lycée dans une zone géographique donnée). Chaque dossier citoyen fait dès lors l’objet d’un travail de co-création où les agents territoriaux apportent leur savoir faire (technique, économique, etc) tandis que les citoyens concernés communiquent leurs besoins et leur connaissance du terrain. Agents et citoyens sont aidés dans ce travail par des experts de la co-création (designers, sociologues, etc). Leur production en commun mène au lancement du classique Appel d’Offre. Mais cet Appel d’Offre n’est pas un AO comme les autres, c’est un AOD, un Appel d’Offre Désirable ! »

Groupe 4 : Quelle politique ingénieuse à l’international pour les Régions ?

Pitch de départ : "Une autre coopération décentralisée est à l’œuvre dans le Région ingénieuse. Elle change les regards et rend caduque la relation aidant/aidé. Mais ce n’est que le début d’une nouvelle politique internationale : Y a t-il de la place pour une diplomatie régionale ? Comment maintenir la mobilité internationale avec la Région si le coût des transports doit décupler ?"

Participants : Jean-Marie Bergère ; Gisèle Bessac, designer ; Cyril Olivier ; Romain Thévenet, la 27e Région ; Charlotte rautureau, la 27e Région.

"La Région Ingénieuse prend en compte la globalité de la planète, considère les singularités de son territoire et va à la rencontre de territoires pouvant appartenir à tout pays, dont les singularités entrent en raisonnance avec les siennes, pour bâtir dans la durée des projets communs. Voici la maquette proposée par le groupe, et les explications qui l’accompagnent : Le groupe est parti de trois constats : . La notion « historique » de coopération ramène à une relation d’assistant-assisté /donneur-receveur/fort-faible ; il est essentiel de fonder les relations sur la réciprocité. . Ces relations sont ancrées sur des projets concrets, créateurs de dynamiques, à partir des ressources et potentiels d’initiatives locales . La communication doit s’établir dans une proximité et régularité de suivi de projet sans nécessiter de voyager, étant données les problématiques de limites de ressources énergétiques et de pollution

De nouveaux modes :

  • Pour prévenir le risque de rapport déséquilibré, les projets sont engagés entre trois régions partenaires, aux caractériques diversifiées ;
  • Les projets ont pour objectifs de résoudre des problématiques, développer des potentiels spécifiques aux territoires et à long terme, mais aussi favoriser la proximité et la connaissance culturelle réciproque ;
  • Dans chaque champ d’intervention de la Région, une personne repère les projets internationaux potentiels et des groupes d’action pluridisciplinaires, transversaux, les mettent en oeuvre, en collaboration avec des personnes et organismes ressources locaux ;
  • Des programmes d’expérimentation peuvent être menés, avec des calendriers précis ;
  • Le but est de travailler sur des singularités, les résoudre ou les mettre en valeur, en relief, de manière spécifique, sur mesure - pas de généralité.
  • Les nouvelles technologies permettent d’échanger régulièrement entre équipes, de co-piloter les projets, mais aussi de se déplacer, sur les lieux des projets, en immersion virtuelle ;
  • Elles permettent aussi de constituer un réseau « d’ambassadeurs » - toutes personnes séjournant plus ou moins longtemps sur un territoire partenaire (études, travail, autres) et souhaitant cultiver des liens au-delà de la durée du séjour ;

Mise en valeur des singularités, mise en relief des spécificités locales à une échelle mondiale non hiérachisée."

Groupe 5 : Quelle politique ingénieuse à l’international pour les Régions ?

Le pitch : "Les collectivités vivent à la traine des citoyens, devenus depuis longtemps des êtres "interterritoriaux". Dans la Région Ingénieuse, les concepts de compétitivité, de libre administration, de subsidiarité sont caduques et ne suffisent plus pour repenser les politiques territoriales. Comment passer d’un pouvoir fondé sur une souveraineté institutionnalisée, à un pouvoir basé sur des pratiques de coopération de type open-source ?"

Participants : Sophie Valdenaire, Région Bourgogne ; Jean-Pierre Quignaux Association des Départements de France ; Marine Panazol, étudiante en architecture ; Nicolas Taillandier, directeur Pays de Combraille en Marche ; Damien Roffat, designer.

Un des constats de départ partagé par les participants : le cloisonnement (voir la concurrence) entre les collectivités territoriales et le manque d’implication des citoyens dans les processus de gouvernance empêchent une bonne connexion action public / besoins des habitants, ralentissent la conception et la mise en place des services publics et en brouillent la lisibilité et l’adoption par les usagers. Une plus grande coopération au sein des territoires devra donc être organisé à l’avenir pour augmenter l’efficacité dans la conduite des politiques territoriales. Ce postulat fait également écho à l’apparente nécessité de réduire les dépenses publiques. Quels sont les logiques et les dispositifs à mettre en place pour que la coopération, souvent souhaitée aujourd’hui, se réalise concrêtement ?

Pour que la coopération entre des acteurs au niveau de langage et aux intérêts parfois très différents devienne une réalité , il est nécessaire d’insuffler des dynamiques de projet au sein des territoires. L’entrée "projet" permet une plus grande souplesse de l’action public. Elle mobilise et rassemble des équipes de travail inter-disciplinaires sur des périodes définies et des objectifs précis. Une dynamique de projet permet aussi d’adapter le travail et les méthodes convoquées à un ensemble varié de contextes (ex : Différentes échelles territoriales). Pour placer les acteurs publics dans une dynamique de projet, les participants ont proposé un dispositif nommé : La Fabrique à projet.

Trois composantes clés structurent ce nouveau service :
- Des équipes inter-disciplinaires temporaires. La fabrique à projet est mobilisable par n’importe quel acteur du territoire qui souhaite monter un projet nécessitant une approche coopérative.Lorsqu’un projet est mis en route, une équipe rassemblant des acteurs de divers horizons est mobilisée. Le dispositif est là pour les outiller pour qu’ils puissent conduire leur projet à terme.
- Un poste de coordinateur. Une personne est chargée d’animer le dispositif (Mise en relation des équipes projets, définition des contours des projets, communication sur le dispositif etc). Le poste est co-financé par les différentes collectivités locales présentes sur le territoire.
- Le pôle de ressource régional. Une équipe permanente recensent et met à disposition un ensemble de ressources (Données, méthodologies, outils etc) pour les équipes projets. Ils doivent s’adapter aux différentes demandes. Une plateforme en ligne est alimentée au fil des projets.

La fabrique à projet doit être mobile pour intervenir à différents endroits du territoire. Elle repose sur un principe de mutualisation public / public mais aussi public / privé.

La deuxième proposition s’est davantage focalisée sur une coopération inter-acteurs publics (Conseil Régional, Conseils généraux, intercommunalité ). Une telle coopération permettrait de produire une vision territoriale cohérente, économe en moyens ou l’ensemble des dispositifs et services portés par les acteurs publics seraient lisibles et complémentaires.

Un tel mode de fonctionnement nécessite deux changements importants : 1-Une mutualisation des moyens. Pour élaborer une vision territoriale partagée, il est impératif de composer des équipes de travail mixtes, c’est à dire mélant des agents des Conseils Régionaux, généraux et des inter-communalités. Grâce à leurs différents niveaux de connaissance, ils définissent les enjeux et les problématiques communes. Une mutualisation matérielle large (Véhicules, outils numériques, infrastructures etc) peut-être mise en place. 2- Des organisations complémentaires. Si la logique de coopération inter-acteurs publics est poussée à son paroxysme, il semble judicieux de redistribuer les rôles de chacun pour arriver à une véritable complémentarité dans les actions et les projets. Les participants ont proposé de sortir des modes d’organisation actuels, trop identiques, qui régissent la vie des Conseils Régionaux, départementaux et des intercommunalités pour mettre en place de nouvelles organisations spécifiques, dédiées aux rôles que chaque acteur et le plus à même de remplir.

Ainsi :

  • La Région aurait un rôle de coordination et de mise en réseau des initiatives et projets portés par d’autres. Dans cette optique, elle constituerait des centres de ressources et de compétences.
    - Le département deviendrait une agence technique. Son action serait centré sur la production de service en phase avec les attentes et les besoins des citoyens exprimés au niveau de la région. Ce nouveau rôle, essentiellement technique, pourrait impliquer une disparition de l’assemblée des élus départementaux.
    - Les inter-communalités seraient là pour assurer la mise en oeuvre opérationnelle des nouveaux dispositifs et services.

Cette proposition fait écho à la réforme des collectivités territoriales et peut être considéré comme une alternative.

Nov 19 2011

A la recherche des Régions Ingénieuses (1/2)

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tag : prospective

Mercredi 16 novembre, nous organisions comme chaque année le Off, une journée créative proposée la veille du Congrès des Régions. Nous étions 45 participants, élus, agents, designers, responsables associatifs, consultants, aimablement accueillis par le Centre de Création Contemporaine (CCC) de Tours. Catherine Mitjana et Didier Bardy, nos amis libraires de Sarrant étaient des nôtres avec un stand spécial "innovation et politiques publiques". Nous reviendrons plus en détail sur les productions de cette journée, mais d’ores et déjà, quelques explications sur le déroulement de la journée et les premières productions...

Tout d’abord, le clip de la journée :

A la recherche des Régions Ingénieuses

Cette année, le Off avait pour objectif de produire une représentation collective des "Régions Ingénieuses", concept dont nous avions imaginé le manifeste, organisé autour de 6 valeurs : l’empathie, l’astuce, la qualité, l’intégrité, la frugalité, le désir...

Le making off de la journée en photo, heure par heure :

Le mode d’emploi de la journée peut également être téléchargé ici.

Les résultats détaillés : dans le billet suivant.

Des participants enthousiastes, quelques améliorations à apporter

Au terme du debriefing que nous avons organisé avec les participants en fin d’après-midi, plusieurs constats ressortent :

  • L’intérêt de produire des valeurs tels que celles figurant dans le manifeste se confirme ("On imagine très bien comment transformer ces valeurs en spécifications fonctionnelles dans un projet", dit Jacky Foucher)
  • La méthode est concluante et très stimulante ; peut-être aurait-on s’en tenir à la première ébauche des maquettes, la version finale n’apportant pas grand chose ;
  • Les productions sont pertinentes ; elles auraient gagné à plus d’hétérogénéité, et un panel de participants plus diversifié aurait produit des résultats moins homogènes (ici, les mêmes concept reviennent dans tous les groupes : le rôle du citoyen, la co-conception, etc)
Oct 29 2011

La 27e Région recrute un(e) chargé(e) de mission administration et gestion financière

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région

Merci d’adresser votre CV et lettre de motivation avant le 21 novembre à infos@la27eregion.fr

Sep 7 2011

Programme "La Transfo" : le clip

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région

La Transfo expliquée en moins de 5 minutes grâce à l’animation réalisée par Laura Pandelle !

Jui 12 2011

La 27e Région primée aux Victoires des acteurs publics 2011

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tag : Innovation

"Si quelqu’un devient un emmerdeur après avoir remporté des victoires, c’est qu’il l’était déjà avant", dixit... Niki Lauda ! (si si, vérifiez). C’est promis, nous tenterons de vous épargner ça. Car en effet, la 27e Région vient d’être primée dans le cadre des Victoires des acteurs publics 2011, remises chaque année par le magazine Acteurs Publics.

C’est notre nouveau programme, "la Transfo", qui a été retenu dans la catégorie "services". Alors certes, il était plus question de management public d’Etat et d’administration électronique que de créativité ou d’innovation sociale, ce mercredi 6 juillet à l’Assemblée nationale pour la remise des prix... mais nous n’allions pas bouder notre plaisir pour autant !

Merci au jury de nous avoir choisi, et surtout merci à nos partenaires pour leur confiance : l’Association des Régions de France, la Caisse des Dépôts, toute la Fing, l’équipe Europ’Act de la Datar, toutes les Régions qui nous soutiennent depuis 3 ans, et tous ceux qui croient en ce drôle de projet. Ce prix est pour eux !

Extrait du direct sur LCP, chaîne partenaire des Victoires :

D’autres photos à consulter ici, et le numéro d’Acteurs publics de juin-juillet 2011 consacré au Victoires -mais également à une prospective des services publics en 2030.

Jun 16 2011

LIFT, version services publics ?

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: administration , Innovation , prospective

Jeudi 26 mai, à la Maison de l’Aquitaine qui nous faisant la gentillesse de nous accueillir, nous avons proposé aux participants de notre comité d’orientation annuel d’imaginer ce que pourrait être un événement créatif, dont l’objectif serait de produire de nouvelles visions sur l’action publique, de repenser radicalement la culture administrative, et notamment d’inventer des modèles alternatifs à l’idéologie managériale dominante marquée par l’obsession de la performance au détriment du bien-être des gens... Une culture administrative renouvelée, ré-oxygénée, dotée de sens, contribuant à réconcilier élus, fonctionnaires et populations avec leurs services publics.

Cet événement n’existe pas encore, sa date est inconnue pour l’instant, mais nous en avons déjà dessiné les contours pendant cet après-midi. C’est donc, comme on le dit souvent pour les barcamp, une non-conférence, au sens propre comme au figuré !

Notre comité d’orientation, miniature de ce nouvel événement

Pour construire le programme de cet événement (on l’espère) à venir, nous avons demandé au participants de notre comité d’orientation de partager leurs réflexions. Après les avoir familiarisé avec quelques unes de nos réflexions en cours, puis interrogé individuellement sur leur ressentis, ils ont produit des propositions en atelier. (voir encadré sur la méthode en fin d’article). Vous pouvez retrouver toutes les images de ces intenses réflexions ici.

Alors, comment notre comité d’orientation voit-il un événement capable de porter une telle utopie ? Voici donc les différentes propositions que les participants nous ont faites.

Un format de rencontre inspiré

Un mot sur le format, tout d’abord. Certains participants appellent de leurs voeux des formats inspirés de TED, de PICNIC ou de LIFT (que la FING organise du 6 au 8 juillet à Marseille événement auquel il faut absolument se rendre !) Imaginez un instant un LIFT consacré à l’administration, avec des successions d’interventions de Dircabs chronométrées par un gong et des ateliers "Fais ton administration toi-même" ! Ils veulent des mises en scène et des scènettes jouées, des vidéos, du théatre-forum, des controverses, un barcamp et un carrefour des possibles, des présentations d’études de cas et des expériences. Certains suggèrent aussi que l’événement soit l’aboutissement d’un cycle d’ateliers, sur la durée, produisant à son terme des propositions alternatives et tangibles.

Des participants acteurs de l’événement

Quel public un tel événement doit-il concerner ? Cette question n’a pas été approfondie mais des choses ont été fortement suggérées :

  • L’objectif est de réunir des publics très hétérogènes, capable d’oublier le protocole et de ne pas se sentir enfermés dans leur statut (élu, simple citoyen, fonctionnaire d’Etat ou territorial, etc), désireux de venir se ressourcer en idées créatives, radicales et d’être directement associés à l’événement ;
  • S’ils ont pour point commun de s’intéresser à l’avenir de l’action publique, ils couvrent tous les secteurs et profils (simples citoyens, élus, fonctionnaires et agents, représentants d’associations, consultants, entreprises, acteurs de la médiation, de l’ESS, etc) ; participent également à l’événement des métiers et des cultures très différentes (chercheurs, designers, sociologues, urbanistes, architectes, acteurs de la participation...) ;
  • C’est un événement international, qui mobilise des innovateurs de l’Europe et du monde entier (Mindlab, SILK, etc)
  • Il ne concerne donc pas uniquement les conseils régionaux, partenaires habituels de la 27e Région, mais il est possible qu’il se concentre sur les politiques territoriales ; à suivre...
  • Faut-il créer un événement ex-nihilo ou s’inscrire par exemple dans le Congrès annuel de l’Association des Régions, au travers du "Off" que nous organisons chaque année, et profiter ainsi d’une logistique existante ? La question reste posée...

Des thèmes conçus pour ré-interroger la culture de l’action publique

Voici les thèmes imaginés par notre comité d’orientation, au besoin légèrement ré-interprétés par nos soins. A ce stade il s’agit d’une première sélection d’idées à traiter, d’intervenants à associer.

1. Les racines idéologiques du management

D’où vient le management et comment est-il entré dans la sphère publique ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi cette fiction de la performance à coups d’indicateurs et de tableaux de bords ? Qu’est-ce qui empêche, au moins en apparence, l’émergence de modèles alternatifs ? Presse spécialisée, grandes écoles, consulting de masse... qui véhicule, sans jamais la remettre en question, la culture du "new management public" ?

Participants, intervenants pressentis : Patrick Le Galès, politiste et sociologue, est directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po et professeur à Sciences Po ; Anne Pezet, professeur à l’Université de Paris-Dauphine.

Rapporteur : Olivier Ryckwaert, cabinet de la Région Pays de la Loire

2. Où va l’action publique ?

Qu’est-ce que l’action publique et qu’est-ce qui la différencie encore de l’action du marché ? Comment lui redonner du sens aujourd’hui ?

Participants, intervenants pressentis : Julie Gervais, chercheur en sciences politiques à la Sorbonne, Maître de conférences en science politique au CESSP-CRPS Paris 1, associée au laboratoire Triangle

Rapporteur : Yves Duruflé, directeur général des services de la Région Nord-Pas de Calais

3. Politique en travaux, les affaires du management continuent

Management ou élus : qui produit véritablement les politiques publiques ? Le politique peut-il intervenir sur le management ? Peut-on produire une vision politique sans produire la vision managériale qui va avec ? Le management est-il un moyen de masquer l’absence de vision politique ? Les bases d’une politique du management : anoblir les questions de management aux yeux de l’équipe d’élus, exprimer plus clairement le rôle de l’équipe élue à l’égard du management...

Participants, intervenants pressentis : élus, agents...

Rapporteur : Olivier Ryckwaert, cabinet de la Région Pays de la Loire

4. Un nouveau récit pour l’action publique

“On ne raconte pas d’histoire avec des tableaux...” Comment recréer le désir d’action publique ? Comment produire un nouveau story-telling des politiques publiques, redonnant de la clarté au projet, propre à re-mobiliser les populations ? La politique peut-elle inventer ses propres modes de narration, loin des modèles imposés du marketing public ? Ethique et communication publique - Après la communication, le design des politiques publiques ?

Participants, intervenants pressentis : studio "Formes vives".

Rapporteur : Olivier Ryckwaert, cabinet de la Région Pays de la Loire

5. La coproduction de l’action publique

Et si l’on poussait un cran plus loin des pratiques déjà en vigueur, mais pas totalement assimilées par l’organisation actuelle ? Appel à plus de transversalité, d’horizontalité, de coopération, de coproduction, de temps longs, de dialogue en interne et externe... toutes ces demandes se font plus fortes et au bout du compte, décrivent une toute autre organisation, dotée d’un autre management, d’un autre rapport aux outils informatiques, d’un changement complet de regard avec les publics, avec les autres structures -avec quelques points durs d’ordre culturels, mais aussi juridiques et législatifs très divers (marchés publics, droit des agents, etc)

Participants, intervenants pressentis : élus, praticiens, usagers, experts ; Claude Rochet, Institut du management d’Aix en Provence.

Rapporteur : Yves Duruflé, directeur général des services de la Région Nord-Pas de Calais

6. Qu’est-ce qu’une bonne décision ?

Qu’est ce qui se joue derrière le processus décisionnel dans l’action publique ? La décision a t-elle toujours un sens, répond t-elle toujours à des attentes et des pratiques avérées ? Est-elle toujours bien comprise par les intéressés ? Est-elle toujours mise en oeuvre, dans un contexte de turn-over permanent des protagonistes ? Son impact est-il toujours bien apprécié malgré les innombrables évaluations ? Une nouvelle culture de gestion publique appellerait davantage de continuité dans la prise de décision, mais aussi d’opérationnalité, de simplicité, de décloisonnement, de prise de risque. La décision "durable" s’appuierait également sur un autre récit, une autre façon d’expliquer la décision.

L’atelier sera organisé autour d’un exemple précis de décision récente, connue de tous.

Rapporteur : Sabine Vansaingèle, ressources humaines, Ministère de l’intérieur

7. Repenser la relation avec les publics

Sans doute le glissement sémantique qui s’est opéré entre l’usager des services publics et le client de l’entreprise commercial doit-il être révisé. Par ailleurs le mot “usager” ne suffit plus à décrire la relation qui existe entre les populations et leurs services publics, qui a profondément évolué avec la montée de l’expertise-utilisateur, l’innovation sociale, mais aussi du fait d’une défiance accrue à l’égard des institutions. Après l’écologie industrielle, quelle place donner à l’usager dans une nouvelle écologie des services ?

Rapporteur : Yves Duruflé, directeur général des services de la Région Nord-Pas de Calais

8. Les utilisateurs au centre ou le centre des utilisateurs ?

A force d’être mis au centre de l’administration, l’usager est nulle part, sinon dans la vulgate du "nouveau management public". A quoi ressemblerait la fonction chargée de renouveler la relation entre élus, agents, citoyens ? Il manque au sein-même de l’administration une fonction de collaboration avec les publics, dotée de lieux, de cadres, de méthodes, de moments où publics et agents dialoguent, travaillent ensemble, pour qu’un changement de regard s’opère et qu’une meilleure co-conception s’amorce. Rapporteur : Sabine Vansaingèle, ressources humaines, Ministère de l’intérieur

9. Un format "crash test"

Comment pourrait exister une forme d’atelier permettant de repartir de pratiques précises ? L’idée de cette proposition est de construite avec les participants un format "crash test" permettant de choisir un objet existant ou fictif, et de le démonter, de le reconstruire ensemble pour ne pas démarrer la réflexion de zéro.

Rapporteur : Olivier Caro, gérant B.O.C (la vidéo n’a pas marché, voici le schéma produit par les participants de l’atelier)

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Prochaine étape ?

Beau résultat pour à peine plus de 2 heures de travail ! L’objectif de cette première phase était de co-produire des pistes de thèmes et l’esprit d’un événement, et de donner envie à un premier groupe de participants d’y prendre directement part. L’objectif semble atteint et nous continuerons à travailler avec ce groupe pour construire cet événement.

Et maintenant ? Tout reste ouvert, mais plusieurs pistes se dessinent. En 2012, notre nouveau programme "La Transfo" sera bien engagé avec les Régions Champagne-Ardenne, Bourgogne, et probablement Pays de la Loire, Provence Alpes Côte d’Azur, Basse-Normandie ou encore Nord-Pas de Calais. Un tel événement pourrait être une étape importante dans ce grand programme interrégional. Plusieurs de ces Régions seraient déjà candidates pour l’accueillir.

La 27e Région est conviée à plusieurs événements internationaux dédiés à l’avenir du management public (dont l’un organisé à Copenhague en septembre 2011). Ce seront autant de sources d’inspiration et de mise en réseau pour nous.

En France, les manifestations dédiées à l’innovation dans l’action publique existent mais dans des formats et à partir d’angles bien balisés. Les événements organisés sous l’égide des publications spécialisées (La Gazette des communes, Pouvoirs publics, les publications du Moniteur) s’inscrivent généralement dans le prolongement de la culture managériale classique. On se souvient d’INOP (les rencontres de l’Innovation publique et du management), qui se concentrait essentiellement sur l’innovation technologique et l’administration électronique. Du côté de la recherche, beaucoup d’événements plus internationaux existent, mais ils sont très ciblés et trop académiques pour intéresser la plupart des fonctionnaires, décideurs, élus et consultants. Un positionnement reste donc à inventer...

PS 1. Un mot sur la méthode

En résumé, voici comment nous avons proposé à notre comité d’orientation de travailler pour produire ces idées de thèmes :

  • 4 vidéos de quelques minutes suivies d’une question leur ont été projetées, et au terme de chacune d’elles les participants devaient noter leurs avis et réactions sur une fiche et l’afficher au mur. La première vidéo était une interview d’Anne Pezet sur les excès du management, la seconde une interview de Marjorie Jouen sur les conséquences du management public en Europe, la troisième une vidéo de présentation du Mindlab de Copenhague, la quatrième une interview de Charles Leadbeater à Londres.

  • Les participants se sont répartis entre 4 groupes chargés de traiter chacun une dimension du management public (politique & management public, nouvelles pratiques managériales, innovation et management, nouvelles relations avec les publics), et de produire des thèmes susceptibles de nourrir un événement consacré à l’avenir du management et de l’action publique
  • Le rapporteur de chaque groupe a présenté des propositions de thèmes, de contenus, d’intervenants possibles et de formats d’intervention. Ces restitutions ont été filmées et rapidement débattues ;

PS 2. Un verbatim très riche

Les participants ont noirci plusieurs centaines de fiches sous forme d’arguments, d’idées, de suggestions que nous n’avons pas reproduites ici mais que nous conservons précieusement en vue de les exploiter pour la prochaine étape.

PS 3. Liste des participants

  • Jessica D’Adhemar, La 27e Région
  • Loranne Bailly, Directrice aménagement, pol. territoriales, solidarités et services publics, Région Bretagne
  • Godefroy Beauvallet, directeur, Fonds AXA pour la Recherche
  • Jean-Marie Bergère, Directeur Astrees
  • Barbara Bey, chargée de mission culture, CHU Strasbourg
  • Maxime Brun, stagiaire Europ’Act, DATAR
  • Gino Bontempelli, chargé de mission "direction de projet", Région PACA
  • Alain Cadix, directeur de l’ENSCI
  • Olivier Caro, gérant, B.O.C
  • Guillaume Cros, conseiller régional, Conseil Régional Midi-Pyrénées
  • Marie-Claude Derouet-Besson, Institut français d’éducation, ENS de Lyon
  • Yann Djermoun, chef de cabinet, Conseil Régional de Champagne-Ardenne
  • Yves Duruflé, directeur général des services, Conseil Régional Nord Pas de Calais
  • Castore Gabbiadini, chargé d’étude, Conseil Régional de Picardie
  • Stéphane Gornikowski, directeur, Générale d’Imaginaire
  • Caroline Guichet, chargée de mission Conseil Régional de Picardie
  • André Jaunay, chef de projet, Région Ile-de-France
  • François Jégou, directeur de Strategic Design Scenarios
  • Eric Jupin, chef de projet, Conseil général de la Gironde
  • Pierre-Jean Lorens, directeur du développement durable,de la prospective et de l’évaluation, Conseil Régional Nord pas de Calais
  • Bertrand Millet, chargé de mission DATAR
  • Julien Noirvache, chargé de mission, Conseil régional Champagne-Ardenne
  • Cyril Olivier, chargé de mission au cabinet, Région Basse-Normandie
  • Christian Paul, 1e vice-président, Région Bourgogne
  • Sophie Pène, directrice de la recherche, ENSCI
  • Orianne Perrier, Chargée de mission projets citoyens, Région Ile de France
  • Sylvain Petit, directeur adjoint des formations initiales, Région Nord Pas de Calais
  • Anne Pezet, professeur à l’Université Paris-Dauphine
  • Charlotte Rautureau, La 27e Région
  • Olivier Ryckewaert, chargé de mission Présidence/DGS, Région Pays de la Loire
  • Romain Thévenet, La 27e Région
  • Jean-Christophe Ulmer, Responsable Mission démocratie régionale, Région Ile de France
  • Chloë Vidal, chargée de mission prospective, Région Rhône-Alpes
  • Delphine Vincent, directrice, Entreprise Territoires et Développement
  • Stéphane Vincent, La 27e Région
Avr 2 2011

La 27e Région à Rennes

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tag : Bretagne

La 27e Région invitée le 31 mars à la Cantine numérique et pour les 20 ans de Sciences Po Rennes (photos). A retrouver, le podcast de l’interview dans l’émission e-Toile sur Canal B, la radio rennaise.

Fév 16 2011

Questionnements territoriaux

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tag : Territoires en résidences

Conduire une douzaine d’expériences immersives pendant 24 mois dans les méandres de l’administration régionale et locale est très instructif. Parmi les éléments de bilan du programme Territoires en Résidences, nous avons tenté de produire un rapport d’étonnement sur des thèmes très divers, croisés au gré des résidences : management public, aménagement et urbanisme, démocratie participative, politiques d’innovation, prospective territoriale, appels à projets, conduite des projets numériques. Il est le fruit de nos observations et n’engage que nous... Toutes nos propositions ne se valent sans doute pas, et il s’agit surtout d’une invitation au débat !

A télécharger également en ligne.

Fév 3 2011

La 27e Région, rapport d’activité 2010

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région

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