Aktion ZivilCourage a été créée à la fin des années 90 en Saxe (DE) sous la forme d'une initiative menée par des jeunes pour contrer la montée de la violence et les scores électoraux élevés de partis d'extrême droite dans la région. Elle mène aujourd'hui des actions pour renforcer la démocratie, prévenir les violences et favoriser le dialogue citoyen ; elle accompagne notamment des communes, élu.es, agents, et organisations de la société civile, à travers des formations et des dispositifs d'accompagnement autour de la prévention et de la gestion des conflits.
La perspective d'accueillir des éoliennes est un cas typique de polarisation des débats locaux : le sujet soulève de nombreuses controverses entre l'opportunité économique que cela représente, ainsi que son utilité pour contribuer à la transition écologique face aux conséquences négatives sur le paysage, la nature et la qualité de vie des habitant.es. Derrière ce conflit local se jouent aussi des questions plus profondes qui dépassent le projet éolien et viennent cristalliser des tensions telles que la perte de confiance envers les institutions ou un sentiment d'injustice dans la manière dont sont répartis les coûts et les bénéfices de la transition écologique. Il peut également refléter le sentiment pour certain.e.s habitant.es ou territoires de ne pas être entendu, reconnu ou associé aux décisions qui transforment leur quotidien.
Dans un tel contexte, apporter des informations techniques supplémentaires ne suffit pas à apaiser un conflit, qui soulève des questions de confiance, de reconnaissance et d'équité entre les citoyen.nes et les territoires. Ces expériences invitent à questionner la manière dont les collectivités conçoivent les démarches participatives, et les questions à se poser avant de lancer le processus : Qu'est-ce qui a déjà été décidé ? Sur quoi la commune peut encore agir ? Sur quoi les habitants peuvent réellement avoir une influence ? Comment clarifier les capacités de décision et d'action réelles de la commune sur des sujets sur lesquelles elles n'ont parfois que peu de levier à leur échelle ? Quelles marges de manoeuvre retrouver collectivement ?
Toutes les situations n'appellent pas les mêmes natures de réponses. Aktion ZivilCourage s'appuie notamment avec la classification des conflits de Friedrich Glazel pour cerner un format adapté : réunion d'information, dialogue public, dispositif de médiation, etc. L'organisation d'une réunion publique n'est par exemple pertinente que si le niveau de conflit est au plus bas, mais peu contribuer à envenimer une situation déjà explosive.
Sur quelles compétences collectivités peuvent elles s'appuyer pour adresser l'essort des conflictualités ? Madeleine de Saulce souligne l'intérêt de former les agents et élu.es à analyser une situation conflictuelle, reconnaître le degré d'escalade, choisir le format adapté et pouvoir animer et modérer un format participatif, maintenir le dialogue, permet de rendre le conflit praticable et productif. Elle souligne également l'importance d'adresser le conflit de manière collective et systémique, par exemple en s'alliant avec des tiers, des organisations du territoire, etc. C'est ce qu'incarne par exemple la coalition d'acteurs Kooperationsverbund Demokratische Konfliktbearbeitung à laquelle Aktion Zivil Courage participe.