Depuis quelques semaines, en partenariat avec l'ADEME et un petit groupe de collectivités et organisations (Nantes Métropole, Rennes Métropole, Villeurbanne, Fédération des Parcs Naturels Régionaux, la Région Occitanie, la Région Bretagne, Grenoble Alpes Métropole, le Laboratoires des déviations écologiques, et la coopérative Ellyx) nous avons lancé une enquête pour regarder de plus près le formes de coopération entre la recherche et les collectivités, avec pour objectif, d'y interroger les effets sur la transformation de l'action publique.
Une trentaine de cas d'étude sur l'établi
Les coopérations entre recherche et collectivités sont souvent examinées sous l'angle des dispositifs -par exemple les CIFRE ou les living labs. Dans le cadre de cette enquête portant sur l'impact de ces coopérations, nous voulons prendre une perspective plus globale et les examiner sous de multiples angles, tels que les acteurs, les stratégies, les projets, ou encore les méthodes mises en œuvre pour maximiser les résultats de ces coopérations.
Parmi les nombreux cas existants, l'équipe d'enquête a resserré le périmètre d'enquête sur une trentaine de cas, susceptibles d'être riches d'enseignements sur la question de l'impact, notamment sur les politiques publiques liées à la transition écologique. Ces cas s'efforcent de couvrir une certaine diversité -par exemple ils comprennent des projets menés dans des territoires excentrés, ou à l'étranger. Aujourd'hui il n'existe pas de catégorisation officielle de ces coopérations. Les catégories proposées sont imparfaites et mouvantes, et à ce stade elles n'ont pas un caractère scientifique, mais elles permettent de mieux apprécier la diversité des registres d'interventions existants.
- Les institutions : Un certain nombre d'administrations, d'universités, d'institutions de recherche et de collectivités se sont dotées de services et d'équipes permanentes spécifiquement en charge de la coopération entre collectivités et recherche, en particulier touchant aux enjeux de la transition.
- Tiers-secteur : Le tiers secteur de la recherche « désigne les activités de recherche, d'innovation et de production de savoirs et de connaissances du secteur non marchand (associations, syndicats, collectivités territoriales, etc.), du secteur marchand à but non lucratif (économie sociale et solidaire, groupements professionnels, etc.) et des organisations à but lucratif de petite taille (auto-entrepreneurs, groupements agricoles ou artisanaux, etc.). »
- Les stratégies : A l'échelon européen, national, local ou sectoriel, des institutions portent des politiques qui passent par des stratégies destinées à encourager la coopération entre recherche et collectivités en matière de transition écologique. Ces stratégies peuvent prendre la forme de programmes de coopération entre public et privé, d'actions de soutien et d'incitation, et des appel à projets.
- Les projets : Cette catégorie réunit des projets de recherche action -le plus souvent participatifs- portant une finalité liée à la transition écologique, et intégrant autant que possible une recherche d'impact en termes de politique publique.
- Les dispositifs : cette catégorie rassemble une grande variété de dispositifs de recherche participative aux origines multiples : politiques sciences-société, innovation publique, démocratie participative, etc. On t trouve par exemple les groupes d'experts locaux, les tiers-lieux de la recherche, les zones ateliers, les boutiques des sciences, les CIFRE, les policy labs, livings labs...
- Les méthodes : on y trouve des méthodes, des outils et des pratiques susceptibles de maximiser l'impact des coopérations, notamment en terme de transformation publique. Il peut par exemple s'agir de méthodes de recherche, d'innovation, de transformation, d'évaluation, de pilotage, de design, de coopération, etc.
- Les formations : certains acteurs initient des démarches de formation ou de sensibilisation à la coopération recherche/collectivités destinées aux chercheurs, aux agents publics, aux élus, aux acteurs intermédiaires.
Une enquête distribuée
Les cas ont été répartis parmi les enquêteur.rices (une petite quinzaine), selon les appétences et le temps disponibles de chacun.e. Nous tachons au maximum de former des binômes, à charge ensuite à ces derniers de définir la modalité d'enquête la plus adaptée au cas étudié : veille documentaire, lecture de rapports d'évaluation, entretiens côté collectivités ou côté recherche, focus groupe ...
Pour faciliter les croisements et l'analyse de ces cas, chaque participant.e a à disposition un kit d'enquête, qui sert de fil conducteur mais que chacun.e est invité.e à s'approprier en adaptant le contenu. Pour restituer les cas d'étude, les binômes sont invités à remplir un gabarit commun, notamment pour partager au groupe :
- Les effets et transformations observés : Ce qui a changé concrètement - pratiques, politiques, modes de travail, etc...
- Quelques facteurs clés : Ce qui explique le résultat - vision, gouvernance, coopération, postures, intermédiation, temporalités, méthodes, évaluation, diffusion, etc...
- Les pistes à creuser/questions ouvertes : Ce qui mériterait un approfondissement - hypothèses, contradictions, signaux faibles...
Rendez-vous début juillet pour partager les fruits de cette enquête !