Les 1 et 2 octobre, le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) recevait 300 personnes à Nancy pour des assises de l’innovation publique. Une sacrée bouffée d’air frais pour toute cette communauté humaine qui ne se retrouve pas si souvent !
SI vous n’étiez pas là, retenez ceci : ces assises étaient pensées comme une nouvelle étape dans la stratégie du CNFPT en matière d’innovation publique. Durant ces deux journées, nous avons « décanté » collectivement les résultats d’une grande enquête réalisée par le CNFPT sur les besoins des agents en charge d’innovation publique, puis mis au travail les principales questions qui en sont sorties.
Que retenir, en quelques mots ? On ressort toujours de ce genre de retrouvailles avec un kaléidoscope de sensations… Dans un climat général devenu menaçant, on sent que l’heure n’est pas à la fête ni à une innovation publique triomphante, mais plutôt à une école du réel, du doute, du sensible, de la production de sens, d’une culture d’enquête, de la réflexivité individuelle et collective, mais aussi un ré-arrimage aux valeurs et à la défense du service public et de la démocratie, à la soutenabilité, à la saisonnalité de l’innovation, et même à la reconnection avec le vivant -inspirée par l’intervention lumineuse de Lindsay Cole avec qui nous travaillons à « repousser les frontières de l’innovation publique ».
Au final, chacun doit se dépatouiller pour faire vivre cette forme hybride d’innovation au sein de sa collectivité, dans un contexte qui s’annonce idéologiquement hostile.
Alors, avec autant de vents contraires, comment ré-orienter nos efforts ? Qu’avons-nous réussi mais aussi raté ces 10-15 dernières années ? Quels nouveaux paris devons-nous maintenant faire pour « éviter le piège de l’obsolescence dans un monde de post-vérité », pour paraphraser le chercheur Robert Picciotto quand il parle d’évaluation ? (*).
(*) L'innovation publique a souvent beaucoup à apprendre de l'histoire de l'évaluation. Il faut lire cet article de Robert Picciotto de 2018, « Is evaluation obsolete in a post-truth world ? », traduit par Carine Gazier et Agathe Deveaux-Spatarakis dans le cadre d'une véritable bible sur l'évaluation, gratuitement disponible.