Selon les méthodes observées, le périmètre d’impact de ces outils et méthodes n’est pas forcément le même … avec parfois un degré d’interdépendance difficilement qualifiable entre les échelles d’organisation. Pour Harmut Rosa, qui a travaillé sur la théorie de la « résonance », ce travail sur soi, à se rendre disponible au monde va permettre de se relier à l’altérité -et donc avoir un impact sur un autre système – et de se transformer par cette rencontre avec l’autre.
Le process work (ou psychologie orientée processus) est une méthode d’exploration des conflits qui permet de laisser s’exprimer tous les points de vue et de débattre tout en avançant vers des points de résolution en s’ouvrant à plusieurs niveaux de compréhension. Un des présupposés est que les conflits interpersonnels et sociopolitiques que nous vivons sont liés à nos propres conflits intérieurs. Le Processwork considère que les conflits apparaissent à trois niveaux : le niveau interne, le niveau relationnel et le niveau monde. Ces trois niveaux de conflits résonnent les uns avec les autres et sont souvent emboîtés. Travailler sur un niveau a un impact sur les autres niveaux. Le Processwork est la prise de conscience de ce terrain mouvant, du flux d’événements qui est autour et en nous.
Outil cher à l’approche systémique, les « expériences émotionnelles correctrices » font vivre aux personnes des expériences émotionnelles qui changent leurs habitudes, ou leur manière de percevoir un conflit. L’expérience sensible chez une personne permet in fine de nourrir des enjeux plus collectifs, voire d’avoir des impacts sur une organisation.
A la fois pratique et conceptuelle, la Communication Non Violente (CNV) est un outil qui s’attache à questionner nos habitudes relationnelles en portant une attention particulière aux sentiments et aux besoins sous-jacents à toute expression, de soi (écoute intérieure) et des autres (posture d’écoute empathique). Cette méthode permet de sortir des rapports de domination et de polarisation des points de vue, considérant que « la plupart des conflits sont le fruit de mal-entendus, qui sont une combinaison de mal-exprimés et de mal-écoutés ». En instaurant un climat relationnel propice à sortir des rapports de pouvoir habituels (domination, soumission, agression, démission, fuite, bouderie), la CNV engage celles et ceux qui la pratiquent dans des rapports de coopération nourris par l’empathie, l’entraide, l’intérêt profond pour la différence.
Si l’on regarde du côté des relations entre États, la médiation internationale est une démarche volontaire fondée sur la négociation et la communication, visant le passage du conflit à la paix, sans recours à la force et à l’autorité de la loi. C’est une extension de la négociation avec de nouvelles ressources, relations, et des possibilités de communication en plus grâce à l’intermédiaire du médiateur. C’est un processus triadique de pacification (différent de la négociation qui est dyadique).
Avec l’institut des territoires coopératifs, nous nous sommes récemment formés à la maturité coopérative, qui prône la qualité des liens. La maturité coopérative considère la manière dont on va interagir et la qualité des liens comme un projet en soi et comme une compétence à développer, afin de tendre vers la capacité à coopérer de manière inconditionnelle : il s’agit de développer sa capacité à coopérer, quels que soient les personnes et les contextes, et une curiosité de la représentation de l’autre. Alors que la collaboration ne consiste principalement qu’à se répartir un labeur, la coopération vise à une œuvre commune dans laquelle chacun.e est responsable du tout à 100% et où chacun.e est le pédagogue de l’autre.