A Cergy-Pontoise, Capacités publiques avait permis d'expérimenter avec le service gestion administrative et statutaire de la direction des ressources humaines un processus de formalisation des « champs de subsidiarité » prenant la forme de trois courts ateliers collectifs pour définir et engager le test de nouvelles pratiques entre les agent.e.s gestionnaires, la responsable de service, la directrice et la DGA. Ces pratiques concernaient notamment la rédaction et la signature de courriers, d'attestations et de certificats professionnels. Les principaux objectifs recherchés par l'équipe testeuse et les manager.euse.s étaient de réduire les allers-retours chronophages et d'optimiser et de simplifier les process administratifs.
A l'issue du programme, capitalisant sur les premiers effets bénéfiques, l'expérimentation, inscrite dans le cadre du projet d'administration territorial et présentée en codir et codir élargi, a été proposée à l'échelle d'autres directions. Une 2e itération a ainsi eu lieu avec le service patrimoine et végétal arboré de la DGA écologie cadre de vie, puis une 3e avec la direction du développement économique. Au-delà du bénéfice reconnu par tous de créer un espace de dialogue rassemblant les équipes, chaque nouvelle itération a apporté des enseignements nouveaux : au service patrimoine et végétal arboré, par exemple, les agents ont ainsi pris conscience de la responsabilité de chacun.e pour une meilleure gestion de l'eau. Au sein de la direction du développement économique, composé de chef.fe.s de projets déjà très autonomes, c'est le besoin d'une clarification du positionnement des élu.e.s et la question du travail transversal avec les autres directions qui ont surtout émergé.
A Lyon, l'expérimentation a consisté à co-produire et tester des modalités de form'action autour d'un nouveau mode de management visant à accroître l'autonomie des encadrant.e.s en cohérence avec leurs responsabilités. Deux terrains d'expérimentation avaient été choisis, pour favoriser une lecture croisée et partir de situations vécues par les manager.euse.s : le groupe de direction générale et une équipe territoriale de la direction de l'éducation. Quatre modules « faits maison » ont finalement pu être testés au 1er semestre 2023 : une séance de « fast co-développement » entre manager.euse.s autour d'une situation de prise de risque ; un pecha-kucha pour créer une culture commune du management au sein de la collectivité ; une session de théâtre-forum pour « développer la culture du risque » ; la conception en mode « sprint » et le test d'un jeu collaboratif pour « prendre de vraies décisions ».Un bilan a été fait à l'issue de chaque test pour vérifier la pertinence du format et voir comment l'adapter le cas échéant. La démarche sur la subsidiarité s'est poursuivie à la direction de l'éducation, puisqu'elle a été élargie aux deux autres territoires. Elle a aussi eu un effet pédagogique et de mise à l'agenda de la direction générale, et si la mission conseil accompagnement transformation est peu sollicitée à cet endroit, le concept a été repris (et bénéficie d'une compréhension partagée) dans certaines discussions depuis. Les expérimentations ont également eu des suites spontanées et pas toujours recherchées, qui témoignent plus d'une appropriation des outils/formats que du sujet de la subsidiarité : le théâtre forum sur la culture du risque a été reproduit ailleurs, des sessions du jeu « délégation poker » ont été intégrées à la saison managériale et le format du pecha kucha est désormais régulièrement utilisé dans des réunions.Enfin, si l'approche d'ingénierie de formation inversée et expérimentale n'a pas (encore ?) infusé dans le système de formation de la Ville, elle a inspiré l'esprit et les formats de la saison managériale (« apprendre en faisant », à partir d'irritants/vécu des directions et à travers des ateliers pratiques, des mises en situation et le test d'outils).
A Grenoble (Ville et Métropole), l'objectif de l'expérimentation était de faire découvrir et tester une méthode de gouvernance partagée, l'holacratie, à des équipes pour clarifier qui fait quoi, valoriser le travail réel et encourager la prise d'initiative et la créativité des agent.e.s dans un cadre sécurisé, où tout est "explicite". Le storyboard d'un parcours d'initiation, partant d'un diagnostic des besoins de chaque équipe, avec des étapes à franchir et des choix d'options possibles (« cartographie des rôles » ou « réunion de triage »), avait été conçu. Les échanges avec les services approchés pour les tests avaient toutefois révélé que leurs besoins ne correspondaient pas au parcours imaginé, et qu'un accompagnement « sur-mesure » devait être envisagé.Depuis, la Métropole a passé un accord-cadre avec un organisme de coaching et formation en holacratie, une soixantaine de personnes ont déjà été formées (des manager.euse.s qui souhaitent adopter cette méthode avec leur équipe et des scribes et facilitateur.rice.s au sein des équipes) et quatre conférences de sensibilisation ont été organisées. Au total 130 personnes travaillent aujourd'hui dans une équipe qui fonctionne en holacratie (six services et deux directions). L'émulation collective est réelle, la tache est conséquente pour la chargée de mission qui pilote la démarche et accompagne les premiers pas des équipes en holacratie... Une évaluation conduite en interne est programmée pour les prochains mois, pour mieux comprendre ce que cette transformation a généré dans les équipes expérimentatrices : affaire à suivre donc pour savoir si l'objectif, notamment de clarification des niveaux de délégation, est atteint.
La Ville de Caluire-et-Cuire n'avait pas participé au groupe « Management de la subsidiarité » dans le cadre de Capacités publiques, mais avait partagé son expérience inspirante du sujet (la subsidiarité est inscrite dans le projet d'administration depuis 2021, avec un portage très fort de la Direction générale) auprès des autres collectivités. Après avoir fait travailler les cadres, puis l'ensemble des équipes en 2022 pour qu'elles s'approprient le concept, l'arrivée d'une nouvelle directrice générale a ouvert une période de « droit d'inventaire » et d'évaluation globale du projet d'administration. La décision a été prise d'aller plus loin sur la subsidiarité à travers un pilotage moins centralisé et une diffusion plus forte dans les services.