L’intelligence artificielle (IA) est souvent perçue comme une technologie prometteuse pour optimiser les services, tant pour les agents que pour les usagers. Mais au-delà des gains d’efficacité, quels impacts l’IA pourrait-elle avoir sur les métiers et sur le lien social que nos collectivités s’efforcent de préserver ?
IA et métiers dans les Collectivités : plus de tâches, mais aussi plus de pressions ?
Dans les scénarios les plus optimistes, l’IA remplacerait des tâches, non des emplois. Dans un cas comme dans l’autre, deux points méritent une attention particulière :
- Le transfert des tâches répétitives pourrait paradoxalement intensifier la charge de travail en supprimant des moments de décompression essentiels, ce qui pourrait aggraver la surcharge cognitive des agents, en particulier pour les cadres.
- Les métiers liés à des parcours de reclassement ou d’insertion sociale ne risquent-ils pas de disparaître si l’IA prend le relais ? Autant de postes qui jouent un rôle social essentiel, voire agissent, d’un point de vue économique, comme un amortisseur pour l’emploi local.
IA et lien social : pour un service public inclusif et humain
Nous l’avons vu avec la dématérialisation des services : l’exclusion numérique est une réalité, et cela pose la question de la part d’humanité que nous voulons préserver dans nos services publics. Si nous n’y prenons pas garde, l’humain dans nos services publics va devenir un vrai luxe que seules les collectivités les mieux dotées pourront se payer.
L’importance d’une gouvernance éthique et responsable de l’IA
La mise en œuvre de l’IA ne peut pas être simplement un choix technologique, mais doit s’intégrer dans un cadre de gouvernance tenant compte des valeurs portées par chaque exécutif et idéalement, des attentes des habitants. Cette gouvernance doit concilier les gains de productivité avec des enjeux éthiques, sociaux et écologiques. Un cadre de débat citoyen pourrait être une voie pour ajuster les choix en fonction des valeurs de la collectivité.