Comment mieux combiner les enjeux de justice sociale et de justice environnementale pour faire de la transition écologique un levier de lutte contre toutes les discriminations plutôt qu’un accélérateur d’inégalités ? Les dommages et les risques liés au changement climatique et aux dégradations de l’environnement ne sont pas supportés de la même manière par toutes et tous. Zone à faibles émissions (ZFE), extinction nocturne de l’éclairage public, … des franges de la population, déjà discriminées en raison par exemple de leur origine ethno-raciale et/ou de leur genre, subissent de manière disproportionnée leurs effets. Loin de prendre ces inégalités en compte, les politiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique ont souvent tendance à les accentuer.
A quelles conditions les politiques de transition peuvent-elles aussi être des leviers de lutte contre les injustices et les vulnérabilités ? Pour explorer cette question et mieux identifier les chantiers, nous avons organisé en juillet dernier une discussion avec Barbara Nicoloso (Virage Energie) et Isabelle Anguelovski (Barcelona lab for environmental justice and sustainability), qui s’intéressent respectivement aux politiques de transition énergétique au prisme des inégalités de genre et aux effets gentrificateurs des politiques urbaines de verdissement, ainsi que Lily Raphaël, directrice du Solution Lab de la Ville de Vancouver, autour de la première édition d’une Climate Justice Field School, expérience de co-formation réunissant agent.e.s municipaux, associations, chercheur.euse.s et designers.