En juillet dernier, nous publiions un premier article pour comprendre comment le féminisme et les courants de pensée qui rendent visibles et luttent contre les discriminations de groupes minorisés viennent questionner l’action publique. Gender-mainstreaming, grille de lecture intersectionnelle, care, éco-féminisme… comment ces approches peuvent-elles bousculer ou enrichir les politiques publiques, dans une optique de justice sociale ?
En nous intéressant à la pertinence d’un paradigme féministe (70% des travailleurs pauvres, en première ligne face aux violences de divers ordres, sont des femmes par exemple), nous cherchons à explorer dans quelle mesure celui-ci offre un point d’entrée pour porter un regard sur une diversité de discriminations (origine ethnique, âge, apparence, langue, etc.) souvent traitées de façon isolées, marginales, ou invisibilisées ? Dans quelle mesure ouvrent-elles ainsi la possibilité de travailler ainsi des problématiques sociales structurelles ?
Nous avons fait appel aux adhérent.e.s et allié.e.s de la 27e Région pour nous aider à confronter les pistes de ce premier article aux réalités du terrain en rassemblant une trentaine de professionel.le.s du design, de la sociologie, de l’évaluation ou de l’urbanisme, d’élu.e.s et d’agente.s de collectivités (Métropoles de Nantes, Bordeaux, Strasbourg, Les Lilas, Cergy Pontoise, ect). Quelles visions de ces sujets au sein des administrations ? Lorsqu’ils sont adressés, comment et avec quels effets ? Quels outils, postures et surtout défis posés pour les acteurs publics ? Ces rencontres ont été l’occasion de dresser collectivement un état des lieux… et de collecter frustrations et de desseins en vue d’une action publique au service d’une démocratie inclusive et d’une justice globale. On vous résume ici les questions et défis soulevés par ces discussions particulièrement riches et animées.
Petite incise avant de démarrer : pour parler diversité et inclusion, nous n’étions, nous-mêmes, pas bien représentatives du sujet, ce qui est symptomatique d’une forme d’entre-soi professionnel et militant : un groupe quasi-exclusivement féminin, blanc, plutôt jeune, et appartenant aux catégories socio-professionnelles supérieures. Cette discussion porte donc nos propres biais, et nous interroge aussi : comment attirer d’autres personnes autour de la table ?