Les fondateurs du Master insistent sur l’importance de « mettre les mains dans le cambouis » et de faire des leurs étudiant.e.s des acteurs de la redirection écologique. En complément d’une approche théorique, avec un programme pluridisciplinaire associant design, sciences sociales, physique, anthropologie…, les étudiant.e.s ont l’opportunité de mettre en application directe leurs connaissances au travers de commandes concrètes, formulées par des organisations et institutions privées et publiques, afin de proposer des stratégies de redirection écologique. Cette mise en pratique permet de professionnaliser la formation en institutionnalisant les métiers qui devront répondre à ces besoins imposés par l’Anthropocène.
Les projets des étudiant.e.s de la première promotion sont variés : de la réaffectation des parkings souterrains à la cohabitation avec les requins, en passant par la conception d’une alternative au Terminal 4 de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle ! Vous pouvez continuer la lecture par ici pour un tour d’horizon plus exhaustif.
Comment envisager la redirection écologique des services publics, tout en garantissant une certaine justice sociale ? Des étudiant.e.s du master ont répondu à une commande de la Ville de Grenoble sur le devenir des infrastructures aquatiques municipales au vu des enjeux écologiques. Les étudiant.e.s ont ainsi co-organisé des « ateliers territoriaux de redirection écologique » rassemblant agent.e.s de la ville, élu.e.s et usager.e.s. Au carrefour d’une tension à la fois écologique, financière et infrastructurelle, la redirection écologique propose une issue collective et démocratique, questionnant les usages, leur légitimité, et les modalités de renoncements avec l’implication des principaux concernés, le tout dans un souci de tenir ensemble renoncement et justices sociale et environnementale. Détail de la commande ici.
La transition, notamment au travers de Plan climat 2030, exige de faire coïncider des échelles et des instances de politiques publiques : le plan climat de l’Eurométropole de Strasbourg s’inscrit dans l’esprit des différentes stratégies nationales (comme la stratégie nationale de la biodiversité et la stratégie nationale bas carbone) et des dynamiques régionales portées par le territoire du Grand Est (un projet partenarial d’aménagement par exemple). A une échelle plus micro, il convoque divers documents et initiatives relevant des compétences de la métropole et des communes (plan local d’urbanisme intercommunal ou le schéma directeur des énergies). Alors comment envisager alors la gouvernance d’une stratégie qui additionne et concilie les échelles politiques ? Deux étudiantes du master se sont penchées sur le design d’instances politiques pour l’Eurométropole de Strasbourg. L’idée était d’instituer des dispositifs cohérents et fédérateurs grâce à un design d’intérêt général. Par une stratégie de déploiement de la participation citoyenne, l’enjeu était aussi de dépasser le techno-solutionnisme de la transition écologique et démocratiser les bifurcations qu’impose l’Anthropocène. Détail de la commande par là.
La 27e Région s’est associée au Master et animera cette année deux ateliers. Les hypothèses et chantiers ouverts par le master viennent donc résonner avec les nôtres, en venant questionner l’émergence de nouvelles capacités publiques : il nous semble en effet que l’enjeu aujourd’hui est bien de re-diriger les politiques publiques vers une autre philosophie du progrès mieux centrée sur les besoins (plus qu’)humains et le respect des limites écologiques, capable d’aborder les enjeux de façon anticipée et systémique. Et l’acteur public dans tout ça ? Son rôle ne se résume ni à être simple spectateur de cette transformation, ni à simplement l’accompagner. Il s’agit pour cela, notamment, de faire émerger de nouvelles capacités publiques, réorientées vers des objectifs de transformation plus ambitieux et plus profonds, vers la production de récits qui soit plus mobilisateurs, et vers la création d’une “fabrique des politiques publiques” mieux outillée pour aborder les enjeux actuels, mobilisant notamment davantage l’innovation sociale et l’intelligence collective.
Pour en savoir plus sur le Master ou dessiner des chantiers et commandes communes dans ce cadre, n’hésitez pas à nous contacter ou à vous rendre sur la page suivante !
Pour assouvir votre curiosité concernant la redirection écologique, vous pouvez vous plonger dans le numéro Hors Série d’Horizons Publics, « Engager la redirection écologique dans les organisations et les territoires ».
Envie d’en savoir plus sur les projets menés par les étudiants du master « Strategy & Design for the Anthropocene » ? Alexandre Monnin propose un résumé de chaque commande en suivant ce lien.
Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin, dans le cadre de l’initiative Closing Worlds.
Sur l’ouvrage « Héritage et Fermeture », Alexandre Monnin, Emannuel Bonnet, Diego Landivar.