Pourquoi faut-il travailler sur les imaginaires, notamment en temps de crise (démocratique, écologique …) ? Comment les imaginaires favorisent-ils l’engagement ? Quels sont les imaginaires à l’oeuvre aujourd’hui dans les labos d’innovation publique ? Comment construire de nouveaux récits de la transformation publique, pour la réenchanter et créer des espaces de dialogue et de radicalité ?
Le 30 janvier dernier, nous étions une trentaine* réunis à Superpublic, dans le cadre du programme Post Transfo pour sonder collectivement le pouvoir des imaginaires.
Les imaginaires, un moteur pour l’action … et un outil pour l’innovation
Daniel Kaplan, co-fondateur de l’Université de la pluralité ouvre le bal, avec une présentation riche et claire du sens et des fonctions des imaginaires. Qu’il soit collectif ou individuel, artistique ou anthropologique, l’imaginaire « se construit dans les esprits et a une dimension fondatrice, il filtre nos perceptions et nourrit nos représentations du monde ». L’imaginaire joue donc un rôle très concret dans l’orientation de l’action (ou de l’inaction). Daniel raconte notamment comment le programme « Transition au carré » de la FING a révélé le fossé entre deux communautés aux imaginaires très différents, ceux de la transition numérique (et technologique) et de la transition écologique, pour lesquels les mots n’ont pas le même sens (ce qui, forcément, ne facilite pas la conversation !). Pour les premiers, l’homme doit dépasser les limites, pour les seconds il doit les intégrer, avec comme points de rupture respectifs et opposés la post-humanité et l’effondrement.
Daniel s’est ensuite penché sur la relation entre imaginaires et innovation, pointant deux fonctions utiles des imaginaires : faciliter l’invention, en imaginant des dispositifs qui rendent d’autres mondes possibles (le téléphone à clapet était déjà dans Star Trek !) ; faciliter l’acceptation de l’innovation, en l’installant dans des récits qui nous la rendent familière.
Avec un incise passionnante sur l’impossible comme source d’innovation, à travers l’exemple du voyage interstellaire. Comme il est impossible à l’échelle d’une vie humaine, ce dernier invite à réfléchir à d’autres formes de vaisseaux spatiaux que ceux que l’on voit dans la fiction, avec des espaces publics et pas seulement des salles de commande, pour permettre à des personnes d’y vivre des centaines d’années…
On a besoin de nouveaux récits !