Printemps 2019 : nouvel épisode des Éclaireurs !
Après avoir ouvert le capot de l’évaluation publique, fourbi les engrenages des schémas d’aménagement régionaux, imaginé des projets numériques plus frugaux et réinventé le bagage méthodologique des élus locaux, notre programme Les Éclaireurs, fidèle à sa promesse de « friendly hacking » des procédures administratives, s’attaque à l’un des piliers de la culture administrative française : le marché public. Rien ne nous fait plus peur, nous direz-vous ? Bien évidemment, nous partons bien accompagnés, avec notamment comme compagnons de jeux et partenaires la Direction des achats de l’Etat, la Région Bretagne, la Métropole européenne de Lille et Nantes Métropole.
- Mais au fait, un marché, comment ça marche ?
Fin janvier 2019, nous nous retrouvons avec une vingtaine d’experts pour un décorticage en règle de cet objet si familier et pourtant si opaque aux yeux de beaucoup qu’est la procédure de marché. Une séance à huis clos d’une journée et demie, au planning intense pour croiser les points de vue, observer la procédure d’achat sous toutes ses coutures … et se projeter dans de nouvelles pratiques et modes opératoires. Qu’il s’agisse de problématiques juridiques, d’éléments techniques ou de questions de fond, nous cartographions les différents enjeux de l’achat public aujourd’hui, notamment pour faire face à de nouvelles injonctions (acheter plus durable, plus responsable, plus local, plus expérimental, plus innovant …). Ce travail d’atelier aboutit à l’écriture de lettres fictionnelles, envoyées par les participant.es à des complices ou personnes ressources.
- De l’achat innovant à l’investissement de demain … décloisonnons nos procédures !
Plusieurs hypothèses irriguent de nouveaux scénarios de la commande publique. La première est culturelle, et propose d’ouvrir l’achat à une approche plus transversale, plus généraliste, et plus stratégique. Aujourd’hui la culture de l’achat est avant tout juridique et sa technicité la rend impénétrable pour une grande partie des agents publics (sans même parler des opérateurs économiques et des citoyens !). En conséquence, la relation entre les acheteurs et les services prescripteurs peut être un dialogue de sourds, ou nécessiter un effort de traduction réciproque. Pour décloisonner l’expression des besoins et l’ouverture d’une procédure, ne pourrait-t-on pas imaginer des professionnels de l’achat formés tout au long de leur carrière aux finalités et externalités positives de l’achat sur les politiques publiques, aux enjeux d’innovation et de développement des compétences sur le territoire, aux modalités de coopération entre l’acteur public, la société civile et les entreprises ? C’est la proposition que nous faisons à travers l’université ouverte de l’achat public, une formation distribuée sous forme de modules pluridisciplinaires à la carte. A l’issue de ce processus de formation, les acheteurs intègrent le réseau des réservistes de l’achat, ce qui leur permettra d’être sollicité en appui méthodologique par une autre collectivité du territoire.