Pour faire face à ces nombreuses inconnues, on développe ses propres routines. Les gestes deviennent plus surs, et on s’autorise à s’aventurer de plus en plus loin. A force de tatonnements, le vocabulaire se stabilise, les outils se précisent et se systématisent.
A l’époque, le terme de « boite à outils » était un mot tabou au sein de la « communauté 27e » : cela n’a aucun sens de parler du « comment ? » sans questionner le « pourquoi ? ». Et puis l’idée a fait son chemin, par pragmatisme et/ou par volonté d’accélérer la transformation des pratiques. Les dix ans ont donné lieu à l’identification des « 100 ressources »[4] pour penser et mettre en œuvre l’innovation publique, en évitant le travers du prêt à l’emploi.
Les Transfo ont joué un rôle décisif dans ce pic de croissance. Quand on passe plusieurs semaines au sein de la collectivité, au contact direct de ces agents, chacun grandit plus vite. De part et d’autres. Ces multiples mues personnelles constituent d’ailleurs un des résultats les plus marquants de cette décennie de transformation de l’action publique !
C’est aussi le moment où les marchés publics s’ouvrent au design de l’action publique. Le champ d’intervention s’élargit et les premiers explorateurs commencent à faire école. Mais comment agir pour ne pas être réduit à un simple rôle de prestataire ? Comment éviter que ce succès ne se traduise par un affadissement des pratiques ? En allant chercher du coté de la recherche, de la formation et ailleurs pour multiplier les canaux d’intervention !
Acte(s) de baptême, apprentissage des routines, découverte permanente… tout ceci à une fin et sans qu’on s’en rende compte, c’est une nouvelle séquence qui s’ouvre déjà. A dix ans passés, nous sommes en train de devenir des ados.
L’adolescence est souvent présentée comme un âge ingrat. Mais c’est aussi une période pleine de promesses. Petit tour d’horizon de ce qui nous attend, à partir des signaux faibles repérés lors de ces trois jours de festivités…