Les 30 août, 31 aout et 1er septembre dernier avaient lieu les 10 ans de la 27e région. L’occasion de célébrer 10 années d’innovation publique, de mesurer le (long, beau et méritoire) chemin parcouru…mais aussi de questionner le futur de la transformation publique. Lors de cet événement, Marine Parent, fondatrice d’Oyena Consulting et voisine de bureau à la Halle Belleville a co-animé un atelier sur une thématique qui est encore trop souvent le parent pauvre de la réflexion sur l’innovation : l’innovation managériale et organisationnelle. Elle revient ici sur les discussions et les enseignements ayant émergé lors de cet atelier.
Dans un événement regroupant des populations issues de tous types d’organisations, il est étonnant de noter que l’atelier est composé à une très forte majorité d’agents. Leur intérêt pour cette cette thématique est à coup sûr un marqueur fort de l’importance du sujet pour les acteurs publics…mais aussi d’un mal-être au travail croissant dont la responsabilité est souvent imputée à l’excès de règles, de contrôle et d’infantilisation dont les agents font l’objet dans l’exercice de leur activité.
Nos agents publics sont fatigués.
Citoyens concernés et acteurs de 1er plan des politiques publiques ils nous expriment souvent leur frustration à n’être que rarement impliqués dans les choix de stratégie ou d’orientation des politiques publiques qu’ils sont pourtant censés mettre en œuvre.
Collaborateurs engagés (le choix du service public fait partie des 3 éléments de motivation qui guident l’entrée dans la fonction publique[1]), ils ont le sentiment d’être infantilisés dans leur métier, de ne pas avoir de marges de manœuvre ou de décision.
Individus connectés et habitants du 21e siècle, ils sont souvent contraints de travailler sur des outils hors d’âge ou dans des locaux vétustes.
Alors, le mal-être des fonctionnaires : un problème de mobilisation ? Pour partie oui, et la demande des agents est claire sur le sujet : sollicitez-nous ! Il est vrai qu’à l’heure où se développe un intérêt croissant pour la participation citoyenne, où les démarches de design n’ont (presque) plus à faire la preuve de leur efficacité et où les budgets participatifs se développent, il parait vraiment daté de ne pas solliciter également les agents dans la fabrique de la politique publique.
Pour autant, il serait réducteur de ne considérer le mal-être des agents publics que sous l’angle de la mobilisation. En réalité, c’est le système managérial dans son ensemble qui est à repenser à la fois pour améliorer la situation des agents aujourd’hui, mais aussi pour permettre d’anticiper sur les dynamiques de fond à l’œuvre : intégration des jeunes générations, horizontalisation des interactions, numérisation des échanges, droit à la déconnexion, etc. etc.
Management public et management libéré sont-ils fongibles ?
Dans le monde de la mode (managériale), la réponse à ce mal-être est à aller chercher du côté de l’organisation libérée. Popularisée en France par les travaux d’I. Getz[2] ou par l’excellent documentaire « Le bonheur au travail » diffusé sur Arte[3], elle repose sur quelques grands principes qui ne peuvent que faire consensus [4].