Il est intéressant de souligner que ces nouveaux métiers des labos s’inventent en faisant : les directeurs de Labos ne sont pas des spécialistes de l’innovation ; certains ont été diplomates, entrepreneurs, agents publics, etc. Il n’existe pas non plus de diplôme de data analyst, mais ce sont souvent des ingénieurs, des codeurs, etc. Les storyteller sont journalistes, écrivains, designers.size… Certains ont déjà une expérience significative des administrations publiques, d’autres viennent d’horizons autres. Bref, les laboratoires rassemblent des profils non conventionnels, des personnalités curieuses et ingénieuses. Tous aiment identifier les problèmes, trouver de nouvelles solutions, s’impliquer avec optimisme pour améliorer l’action publique. Ils partagent créativité, flexibilité, ambition.
L’organisation des équipes diffère enfin suivant les villes. La taille des équipes s’échelonne de 3 ou 4 personnes à 6, 8, 10 personnes, voire bien plus ; elles changent souvent de structure à la fin du financement de la Fondation. Leurs membres sont issus de l’administration et/ou recrutées en externe, et engagés à temps plein sur le projet. Certains laboratoires renforcent leur capacité d’action au travers de partenariats. Ainsi l’équipe d’Austin a-t-elle développé un programme de fellowship, qui permet à des professionnels cherchant à s’engager dans la transformation de l’action publique ou à des spécialistes intéressés par l’un des sujets de travail de l’équipe, de contribuer plus temporairement. D’autres, comme celle de Seattle, reçoivent un mécénat de compétences. Plusieurs, enfin, développent des partenariats avec d’autres programmes pour mieux déployer leurs travaux: par exemple, l’équipe d’Anchorage s’est rapprochée de Code for America pour développer une plateforme ressource pour les agents ; l’équipe de Syracuse a travaillé avec le département ‘data science for social good’ de l’Université de Chicago pour son travail sur les infrastructures hydrauliques vieillissantes de la ville.