Arrivée dans les pratiques, et en France depuis les années 1970 la pensée systémique se veut une nouvelle manière d’appréhender le changement. Plus complète, plus apte à penser la complexité du monde qui nous entoure que les approches préexistantes.
Le 2 juin dernier, Piret Tönurist, en charge de la gouvernance publique à l’OCDE est venue nous présenter les résultats d’un rapport récent sur le sujet, lors d’un déjeuner-débat particulièrement riche en contenu et en discussions.
Pelote de laine ou plat de spaghetti ?
Selon Piret Tönurist les innovations technologiques récentes ont fait connaitre un accroissement sans précédent de la complexité du monde et des échanges. L’OCDE y voit 2 causes majeures : l’accroissement des interdépendances entre les sociétés modernes et l’économie, et les avancées de géants dans le domaine de la technologie. Pour appréhender au mieux cette complexité, l’OCDE propose aux décideurs d’adopter une approche systémique. D’après cette approche, si l’on veut examiner une situation dans sa totalité, il faut prendre en compte l’ensemble des facettes du système mais aussi les liens entre les différentes facettes.
Dans cette optique, les systèmes humains constituent des systèmes vivants en permanente évolution, dans lequel les logiques causales sont tellement entremêlées les unes aux autres qu’il est presque impossible de les démêler. Ils constituent donc des systèmes complexes s’opposant en ce sens aux systèmes technologiques qui ne sont « que » compliqués et qui peuvent faire l’objet d’un éclaircissement. C’est un peu la différence entre un plat de spaghetti et une pelote de laine : avec beaucoup de patience et de minutie, il est possible de démêler les nœuds de la pelote de laine…mais les spaghettis eux, se meuvent en permanence, changent de place, glissent… et forment un système qui n’a ni début, ni fin.
Pour l’approche systémique les systèmes humains sont des plats de spaghettis : quand ils font face à un nœud (= lorsque qu’un dysfonctionnement est constaté), il est impossible d’en distinguer clairement l’origine car celle-ci est par définition plurale et protéiforme. Selon la même logique, il est impossible de trouver LA bonne solution car la mise en place d’une action viendra nécessairement impacter l’ensemble du système, et provoquer des effets collatéraux imprévus car imprévisibles.