Quel avenir pour les petites gares ? Nous avions déjà abordé le sujet en 2010 avec une résidence à Corbigny, en Bourgogne : un territoire rural où la gare quasiment désaffectée devait connaître une reconversion, pour rester un espace au service de la population locale. Courant 2016, cette thématique nous revient avec une sollicitation de la Région Bretagne. Cette fois-ci, ce ne sont plus seulement les gares rurales qui sont concernées mais l’ensemble du réseau TER breton. Le tissu ferroviaire breton compte pas moins de 160 points d’arrêt, comprenant à la fois des des grands pôles urbains, des gares de centres-bourgs et des haltes (gares sans guichets) en zones péri-urbaines et rurales.
Ce réseau dense, construit en étoile autour des métropoles bretonnes, est un atout majeur pour l’accessibilité de la région péninsulaire. Cependant, le transport en train peine aujourd’hui à rester compétitif, la fréquentation des gares baisse et les guichets ferment petit à petit pour cause de restrictions budgétaires… Autant de signes d’une dépersonnalisation progressive du service ferroviaire, souvent associé par les populations locales à un recul du service public.
Pour autant, les gares bretonnes connaissent actuellement une vague de modernisation. Il s’agit avant tout de rénover le cadre bâti souvent vieillissant, et de mettre aux normes les abords des gares. Nouveaux parkings, passerelles ou souterrains, accès en voies cyclables… ces aménagements coûteux sont coordonnés par la Région, et souvent co-financés avec les collectivités locales. Ce partage des tâches questionne directement les usages présents et à venir de chaque gare. En effet, pas question de se lancer dans un chantier démesuré si la gare n’a qu’une faible fréquentation… mais d’un autre côté limiter la gare à une rénovation partielle et/ou fermer une partie du bâtiment n’est pas valorisant pour le territoire.