L’exercice n’était pas aisé : il s’agissait de réagir à chaud, quasiment en direct, suite aux présentations de la première partie de soirée. En voici quelques enseignements, piochés dans les différentes interventions :
Réinterroger le rapport à la connaissance
Les outils de médiation technique et les mots que nous employons ne sont pas neutres. Un nouvel outillage critique doit être développé afin de questionner ces pratiques politiques émergentes selon Francis Chateaureynaud. Un algorithme, une catégorisation, une classification sont déjà des représentations politiques. La possibilité de les interroger et de les “remixer” fait partie intégrante du débat démocratique que ces outils veulent susciter. De même, la signification des mots qui semble, en surface, faire consensus doit pouvoir être débattue, à commencer par le terme “démocratie” ou “citoyenneté”. Ne pas le faire, c’est oublier que la politique est un espace de complexité et de controverse.
Faire collectif à l’ère numérique
Certains dispositifs de médiation technique sont porteurs d’une conception individualiste de la citoyenneté. A travers ces outils, c’est “une démocratie à la première personne qui se dessine” selon Mathieu Berger, à travers la figure de l’individu encouragé à faire valoir ses intérêts personnels. Cela ne doit pas éclipser “une grammaire alternative de la démocratie : celle du “tu” à travers l’écoute et la discussion, celle du “nous” et des valeurs collectives, celle du “vous” dans une posture d’animateur, de facilitateur, et enfin celle du “ils” afin de faire exister les publics absents de ces médiations techniques”.
La complémentarité comme richesse
Enfin, la question du “passage à l’échelle” de ces expérimentations démocratiques a été soulevée – c’est un point de débat qui est d’ailleurs régulièrement adressé à la communauté des CivicTech. Au-delà de l’ouverture des dispositifs techniques à des publics non-initiés, il s’agit de réfléchir à la manière de faire sortir les initiatives de leur contexte local dans le but de produire des règles généralisables permettant de “faire société” selon Bastien François, par exemple en les constitutionnalisant comme le suggère Marie-Anne Cohendet. Un début de réponse serait de penser et de mettre en oeuvre les complémentarités existantes entre les différentes initiatives de la CivicTech et avec les institutions : ainsi, au-delà de la question du classement ou de la cartographie, il s’agirait de combiner ces différentes initiatives pour en révéler la richesse.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité des rapports d’étonnement en vidéo :