Utiliser l’administration comme punching-ball est un jeu facile. Mais que penser de ceux qui la conseillent ? Peu nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la responsabilité du consulting de masse dans la formation de nos décideurs publics. Aujourd’hui, ce sont seulement quatre établissements – au départ spécialisés dans l’audit financier – qui dominent le marché : Deloitte, EY, KPMG et Price Waterhouse Coopers, qui représentent à eux seuls 120 milliards de $. Quelle a été leur influence sur leurs clients, et sur le marché du conseil dans son ensemble ? Comment travaillent-ils ? Ré-interrogent-ils leurs idéologies et leurs pratiques professionnelles ? Tel l’arroseur arrosé, la bureaucratie touche aussi le conseil, qui n’est pas épargné par des mouvements d’uberisation – voir par exemple le succès du Business Talent Group – et la figure du consultant s’est ringardisée face aux serial entrepreneurs du digital ou de l’ESS. A quoi pourrait ressembler un modèle alternatif de production d’intelligence et d’ingénierie publique, à la fois plus soutenable, et compatible avec la raréfaction des crédits publics et la productions de biens communs ?