Je suis étudiante en Economie Sociale et Solidaire, et en stage à la 27e Région. J’ai pu assister aux 14e Rencontres Internationales qui se tenaient le 17 juin dernier au sein du Ministère des finances à Bercy. Le thème de ces rencontres portaient sur le tiers secteur, et sur ses perspectives de collaboration avec les acteurs publics. Je ne pouvais en aucun cas manquer cet événement… En voici quelques retours.
Le constat posé semble être que l’Etat ne peut pas tout, ou du moins ne peut plus. On constate une perte de confiance des citoyens en cet Etat, et paradoxalement, une forte attente envers lui.La question est alors de savoir si c’est plutôt une bonne ou une mauvaise nouvelle, et comment pallier à cette situation ? Est-ce que l’Etat doit quitter sont rôle de contrôle et de régulateur ? Et pour se diriger vers quoi ? Ce serait donc la position des pouvoirs publics qui serait à revoir : l’Etat ne peut pas tout, s’il est seul, mais avec les citoyens réunis par la voie du tiers secteur, peut-être pourrait-il plus ?
Cette question est à la mode depuis quelques années. Innovation sociale, économie sociale et solidaire, intérêt collectif, initiatives locales, entreprenariat social, biens communs ou communs tout court… Toutes ces notions peuvent être entendues comme des synonymes plus ou moins lointains du tiers secteur. Si ce terme est peu employé aujourd’hui, et qu’il renvoie un d’anciens temps, il n’est pas si mal choisi car il permet de mettre en avant l’idée d’une troisième voie, une voie qui ne serait ni rattachée à l’économie publique (et donc indépendante des pouvoirs publics, ainsi que de leur subvention), ni au capitalisme et à la violence économique et sociale qu’il dégage.
Mais surtout, ces notions et mouvements résonnent, chantent sans cesse à nos oreilles comme des chants de sirènes, envoûtants, confusants, auquel il est bien sûr difficile de résister puisqu’irrésistiblement optimistes et porteurs de réponses aux maux de nos sociétés. Du coup, la puissance publique est tentée de faire avec. Mais ce n’est pas si simple car ce mouvement réinterroge la place de l’acteur public de différentes façons, et notamment dans la conception de l’intérêt général. Il fait l’hypothèse d’une collaboration entre un acteur public très institutionnalisé, avec un ensemble d’acteurs dont la force est justement de n’être que peu ordonné, lisible mais très diversifié.
Ce à quoi s’ajoute depuis toujours une méfiance du tiers secteur face à cette volonté de collaboration voulu par les pouvoirs publics, qui peut être perçue comme une tentative de main mise par l’Etat. Ceci s’illustre dans les paroles de Philippe Frémeaux, « cet appel peut être la meilleure et la pire des choses » (éditorialiste d’Alternatives Economique et figure impliqué dans le déploiement de l’ESS). A l’inverse, un désintérêt des pouvoirs publics reviendrait à un désengagement et à une invitation au libéralisme. Sergueï Efremov, chercheur en sciences économiques à l’université d’État de Moscou se montre rassurant, en montrant qu’en Russie, les Régions les plus démocratiques sont celles qui sont chargées de la relation aux Organisation à But non Lucratif.