Aujourd’hui, une quarantaine de personnes étaient réunies à Superpublic pour échanger autour de cette notion de « patients partenaires ».
Dans la salle donc, des patients et des proches, des professionnels du secteur hospitalier, des représentants d’associations de patients, des designers de service spécialisés dans le domaine de la santé, et une préoccupation commune : l’amélioration de l’expérience de vie avec la maladie des patients et de leurs proches, tant à leur domicile que dans les milieux de soins.
Pour ce faire, différentes voies possibles.
Pour commencer, les quatre structures à l’initiative de la rencontre ont présenté leur approche : La 27e Région (lien externe), à travers deux Résidences (l’Hôpital Métropole (lien externe) et Vers la création d’une maison de santé (lien externe), La Direction Collaboration et partenariat patient (lien externe) de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, la Fabrique de l’Hospitalité (lien externe) des Hôpitaux universitaires de Strasbourg et Care & Co (lien externe).
Les autres participants ont ensuite exposé leurs expériences respectives, révélant la diversité des positionnements (par exemple les patients comme usagers d’un service de soins vs les patients comme acteurs de leurs propres soins), la complémentarité des modes d’intervention (par exemple entre les actions menées par les associations de patients pour la défense de leurs droits et la co-construction avec les patients ressources), mais aussi l’ampleur de la tâche pour transformer les pratiques actuelles et les cultures professionnelles.
Tous partent du même constat : la nécessité de construire « avec » le patient plutôt que « pour » lui, c’est à dire de migrer des approches centrées sur le patient au partenariat avec les patients. Le patient n’a pas vocation à devenir un « expert » de la maladie, comme le sont les médecins, mais à faire reconnaître qu’il est le seul expert de la vie avec la maladie et donc un collaborateur incontournable pour des soins de santé adaptés à son projet de vie.
En France, même si des expériences existent et que de nombreuses associations de patients se professionnalisent, le chemin est encore long vers une véritable collaboration des personnels de santé et des patients dans la coconception des soins et des parcours de santé. L’évolution des problématiques de santé, notamment en ce qui concerne la chronicité, rendra pourtant ce partenariat indispensable et nous assistons heureusement à l’émergence de patients mieux informés, qui souhaitent s’impliquer davantage dans les choix de santé qui les concernent. Il ne s’agit pas pour ces patients de venir concurrencer le savoir académique d’un professionnel mais bien de négocier avec lui son parcours de santé à partir de ses habitudes de vie, de ses représentations culturelles et de son savoir expérientiel.
Avec plusieurs « chantiers » à conduire : celui de l’éducation thérapeutique, qui vise à consolider les savoirs et les compétences du patient pour comprendre sa maladie (souvent chronique), et ainsi renforcer ses capacités à la gérer au quotidien ; celui de l’amélioration des conditions d’accueil et de soin du patient dans les structures de santé et des conditions de travail des professionnels (et la conciliation des deux !) ; celui de la formation (tant initiale que continue) des personnels médicaux, soignants et administratifs à la prise en compte de l’expérience des patients …
Du fait de la diversité des acteurs en présence, de nombreuses questions se sont posées, qui ont conduit à 3 ateliers destinés à approfondir et envisager, le cas échéant, des pistes d’actions et de collaboration autour de cette notion de patient partenaire :