En mai, Magali et moi avons participé en mai à un exercice original, jugez plutôt : produire collectivement un livre en 4 jours, rien de moins.
Retour sur ce « booksprint des labs », alors que le résultat de cette semaine intense, un ouvrage nommé Labcraft – How innovation labs cultivate change through experimentation and collaboration, est disponible aujourd’hui en ligne (lien externe), en téléchargement gratuit ou à prix libre. La version papier sera bientôt disponible.
Comment écrire un livre en quatre jours ?
Parmi les 12 participants (lien externe) issus de 8 labs différents, la plupart s’étaient déjà rencontrés pendant la conférence Lab2 organisée par Kennisland il y a un an. Pour autant, nous étions de parfaits étrangers lors de notre premier repas dans ce magnifique cottage anglais, à Stratsford-upon-Avon, non loin du lieu de naissance de Shakespeare.
Le premier jour, après quelques braistormings rapides sur ce dont pourrais parler le livre, nous nous mettons tous à écrire sur un thème donné presque au hasard, par petits groupes, et en utilisant de ce logiciel d’écriture collaborative en ligne (lien externe).
S’en suivent quatre jours intenses alternant écriture, relectures et moments collectifs pour garder une vue d’ensemble sur l’ouvrage. La structure du livre et son contenu n’étaient donc pas prédéfinis : au contraire, ils sont apparus au fur et à mesure de des écrits et des débats, jusqu’à former un tout cohérent, un produit fini.
Débattre, mais par écrit
A l’inverse des workshops que nous animons régulièrement, la méthodologie du booksprint n’est pas cadrée, ni timée à la minute ou « framée ». Au contraire, elle s’appuie sur l’écoute du ressenti et des besoins du groupe, et l’adaptation du programme en fonction. Nous avions donc le temps, et la liberté de laisser les discussions venir au bon moment, sans les forcer.
De plus, en accord avec les valeurs des labs présents, nous étions tous centrés ici vers l’action, c’est-à-dire vers la production d’un objet commun, et non plus dans les échanges oraux traditionnels des conférences où nous nous croisons.
Adam Hyde, facilitateur du booksprint et co-fondateur de la méthodologie, en train de trier nos nombreux post-its
L’exercice d’écriture, à la fois introspectif et intime par essence, mais ici également collectif, permet d’aller bien au-delà des débats classiques. En effet, à l’écrit chaque mot doit être choisi soigneusement. S’il est superflu ou imprécis, il sera retiré pendant l’une des multiples relectures. Et s’il est controversé, il permettra de créer un débat. Il est donc quasi-impossible de rester ambigu dans un processus d’écriture collective tel que le booksprint.