Pour s’inspirer, commencer par un projet concret
Afin d’illustrer cet esprit de coopération et de placer l’action au centre des débats, la matinée s’est ouverte sur le récit d’une collaboration fructueuse entre La 27e Région, le Secrétariat Générale à la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP) et la Communauté de Communes du Clunisois, en Bourgogne. L’objet de cette collaboration ? Une résidence créative centrée sur l’amélioration de l’accès aux services publics dans les territoires ruraux.
Nicolas Conso, chef du service « Innovation » au sein du SGMAP, et Boris Chevrot, coordinateur-médiateur du Relais de Service Public de Cluny et doctorant en sociologie, ont partagé avec nous le bilan de cette expérience. 7 visions inspirantes, 16 tests en situation réelle et 1 enseignement majeur : aller sur le terrain et s’intéresser aux usages permet d’apporter un éclairage neuf sur les grandes politiques nationales et de réinterroger ce que l’on pensait être des certitudes. Rafraîchissant !
Pour en savoir : direction le blog de la résidence
Une table-ronde pour partager nos visions de l’innovation publique
Ouvrant la table-ronde, Marylise Lebranchu, Ministre de la Décentralisation, de la Réforme de la l’État et de la Fonction publique, a ensuite exprimé son espoir d’une coopération féconde autour des projets de Re•acteur Public, un an après le Labo Public Ephémère qui avait déjà réuni le SGMAP et La 27e Région à l’Ensci. Pour elle, la création du SGMAP en 2012 était une première étape importante pour faire sortir la modernisation de l’action publique du seul prisme des économies budgétaires. Mais cela n’a pas empêché de trop souvent réduire ce défi aux enjeux de simplification administrative et de dématérialisation. A l’inverse, Re•acteur Public doit permettre de travailler sur le tout de l’action publique, sur son rôle et sur sa qualité. Au moment où les citoyens s’absentent de plus en plus des grands moments de la vie publique, Re•acteur Public insiste sur l’importance de faire avec : avec les citoyens, avec les agents, avec la société civile, avec les collectivités, avec l’État. En mobilisant l’ensemble des acteurs publics, il veut redonner ses lettres de noblesse aux agents de la fonction publique.
Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des Départements de France et du Conseil Général des Côtes-d’Armor, a également partagé sa vision de l’innovation publique. Selon lui, si la tradition française cartésienne pousse à institutionnaliser et uniformiser les réponses administratives, Re•acteur Public permet justement de réfléchir au niveau humain, par l’action. Il place au premier plan les territoires d’aventure, ceux où des hommes et des femmes prennent des risques. Prenant la défense de la pensée expérimentale proposée par Re•acteur Public, Claudy Lebreton appelle les Départements à y prendre part… « du moins pour les quelques mois qu’ils leur reste encore à exister » ajoute-t-il non sans ironie.
Enfin, Alain Rousset, président de l’Assemblée des Régions de France et du Conseil Régional d’Aquitaine, a rappelé que les Régions étaient les premières collectivités embarquées au sein de cette aventure avec la 27e Région. Selon lui, l’innovation ne peut rester incrémentale, il est aujourd’hui temps de créer des ruptures : « en France, on a souvent l’impression que l’organisation des services publics est fixée une fois pour toute, et que seules les quantités financières peuvent varier. » Soulignant que le rapport entre l’État et les collectivités est parfois ressenti comme un rapport de « sous-traitance », il prône pour sa part une décentralisation renforcée et une coopération renforcée entre les différentes échelles administratives, dans la lignée de ce que propose Re•acteur Public.