Les définitions portent beaucoup sur le sujet du lien entre la fin et les moyens. L’innovation sociale est-elle juste ce processus qui met en place de nouvelles manières de transformer la société, ou a elle comme motivation une fin, celle de répondre à des enjeux, besoins, ou problématiques sociales ?
Des éléments d’accord sur la définition
Le monde de la recherche semble s’accorder pour s’intéresser aux 3 approches, les causes, les processus d’innovation sociale, et l’impact qu’elle peut avoir. Le champ de l’innovation sociale reste néanmoins très large…on y parle d’ecologie, de social, de justice, de tolérance, de démocratie, d’inclusion, etc…
Néanmoins, personne ne semble remettre en cause le fait que l’innovation sociale soit beaucoup plus axée sur la co-création, sur l’attente des utilisateurs, et qu’elle est en grande partie à l’initiative de la société civile. Même si elle est encore très présente, l’innovation par le haut, avec le traditionnel processus Recherche / Production / Marketing n’a plus autant sa place.
Une participante n’oublie pas de nous rappeler que l’innovation sociale n’est pas spécialement la panacée et que si elle se développe beaucoup aujourd’hui, c’est parce qu’il y a des crises importantes qui forcent les individus et organisations à trouver des solutions.
Geoff Mulgan conclut la dernière session des deux jours sur une définition simple (mais aussi très large) : ‘innovations which are social in both their means and ends’.
En discutant avec un jeune turc, entrepreneur en création d’un Hub à Istanbul, on se fait la remarque que si l’innovation a pour but de maximiser l’impact social, alors il faudra qu’elle passe par une maximisation de la collaboration et du partage, à l’inverse de l’innovation dont le but est de maximiser le profit, et qui pousse plutôt à la concurrence et la compétition.
Nous sommes d’accord aussi pour se dire que c’est l’innovation ascendante, celle qui se développe beaucoup en ce moment grâce à la mise en réseau via le web et l’appropriation de nouvelles techniques par les citoyens qui apporte une direction intéressante. Une approche qui permet à nouveau aux citoyens d’adopter les innovations, alors que l’innovation descendante pousse les citoyens à s’adapter à l’offre, qui plus est standardisée, ce qui limite en partie la possibilité de comprendre, apprendre et prendre soin des objets et services qui nous entourent. Mais le sujet de la direction à prendre ne sera pas vraiment traité durant les conférences plénières, laissant la définition de l’innovation sociale très vaste et sans direction claire.
Au final, l’on nous promet de nous tenir au courant une fois les recherches avancées sur le sujet…
Des sessions de travail en groupes autour de sujets de fond
Passons quand même aux discussions sur des sujets plus précis, qui se feront durant des ateliers de 20 à 50 personnes. Dans la liste des intervenants qui viennent présenter leur approche, il n’y en a qu’un seul qui fait partie du monde des entrepreneurs sociaux : il s’agit de François Goudenove, à l’origine de Web sourd, société qui vise à faciliter la vie des publics sourds, et qui intervient sur le sujet « innovation sociale et innovation économique ». 14 sessions auront lieu en parallèle dont :
- Innovation dans les services et innovation sociale
- Société 2.0 et innovation sociale
- Innovation sociale et changement démographique.
- L’innovation sociale pour l’inclusion et l’intégration
- Innovation sociale et développement durable pour les régions dans les économies émergences…
- Mesurer l’innovation sociale
- Innovation sociale au travail.
Chaque atelier se termine par un choix par les intervenants de sujets intéressants à approfondir par rapport à la thématique de l’atelier.
De retour en plénière, un vote en assemblée avec un petit boîtier électronique a ensuite lieu pour choisir les sujets qui intéressent le plus le monde de la recherche parmi les 56 qui émergent des 14 sessions.