Nous étions cette semaine à la rencontre bi-annuelle des acteurs du design : la Biennale de St Etienne. Comme tous les deux ans, il s’expose une diversité de projets permettant de se faire une belle idée de la production contemporaine du design mondial.
L’idée d’un design au service des politiques publiques commence à faire son chemin, et nous avions l’honneur d’y présenter « Ma vie de ch’ti en 2040 (lien externe) » réalisé en 2009 conçues avec l’aide de Félix Compère et en partenariat avec la direction prospective de la Région Nord-Pas de Calais. Nous étions invités par Claire Fayole commissaire de l’exposition « Demain c’est aujourd’hui », la partie de l’exposition consacrée à la prospective, et aux usages émergents.
Nous étions présentés sur le même îlot que François Jégou, qui lui présentait deux projets : nano objets raconté dans Design des Politiques publiques, et un projet sur les objets permettant d’économiser l’énergie.
Petit retour sur quelques présentations qui nous ont plu ou marqué cette année lors d’un trop bref passage :
- « Domestic Robocop », de Keiichi Matsuda (Bartlett School of Architecture) : cette vidéo de 2’46’’ présentée dans l’expo « Demain est aujourd’hui » mettant en scène la vie quotidienne dans un contexte de Réalité Augmentée (RA) n’est pas la première du genre, mais on est toujours à la fois ébahi et effaré de s’imaginer sous l’emprise d’une telle pression cognitive…
- « Nuclear is good ». Mais comment vous en convaincre ? On n’est pas dans le politiquement correct avec les travaux d’Oliver Goodhall (Royal College of Art), qui propose des scénarios nucléaires alternatifs pour l’avenir et développe l’idée qu’il faut totalement revoir la façon de produire le débat public autour de ce sujet épineux. http://www.di10.rca.ac.uk/olivergoodhall/ (lien externe)
- « Dunne & Raby (lien externe) » sont les commissaires de l’exposition « Entre la réalité et l’impossible » (« Between reality and impossible »). Ils utilisent le design comme un media pour créer du débat sur les implications sociales, culturelles et éthiques des nouvelles technologies. Leurs projets sont conçus pour étonner voire heurter nos esprits : les ravitailleurs, qui inventent de nouvelles façons de s’alimenter ; Esprit public, ou la lutte contre la machine à lire nos pensées ; Après la vie, concept visant à faciliter l’euthanasie assistée ; ou encore Ethiculator, calculatrice capable de produire des choix éthiques à notre place… L’expo est un peu anarchique, et on a quelquefois du mal à se repérer dans ce ensemble. Mais l’exposition est amusante, et prouve qu’il est possible d’utiliser le design pour outil de dialogue sur l’avenir de la société.
- « Union » radio de table politique Proposé par Nanar Kradjian, designer libanais, cette radio cubique est en fait la juxtaposition de 6 radios intégrées branchés sur les émissions des 6 partis politiques du Liban (chacun représenté par une couleur). Six personnes peuvent s’asseoir autour et écouter via les écouteurs dédiés, chacun sa station en fonction de ses préférences politiques sans déranger les autres. Et lorsqu’on débranche les écouteurs, on entend la somme de différentes émissions, reconstituant par là le chaos sonore des discussions politiques.