Nous venons de prendre part à un travail de prospective sur l’avenir de l’innovation, « INnovation FUtures » (INFU (lien externe)), dont les partenaires sont l’Austrian Institute of Technology (lien externe) à Vienne, coordinateur du programme, le Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research (lien externe) à Karlsruhe et Z_punkt (lien externe), The Foresight Company à Reinauhafen, en Allemagne, et Strategic Design Scenarios (lien externe) à Bruxelles. Le projet INFU est financé dans le cadre du 7e Programme cadre de l’Union européenne. Il vise à comprendre l’évolution des processus d’innovation, à détecter les phénomènes émergents et à dresser un panorama prospectif à même de contribuer à orienter les politiques publiques européennes. Nous revenons ici sur les premiers enseignements de ce programme qui se termine en 2013.
Après avoir identifié (lien externe) à l’échelle internationale un ensemble diffus de signaux faibles sur les nouvelles formes d’innovation puis avoir chercher à en « amplifier » le sens (voir cette vidéo (lien externe)), l’équipe INFU a ensuite cherché à approfondir certains aspects récurrents -en particulier l’innovation sociale et la co-conception, présentes dans un grand nombre de cas. Rien d’étonnant à cela, comme le souligne Ezio Manzini, designer italien, professeur au Politecnico di Milano, qui dirige l’unité de recherche de Design et d’innovation pour le développement durable : « Dans un monde limité, de plus en plus densément peuplé et connecté, la ressource humaine est la plus abondante et l’innovation sociale -l’innovation par les gens, pour les gens- est la plus à même de relever les défis du développement durable ».
Un panel d’innovateurs sociaux
Pour explorer ces dimensions, nous nous associés, François Jégou (Strategic Design Scenarios) et la 27e Région, pour réunir un panel de professionnels engagés dans le changement social, la transformation territoriale et la rénovation de l’action publique : collectifs d’intervention urbaine, sociologues de terrain, artistes urbains, entrepreneurs sociaux, acteurs de la participation, innovateurs numériques, designers de service… l’objectif était de profiter de l’expérience de chacun de ces secteurs pour croiser ces approches, identifier ensemble des modes d’innovation sociale émergents, et produire des visions pour le futur. Participaient ainsi à ce panel : Corinne Iehl, directrice de CRé’Avenir, sociologue expérimentée dans les projets de transformation urbaine, basée à Lyon ; Maud Le Floc’h, directrice du pOlau (Pôle des Arts Urbains) à Tours, un collectif d’urbanistes et d’artistes impliqués dans l’activisme urbain ; Olivier Jouen, créateur de Port Parallèle à Paris, coopérative d’activités et d’emplois regroupant 100 entrepreneurs-salariés ; Guy Peudupin, directeur de NXA Nouveaux Armateurs, une agence conseil spécialisée dans la recherche utilisateur et impliqué dans la participation citoyenne ; Paul Richardet, chef de projet à Silicon Sentier, association opératrice du tiers-lieu créatif La Cantine ; Dilira Trupi, doctorante spécialisée dans les réseaux sociaux numériques et la coopération en ligne ; Stéphane Vincent, directeur de la 27e Région ; Michèle Dougé, consultante en créativité ; François Jégou, directeur de Strategic Design Scenarios à Bruxelles.
Nous, membres de la Citizen Agency
Le panel s’est déroulé en deux étapes. La première étape consistait à simuler l’existence de la Citizen Agency, agence « nouvelle génération », fleuron de son secteur en 2010, mobilisant les techniques d’innovation sociale les plus pointus pour traiter les problèmes économiques et sociaux les plus complexes. Chaque participant, membre fictif de cette agence, devait alors décliner son identité professionnelle, en valorisant la spécificité de ses méthodes et de leurs atouts.