Quelle politique pour l’Europe en matière d’innovation, face à l’ultimatum climatique et aux enjeux actuels de transformation sociaux et économiques ? Les 12 et 13 octobre, la 27e Région était conviée à un workshop créatif organisé en petit comité par la DG Entreprise au MindLab (lien externe) à Copenhague. On n’était pas encore au sommet décisif de l’ONU qui se tiendra dans cette même ville en décembre, mais l’état d’esprit y planait déjà…
En résumé : les services de la Commission et de l’agence Inno-Grips (lien externe) nous ont proposé de travailler pendant deux jours sur le potentiel des « labs », cette forme un peu imprécise de laboratoire d’expérimentation sociale et technique, généralement adossé à un organisme public ou une entreprise privée. Un workshop organisé dans le cadre d’une réflexion plus vaste : L’Europe remet à plat sa politique en faveur de l’innovation, consulte depuis quelques mois (lien externe), et prépare une nouvelle copie pour le printemps 2010.
Les participants
Parmi les vingt-cinq participants, il y a avait : les services de la DG Entreprise (dont le chef d’unité à l’innovation Peter Gröll), l’Innovation Center Copenhagen, le MindLab, Taito Group, l’ANRT, la 27ème Région, Stop & Go, Next / Laboratorio per l’innovazione, Laboral, Medialab Prado, Hong Kong polytechnic, Malmö New Media Living Lab, Sustainable Everyday Project, Imperial College London, PREST – IDEAS, Public services Innovation Lab, The Innovation Unit (GB), etc. J’en profite pour dire que le MindLab est un lieu étonnant : un peu comme si le ministère des finances accueillait à Bercy un lieu de créativité, équipé de tables à dessin, d’ateliers créatifs et de salle de réunion « bulle de créativité » ! Et un grand coup de chapeau à Christian Bason, directeur du Mindlab, qui a animé les deux journées d’une main de maître. Quel talent.
Voici les enseignements que j’en tire -ils n’engagent évidemment que moi, et donc aucunement mes camarades ni les services de la Commission.
Labs, le nouveau mot valise ?
Un mot sur ces fameux « labs », tout d’abord : difficile de les définir derrière ce mot valise, massivement marketing, tant les approches fluctuent, entre business et intérêt général, culture anglo-saxones et latines, et les disciplines mobilisées, entre technologies et sciences sociales. Dans son invitation, la DG Entreprise proposait les critères suivants : L’implication active des utilisateurs à tous les stades de développement (co-création), des partenaires multiples issus du privé et/ou du public, l’interdisciplinarité (design, science, technologie et business), un lieu dédié, virtuel ou réel pour développer de nouvelles idées et expérimenter dans des conditions réelles.
Disons que ces critères peuvent s’appliquer grosso-modo à des organisations comme la Waag Society (Hollande), le MediaLab Prado (Espagne), le Social Innovation Laboratory of Kent (GB), le MindLab (Danemark), la 27e Région et la Fing (France), Ideas (GB), MidtLab (Danemark), le Forum Virium d’Helsinki (Finlande), le Laboratorio Innovazione (Italie), l’Aalto Design Factory (Finlande), le Laboral (Espagne), le Taito Group (Finlande), le Laboratoire de l’Innovation Sociale par la Recherche Action (France), le NestaLab (GB), et bien d’autres en Europe et dans le monde. Au fond, l’expression « lab » n’a évidemment guère de sens, et des tas d’autres initiatives informelles peuvent se réclamer de cette démarche.
Retour sur la méthode
Un mot sur la méthode utilisée durant le workshop : Christian Bason a proposé l’utilisation du back-casting (il nous avait déjà expliqué le fonctionnement de cette méthode dans une interview récente).
La première journée a donc été consacrée à se présenter mutuellement et à identifier ce qui faisait la singularité de nos projets respectifs (à partir du choix de photos, comme on le voit ici). Ensuite répartis par groupes de 4 à 6 personnes, nous avons consacré l’essentiel de cette première journée à développer une vision commune du « laboratoire d’innovation ».