BIMBY (Build In My Back yard) : Renverser les termes de l’étalement urbain

France

 

Les acteurs :

Un projet soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche (appel à projet Villes durables 2009), piloté par David Miet (CETE Ile-de-France) et Benoit Le Foll (CETE Normandie- Centre). Institutions : Communautés d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (CASQY) et de Rouen (CREA), CAUE de l’Eure, laboratoires RIVES (ENTPE) et LATTS (ENPC), Ecoles Nationales Supérieures d’Architecture de Rouen, Marseille et Paris Belleville, PNR de la Haute Vallée de Chevreuse, communes du Tremblay-sur-Mauldre et des Essarts-le-Roi, ADEME Région Centre, Agence d’urbanisme de Tours, CAUE du Loiret…

Le défi : produire plus de maisons individuelles tout en luttant contre l’étalement urbain

L’étalement urbain serait synonyme d’échec urbanistique et politique. Le développement des surfaces péri-urbaines est généralement qualifié de tous les maux : augmentation des dépenses en réseaux et en énergies, forte pollution due aux migrations pendulaires, atteinte à la biodiversité et aux terres agricoles. Dans l’impuissance quasi-générale, la France aurait cédé au phénomène : sur 34 millions
de logements, 19 sont des maisons individuelles et 160 000 sont construites chaque année. Comment changer notre regard sur cet héritage des dernières décennies, et comment recréer un cercle vertueux de la maison individuelle, qui reste l’habitat préféré par plus de 80% des Français ? C’est l’objectif que s’est donné le programme de recherche-action Build In My Back Yard.

Le processus : renverser les termes de la fabrique urbaine

Les premiers entretiens menés avec des petits propriétaires individuels montrent que les logements s’avèrent souvent inadaptés aux besoins de leurs occupants, ou le deviennent au fil du temps, entre divorces, changements de situation et vieillissement : maisons et terrains trop grands, énergivores, inadéquats. En période de crise, vendre une partie de son terrain peut représenter la seule opportunité de rentrée d’argent, construire un nouveau logement sur son terrain une stratégie très efficace à l’heure de la pénurie de foncier. BIMBY part de ce constat central pour proposer un modèle urbanistique alternatif, visant à remplacer les grandes opérations urbaines par un ensemble d’initiatives individuelles menées collectivement, à l’échelle de la commune. BIMBY crée un cercle vertueux basé sur le dialogue à l’échelle locale entre propriétaires, architectes et élus locaux, la construction sur- mesure, le traitement au cas par cas organisé à l’échelle communal, le rétablissement de filières courtes du bâtiment.

Les résultats : l’émergence d’une filière de construction en mode « circuit- court »

D’après les entretiens, 6 ménages sur 10 sont prêts à imaginer la construction d’un voire deux logements supplémentaires sur leur parcelle dans un avenir proche, soit bien plus que les besoins en logements de la plupart des communes, et ceci sans engendrer aucun étalement urbain. L’approche BIMBY démontre qu’il est possible de créer une nouvelle filière du développement urbain, initiée par les habitants eux- mêmes, qui par le partage parcellaire de leur propre terrain peuvent contribuer au renouvellement des tissus pavillonnaires existants. Au terme du programme de recherche-action, de nombreuses collectivités et organismes ont rejoint le projet et contribuent à disséminer le modèle BIMBY qui se révèle une contribution pertinente à plusieurs types de politiques publiques : réduction du déficit de logement et lutte contre l’étalement urbain, financement de la dépendance des personnes âgées, réhabilitation thermique des bâtiments existants, politique de logements à coûts abordables, etc.