Territoires en résidences : retour sur site
Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorieLe postulat des résidences que nous conduisons depuis début 2009 est qu’il est possible, en quelques semaines, d’aider les habitants à produire des solutions originales à des problèmes complexes. Mais quand ce travail avec la communauté locale se termine, que se passe t-il ? La situation se transforme t-elle vraiment ? Presque un an après la toute première résidence menée par nos soins, nous étions de retour mardi 23 mars dans le lycée Jean Moulin de Revin, en Champagne-Ardenne. L’occasion de dresser un état de la situation avec le proviseur, Jean-Louis Bruley, de mesurer les évolutions et de rencontrer des personnes présentes l’année dernière. La grève nationale limitant ce jour là le nombre de rencontres possibles, nous avons quand même pu nous entretenir avec différents élèves et professeurs. C’est aussi l’occasion de revisiter cette expérience alors que deux autres résidences sont en cours dans des lycées : au lycée professionnel Croix Cordier de Tinqueux (Champagne-Ardenne) et au lycée Gabriel Fauré à Annecy (Rhône Alpes).

A l’issue de la résidence, nous avions conçu une douzaine de projets avec la communauté du lycée. Nous les avons passé en revue un par un pour faire le point sur leur avancée.
Un projet phare qui tourne : Le campus wall

Le projet est pérenne : deux grands écrans ont été installés et l’organisation s’est consolidée. Un carter et des stickers seront prochainement livrés pour « habiller » les deux installations et terminer le projet. Il est piloté surtout par Sébastien Ossent, le "monsieur informatique" du lycée.
Le dispositif fonctionne bien. Un nouveau "club campus wall" a été créé, et Sébastien leur a donné la charte de fonctionnement mise en place par les résidents.
Les nouvelles annonces arrivent certes au compte-goutte mais les plus anciennes sont bien retirées lorsqu’elles perdent de la pertinence.
Des projets qui suivent leur cours
Nous avions appelé "rencontre avec l’architecte" le projet qui consistait à impliquer les lycée dans la conception du nouveau lycée. Depuis la résidence il y a eu une nouvelle rencontre avec l’architecte Duncan Lewis. Les vues en trois dimensions du lycée on été imprimées et affichées dans le lycée.
Tout le monde est désormais au courant de la construction du nouveau lycée, et personne ne remet plus en cause la véracité du projet…
Par contre le blog qui permettait d’échanger entre l’architecte et les lycées n’a pas été mis en place.
Nous avions appelé "Parcours sportifs thématiques" le projet consistant à découvrir le patrimoine local à travers des excursions sportives. La section "sports" a été mise en place comme prévu. Les élèves font désormais du VTT, du kayak en piscine puis en rivière et de l’escalade. Les parcours d’orientation vont commencer, et un travail va être effectué avec un prof de SVT (sciences de la vie et de la terre) pour identifier des curiosités géologiques ou biologiques.
La rencontre que nous avions provoqué entre les animateurs de la web TV de Revin et les élèves de communication avait été appelé "Mon cours de comm’ en vidéo". Depuis certaines formations ont eu lieu, et des expériences de personnes âgées de Revin ont été filmées et montées par des lycéens.
Des projets transformés
Le lycée engage une réflexion sur l’ "éco-école". Ce qui lui a permis de transformer deux propositions de projet. Le "Club HQE", consistait à mettre en place un groupe d’élèves qui allait suivre le chantier et servir de guide pour des publics extérieurs intéressés par cette thématique. Cette question concerne désormais différents élèves dans le cadre du programme "éco-école" Le "J-1000" qui, lorsque nous nous étions quitté, devait être un écran produit par les filières électro-techniques, et devait décompter le nombre de jour avant la fin du chantier a pris une toute autre tournure. C’est désormais un écran affichant la consommation énergétique du lycée qui devrait sortir des ateliers. Et il sera ainsi facile de comparer la consommation du "vieux" lycée avec celle du "nouveau"…
Des projets abandonnés pour l’instant mais qui pourrait être relancés après notre "piqûre de rappel"
Les autres projets n’ont pas particulièrement évolué. > soit par manque d’intérêt, comme le "jardin aromatique" que nous avions proposé, mais qui sera peut être relancé suite à cette nouvelle visite. Nous avons croisé Cyril Berton, le chef cuisinier à qui nous avons reparlé de l’idée, et en revoyant la "verrière" entre les cuisines et les salles de restauration nous avons évoqué l’idée de l’installer ici. > soit parce que les porteurs de projets que nous avions identifiés ont quitté le lycée. Mourad Ighzernali par exemple, le CPE qui voulait monter le projet "pique-nique autour du carnet de correspondance" a été affecté dans un autre établissement.
D’autres projets ont vu le jour
Qu’est ce qui a changé du point de vue des élèves ? Lorsque nous avons posé la question à certains élèves, leur réponse à été spontanée : "le foyer".
En effet, le foyer qui était pratiquement abandonné ou en tout cas difficile d’accès pendant notre passage à Revin, est désormais ouvert en continu. Les lycéens peuvent s’y retrouver facilement puisqu’une permanence est assurée par de nouveaux employés du lycée.
Repenser le mode d’accompagnement par les services de la Région
Pour Jean-Louis Bruley, proviseur du lycée, l’apport en ingénierie et en méthode a été central dans cette expérience. Certes, les investissements conséquents de la Région au sein du lycée demeurent essentiels, mais l’expérience a montré que l’accompagnement méthodologique devenait tout aussi important. Tous les grands enjeux de la vie au lycée -réussite éducative, citoyenneté, sécurité, éco-responsabilité- appellent des méthodes totalement nouvelles. Or le format des résidences, leur ingénierie légère et créative, la mise à disposition de leviers de communication, la bienveillance vis à vis du risque autorisée par le cadre expérimental, ont contribué à acculturer les "habitants" du lycée à de nouvelles façons de faire évoluer son fonctionnement.









