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Déc 14 2011

Nouvelle bibliothèque, nouveaux usages

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie
Tag : Ile-de-France

Il y avait une bonne énergie collective le 28 novembre au Lieu du design, lors de cet atelier organisé dans le cadre du cycle "Démocratie en réseaux", proposé comme chaque année par la Région Ile de France. Avec François Jégou, de Strategic Design Scenarios et avec l’appui d’Items International, nous voulions voir s’il était possible de sensibiliser en 3h à peine une trentaine de participants (représentants d’associations franciliennes, agents de collectivités, etc) à des méthodes de production collaborative -en l’occurrence, nous avions choisi le "story-telling", à entendre ici comme un procédé de narration de scénario d’usage.

Pour rendre l’expérience crédible, nous avions sollicité le concours de la Bulac : la toute nouvelle Bibliothèque universitaire des langues et civilisations, implantée dans le XIIIe arrondissement, dans un quartier en pleine ébullition architecturale. Marie-Lise Tsagouria, directrice de la Bulac, nous avait confié 3 thèmes sur lesquels faire plancher les participants : l’inscription d’un nouvel équipement dans son quartier, et le rapport avec les publics non-initiés ; la question de l’ouverture des équipements publics la nuit (la Bulac offrant un nouveau service expérimental d’accès aux universitaires de nuit) ; enfin les usages potentiels d’un espace vert aux abords d’un équipement public.

Ces questionnements bien réels nous ont servi de prétexte pour faire travailler les participants par groupes de trois personnes sur des "solutions désirables". Chaque groupe a d’abord choisi de traiter un des trois défis, puis a choisi un personnage parmi une liste de portraits-photos et lui a attribué un profil et des caractéristiques. Il s’agissait alors d’inventer l’histoire de ce personnage, en lui faisant dire de quelle façon il fait traité le défi, quel bénéfice il en avait tiré, et comment il avait été associé à cette solution.

Une fois les gabarits remplis (cf slides), chaque groupe était filmé en train de "jouer" la scène du projet devant un fond cyclo afin d’inscruster ensuite une photo parmi celles prises tout spécialement sur le site de la Bulac quelques jours plus tôt.

7 séquences ont ainsi été produites par les participants :

Séquence 1 "Les milles et une nuits"

Séquence 2 : "De la culture papier, à la culture vivante"

Séquence 3 : "Les déjeuners du conte"

Séquence 4 : "Bular"

Séquence 5 : "Les ateliers philo de la Bulac"

Séquence 6 : "Nos portes aussi sont ouvertes"

Séquence 7 : "Soirées à thème au café"

L’avis de Marie-Lise Tsagouria, Bulac

Ceci n’est pas un laboratoire

Au terme de l’exercice, nous avons demandé aux participants : "et si ce type de méthode était utilisée de façon systématique par la Région et ses partenaires ?" Et s’ils se dotaient ensemble d’une fonction "recherche-action", ou d’un laboratoire d’innovation sociale et de design de service ?

Dans leurs réponses, les participants transcendent l’idée d’un simple laboratoire et dessinent les contours d’un possible projet :

  • Au préalable, la démarche part d’une participation "en crise" (des instances en mal de renouvellement, institutionnalisées, etc)
  • C’est un dispositif dans lequel le protocole disparaît, et qui mobilise élus, techniciens-agents, usagers ; il repart de l’existant, dans les territoires et les publics les plus éloignés ;
  • L’objectif est de recréer un lien direct entre "ceux qui produisent les politiques publiques et ceux qui les utilisent", de co-produire l’objet public, de "partager le code source des projets", de "faire accoucher l’innovation" ;
  • L’objectif est de mieux concevoir les politiques publiques, et la "participation y est pragmatique"
  • Il existe un "droit de saisine" du dispositif, chacun peut s’en saisir
  • Les méthodes utilisées permettent de changer de posture, de réapprendre l’écoute, de promouvoir "l’écoute-action" ; c’est aussi un producteur de "controverses réelles"
  • Son statut est intermédiaire, à la fois interne et externe ; il rend visible "l’invisible de la gestion"

Un exercice trop court pour produire des résultats et des enseignements robustes... mais la démonstration qu’il est possible de produire facilement une bonne mobilisation collective autour de sujets concrets. Marie-Lise Tsagouria n’était pas la moins surprise, de voir surgir toutes ces idées certes hors-sol, mais réalistes et inspirantes... L’occasion également de montrer qu’il est possible de se former collectivement à des méthodes participatives, sans devenir des experts... on recommence quand ?


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