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Oct 21 2009

La maison des cultures professionnelles, un espace de transversalité dans l’action publique ?

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Divers
Tags: centre , Développement local

Juste en face de la gare de Vierzon, se dresse un ancien bâtiment industriel converti en lieu multi-disciplinaire : La Maison des Cultures Professionnelles.

A l’entrée, pas d’accueil, mais une série de petites cabanes

A l’origine, ce bâtiment accueillait l’usine CASE qui avait pris la suite de "la Société Française" et qui a fermé définitivement ses portes en 1995. C’est à cette époque que la Ville de Vierzon décide de créer un lieu où puissent se croiser les demandeurs d’emploi, des créateurs d’entreprise, des dirigeants d’entreprise, des personnels en formation, … Aujourd’hui différentes associations de développement territorial et d’accompagnement au public, cohabitent au sein de plusieurs préfabriqués dans cet immense hangar. Ce sont autant de bureaux qui accueillent un point information jeunesse, une mission locale, un point cyber, la communauté de communes avec différentes missions : communication, environnement… On peut également y trouver une pépinière d’entreprise, et encore plus étonnant, une collection de tracteurs anciens, entreposés dans le fond du hangar, attendant d’être installés dans un musée. Au total ce sont plus d’une soixante de personnes qui travaillent dans ce lieu étonnant.

D’emblée on est attiré par le mélange des genre. Le nom de "culture professionnelle" l’annonce déjà, mais la disposition des bureaux comme des maisons autour d’une rue centrale, renforce cette impression que tout est possible. Car, pour une fois, on peut vraiment identifier les différents bureaux en un coup d’œil juste en ce promenant dans cette "rue" centrale.

L’animatrice de l’espace numérique souligne pourtant qu’il n’y a pas vraiment d’échanges entre ces différents organismes. "De l’extérieur ça a l’air d’être un beau projet de tous nous mélanger, mais la cohabitation n’est pas toujours facile. Par exemple, quand les gars bricolent sur les tracteurs, et que nous, on travaille avec les enfants sur les ordinateurs, on n’arrive plus à se concentrer."

"Un tiers lieu ?"

Situé en face de la gare, ce bâtiment bénéficie pourtant d’un potentiel important, par exemple dans l’accueil de personnes en transition entre leur domicile et leur bureau. Des possibilités multiples se dessinent pour construire des projets interdisciplinaires : entre numérique, économique, environnemental, social, culturel… En écoutant quelques uns des "habitants" de ce presque "tiers lieu" se pose la question de la construction de ces projets interdisciplinaires. Comment faire de ce lieu une opportunité de croisement plutôt qu’une difficulté à vivre ensemble ? N’y aurait-il pas là une façon de répondre au besoin de "guichet unique" souvent invoqué par les Régions ?

Jun 16 2009

Les barrios tentent la voie du projet collaboratif, version 2.0

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Aménagement , Démocratie , Développement local , légalité , technologies de l’information

Comment mener un projet de politique publique dans des territoires où l’urbanisme et l’économie se sont développés de façon complètement anarchique ? Le 11 juin, à la bibliothèque francophone de Second Life, Sylvain Maire et Simon Sarazin, deux bénévoles français ont raconté « Colibri » le projet qu’ils mènent depuis deux ans dans les Barrios de Caracas, au Venezuela. Le projet Colibri est mené avec l’association Colombbus, qui implante des centres de formation aux technologies de l’information dans ces quartiers. Le principe : mettre en place une plate forme informatique collaborative de politique publique, où, par exemple, le plan cadastral ou le recensement se feraient avec les habitants, qui seuls, détiennent ces connaissances. « C’est un projet en prise directe avec la population et avec leurs représentants les plus proches les conseils de communes, qui sont des anciens, implantés dans le territoire » insistent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Etape successive, Colibri deviendrait l’outil « qui permettrait aux structures locales de présenter leurs projets au ministère concerné, et obtenir les financements nécessaires ». Cela dit, de l’état des lieux à la réalisation, il y a un monde, reconnaît l’équipe de Colibri.

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Réunion au couleurs de Colibri, sur SL

Légalité et implication Les questions liées à la collecte des données personnelles, vu des barrios, semblent pour l’instant presque surréalistes, même si l’équipe de Colibri entend y prêter attention. « Le problème des barrios, c’est celui du silence qui s’abat sur eux ». Exemples : la police qui n’intervient pas, le flou sur la légalité …. Connaître le territoire, ce sera mettre à jour toute l’économie illégale qui y sévit. « Tout le monde sait qu’il y a une occupation illégale des sols. Il s’agira de les rendre visibles, pour rendre les parcelles légales pour ceux qui les occupent depuis longtemps. C’est tout l’intérêt d’avoir un cadastre ce que permet de faire Colibri, le gouvernement avait voulu le faire » soulignent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Autre aspect – non négligeable » du projet, le développement de projets qui répondent réellement aux besoins des habitants, et l’implication de ces derniers, rassurés quant à la réalité des projets : Colibri « permet à la population de suivre et de vérifier l’avancée des projets, de se sentir impliquée » expliquent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Colibri pourrait aussi servir à développer d’autres pratiques comme les systèmes d’échanges de services entre les habitants, suggèrent les participants à la réunion.

Un projet pour tous ? Pour l’instant, l’équipe cherche 40 000 euros, pour le déploiement de la plate-forme, ainsi que des compétences, notamment sur les mécanismes de la participation. Le gouvernement vénézuélien s’est montré « encourageant », mais n’a pas fourni de financements. La plate forme Colibri pourrait être adaptées à d’autres endroits, notamment en Amérique latine, d’après ses concepteurs. Il pourrait se révéler également extrêmement riche en enseignements pour les autres territoires, plus développés. Paradoxalement, la faiblesse de la structure publique dans ce pays pourrait permettre un déploiement maximal du potentiel de transparence et de participation des tics, donnant naissance à des formes de gouvernance inédites.

Avr 28 2009

Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville

Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...

2040 : la vie de 6 ch’tis en images

Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Félix Compère à la planche à dessin - Un studio d'enregistrement improvisé à la Cantine

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Avant et après : Arnaud, conducteur de Dirigeable Express Régional en 2039

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?

Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale

Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.

Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !

Avr 23 2009

Le développement local italien mise sur les individus

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Créativité , Développement local , Europe , Innovation , technologie

Projet numéro 1 : confier les touristes à des « anges gardiens », les habitants de Naples, ville qui séduit mais impressionne… Projet numéro 2 : proposer aux vacanciers navigants d’acheter dans un endroit convivial basilic et les autres aliments produits localement, lors d’une escale dans le port de la Spezia, puis repartir avec les recettes associées…

La base : des individus

Quelques 85 projets prennent aujourd’hui corps sur Kublai, un réseau social sur internet, mis sur pied par le Ministère pour le développement de l’économie italien, en mars 2008. L’objectif consiste à faire émerger les initiatives susceptibles de participer au développement local. Avec un parti pris : « nous nous adressons à des personnes » insiste Alberto Cottica, project manager de Kublai. Concrètement, « nous aidons les porteurs de projets à définir précisément leur idée, à identifier les ressources nécessaires, et à « avoir fait les comptes » même si le projet n’est pas forcément rentable au sens strictement économique, s’il comporte une valeur sociale, par exemple. Mais nous ne voulons pas les formater »complète-t-il. Une fois le projet bien défini, l’équipe de Kublai le présente auprès d’entités publiques ou privées qu’il pourrait intéresser. En revanche, pour éviter d’attirer des projets raclette à subvention, les financements directs ne sont pas prévus.

Kublai Une communauté et des experts

« La véritable richesse de Kublai tient dans la capacité auto-organisatrice du groupe qui s’est créé » d’après Federico Bo, un ingénieur informaticien. Lui même fait partie du « team » d’un projet et apporte des aides ponctuelles à quatre autres. Et ainsi de suite…De fait, une véritable communauté s’est constituée : 700 personnes constituent les unes pour les autres un vivier de compétences (informatique, créativité, design, artistes….). Ce système «  permet une accélération des collaborations entre les individus. Autrement, cela serait beaucoup plus compliqué » témoigne Federico Bo. S’y ajoute l’expertise du Ministère, qui informe, par exemple, sur les possibilités de financement des projets. Au total, deux personnes à plein temps animent le réseau, aidées d’une petite dizaine de membres de la communauté, dont les interventions ponctuelles et bénévoles, sont à présent rémunérées. Et les interactions passent par tous les canaux jugés utiles : la plateforme du réseau social elle même, Second life…

Les collectivités locales s’agrègent

C’est tout à fait volontairement le « laboratoire pour les politiques de développement », une microstructure du ministère pour le Développement économique, qui permet de décider et de financer des projets de manière souple, a choisi de baser le projet sur les initiatives des individus. Marco Magrassi, l’un des commanditaires du projet Kublai au sein du ministère, souligne les difficultés de travailler sur une logique de partage dans les administrations, et ajoute : « Maintenant que le projet Kublai est bien assis, nous élaborons des protocoles d’accord avec des collectivités locales qui veulent en bénéficier ». Des régions sont sur les rangs. La ville de Modena a déjà franchi le pas. Bref, avec un investissement de 300 000 euros sur un an, Kublai a réussi le pari de constituer une communauté foisonnante de projets, dispersée sur le territoire national. Aujourd’hui, les premiers projets sont entrain d’être présentés à de potentiels partenaires, à Milan et Naples. Seul souci, des zones géographiques restent vides de projets, notamment dans le sud de la péninsule. Or, parmi les objectifs du projet figure le développement du Mezzogiorno. «  Le réseau social se déploie de façon autonome. Nous ne le maitrisons pas. Nous allons essayer de le faire connaître dans ces endroits » admet Marco Magrassi. L’invention de nouveaux outils de politique publique ne se fait pas en un jour.

Avr 17 2009

Rencontre avec les animateurs des Pactes Locaux

Billet publié par Stéphane Vincent
Tag : Développement local

Rencontre très intéressante avec les animateurs du collectif des Pactes Locaux, qui vise à "dégager les principes et les méthodes d’un développement local mobilisateur suscitant des territoires vivants", avec quatre objectifs : Augmenter la cohésion sociale, la solidarité, la qualité de la vie démocratique ; Transformer la conception et l’exercice du pouvoir ; Révéler des capacités ; Contractualiser une concertation effective.

Comme me l’explique Martine Théveniaut, qui a pris contact avec moi, notre rencontre fait partie d’un exercice qu’affectionne particulièrement les membres du collectif : repérer des acteurs, et organiser des réunions informelles, dans toutes les régions. Notre conversation tournera d’ailleurs autour de nouvelles formes d’intervention locale et de l’innovation territoriale.

Petite présentation des participants :

Martine Theveniaut est déléguée générale des Pactes Locaux*, et participe au comité de pilotage de Lux’09, une manifestation internationale consacrée à l’économie sociale et solidaire et qui réunissait 700 personnes en avril dernier.

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France Joubert, ancien secrétaire régional de la CFDT Poitou-Charentes, est l’un des principaux créateurs des groupements d’employeurs (Ils sont 5000 en France et regroupent 35 000 salariés), créés en Poitou-Charentes et qui devraient connaître une nouvelle jeunesse avec la crise. Il préside le tout nouveau Centre Européen de Ressources des Groupements d’Employeurs.

Alain Laurent est consultant, spécialiste du tourisme responsable. Il intervient en France et dans le monde entier sur de nouveaux modèles de tourisme "durable".

Bruno Racine est l’un des animateurs des clubs "Partenaires pour Agir". Agissant à l’échelon interrégional, les Clubs « Partenaires pour Agir » sont ouverts aux représentants des collectivités territoriales, aux acteurs de l’entreprise, des réseaux associatifs, des réseaux d’expertises et de l’éducation, aux représentants de l’Etat, aux professionnels et militants du développement local … Pour eux, ils sont un outil d’aide à la décision et à l’action.

Judith Hitchman, enfin, est irlandaise, elle parcourt l’Europe pour découvrir de nouveaux modèles de développement local.

Avr 13 2009

Région Ile-de-France : les associations à la rencontre du numérique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Associations , Citoyenneté , Démocratie , Développement local , Ile-de-France , Paris , Quartier , solidarité , Ville , Web2.0

La Région Ile-de-France organisait en novembre dernier une journée dédiée au rôle nouveau des outils et médias numériques dans la vie des associations franciliennes. Près de 500 personnes y assistaient. Les actes viennent seulement d’être mis en ligne, mais cette attente est bien récompensée par de nombreux comptes-rendus, photos et vidéos de cette journée très dense.

L’atelier que j’animais portait sur l’irruption des outils numériques dans le débat public. Plusieurs témoignages (Bondy Blog, la Télé Libre, Christophe Grébert) convergeaient pour montrer à quel point l’autonomie des habitants et citoyens (la "capacitation" dont Philippe Aigrain se fait l’écho) pouvait aujourd’hui passer par la maîtrise du langage audiovisuel et numérique, la capacité à s’exprimer via un blog ou un podcast, et qu’il y avait là le terreau de nouveaux projets collectifs. L’un des rôles possibles pour la Région pouvait alors consister à encourager, démultiplier par tous moyens -en particulier à travers le tissu associatif- cette capacité des habitants franciliens, à bloguer, filmer leurs vie, leurs aspirations, leurs problèmes.

Les participants à cette table ronde : Dorothée Browaeys, Vivagora, qui a pour objectif de promouvoir une culture de débat sur les questions scientifiques et techniques ; Céline Braillon et Bruno Lestienne, Adels, lieu d’échange et de propositions pour le développement de la démocratie locale ; Nordine Nabili, directeur de l’agence Proxiprod et rédacteur en chef du Bondy Blog ; Olivier Blondeau, sociologue, étudie les usages de l’Internet et plus précisément, les usages politiques et militants du réseau ; John Paul Lepers, directeur de l’Information de La « TéléLibre », télévision citoyenne sur internet ; et Christophe Grebert, animateur du site "webcitoyen", qui vise à défendre le droit d’expression et à favoriser l’émergence du débat public dans les villes françaises.

A noter ce site, "Projets citoyens", créé dans le prolongement de cette journée par la Région Ile-de-France et destiné à mettre en réseau et capitaliser l’ensemble des efforts mis en oeuvre par les associations franciliennes.

Avr 6 2009

Courage, impertinence et hybridation des lieux : les clés de l’innovation publique par Luc Gwiazdzinski

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Développement local , Formation , Innovation , Politique publique

Logiques de réseau qui heurtent les logiques de territoire, désynchronisation des temps et éclatement des lieux … Luc Gwiazdzinski, géographe, pointe ces tendances lourdes en conséquences pour les politiques publiques. Maitre de conférence à l’Université Joseph Fournier de Grenoble, il est l’auteur de différents livres, comme « La Ville 24 heures sur 24 », ou encore « Les villes malléables », contribution à l’ouvrage « Futur 2.0 ». Impossible de citer toutes ses activités. Sortant du cadre de la recherche pure, Luc Gwiazdzinski a, par exemple, fondé en 2001 une « Maison du temps et de la mobilité », à Belfort. Comment doivent innover les politiques publiques pour s’adapter à cette nouvelle donne ? Premiers éléments de réponse de Luc Gwiazdzinski, en préparation du comité d’orientation de la 27 e région.

Du courage et un nouveau regard

«  Il y a du courage à avoir. L’innovation, c’est l’obligation de prendre des risques ». C’est d’abord en adoptant une posture nouvelle que les pouvoirs publics peuvent parvenir à piloter les changements sociétaux, pour Luc Gwiazdzinski. Car il faut faire du territoire « un lieu où l’on se rencontre ». Et il revient au politique de mettre en place les conditions de l’échange. « Aujourd’hui, il y a un manque d’enthousiasme parmi les acteurs du développement local. Il faut donner aux politiques publiques les moyens de se régénérer » estime Luc Gwiazdzinski. Car l’innovation passe par un regard nouveau, l’exploration de nouveaux champs. :« La question du temps est importante et pas seulement celle de l’espace. C’est à la mobilité qu’il faut s’intéresser, et non aux transports. Et il ne faut pas oublier le numérique… ». Une réforme du CNFPT , permettant aux agents de la fonction publique territoriale d’appréhender ces nouvelles logiques, faciliterait cette transition. Il s’agit également de se donner les moyens, en se dotant, au niveau régional, par exemple, d’une fonction recherche et développement, qui dispose de réels moyens de mener des expérimentations, d’agir.

Des plates-formes d’innovation

L’innovation ne passe pas seulement par un changement du regard, mais par une modification profonde de la gouvernance, par « la mise en place de processus d’intelligence collective ». Concrètement, il s’agirait de « plates formes d’innovations multi-scalaires, capables de croiser l’observation et la sensibilisation, la co-construction, et l’expérimentation, y compris en utilisant l’expertise citoyenne, et pas seulement celle technique » estime Luc Gwiazdzinski.. Le design serait mis à contribution pour rendre les projets attractifs, pour construire de véritables espaces de dialogue. Car, c’est un fil rouge dans les propos du géographe, l’innovation passe par le brassage. Il faut croiser le public et le privé, le central et le local, il faut laisser une place aux créatifs, artistes compris. Le géographe croit à l’importance des « lieux hybrides » et des « personnes », quel que soit leurs champs de compétence. « Dans les régions, il faut identifier les personnes qui ont envie de construire, dans tous les domaines, et bâtir un dispositif simple pour les accompagner, leur donner la possibilité de déployer leurs projets sur la durée. L’impertinence doit être valorisée » conseille-t-il. Si les territoires ont tout intérêt à échanger entre eux, le rôle de l’Etat n’en disparaît pas pour autant. Bien au contraire. La Diact devrait exercer un véritable rôle d’aménagement du territoire, notamment pour traiter le sujet de l’étalement urbain. Et elle pourrait mener une politique de labellisation de ces plates formes d’innovation, afin de systématiser les initiatives.

Avr 5 2009

Le territoire, en création permanente

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Créativité , Développement local , Innovation , prospective , rural

Petite balade du côté de la Plaine Saint-Denis ce samedi 4 avril. Je croise des gens qui convergent vers le stade de France (où Clermont va l’emporter de peu au rugby contre le Stade français, 21 à 19), et je passe de l’autre côté de la station RER ; je vais assister à l’après-midi de clôture d’un colloque sur la création et les territoires (Ethique et mythes de la création, du 2 au 4 avril) organisé dans le cadre de l’année européenne de l’innovation et de la créativité par la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord et par le Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines.

La journée est animée par Léa Longeot (directrice de Didattica, que nous recevons le 21 avril à la Cantine) et par l’infatigable Jacky Denieul (Institut Atlantique d’Aménagement des Territoires).

Dans cette drôle de journée, dans un contexte un peu inhabituel pour moi, pleins de choses surprenantes et passionnantes.

Laboratoire communal, en Poitou Charentes.

Tout d’abord, je peux enfin mettre un visage sur Gabriel Lucas, directeur du Nombril du Monde, qui se tient tous les deux ans à Pougne-Hérisson, commune microscopique (mais Ô combien centrale, comme son nom l’indique !) des Deux-Sèvres. Il vient présenter le travail qu’il conduit dans le cadre de ce festival, né de la rencontre d’un artiste et d’une population il y a une vingtaine d’années. « Il faut le croire pour le voir », tel est l’adage du projet et un des fondements du projet artistique, considérant que, au delà des choses en elle-même, le plus important est le regard que l’on porte dessus.

(Au passage, toujours en Poitou Charentes mais sur un registre totalement différement, Christine Dion du service Economique de la Région Poitou Charentes, me rappelle que c’est aussi en Poitou Charentes, à Mouthiers sur Boëme, que deux frères industriels, font parler d’eux après avoir créé une webschool en interne, en partie pour maintenir le nombre de salariés, en partie pour l’aider à se former à des usages innovants sur internet. Jean-Michel Billaut rédigé un billet sur cette entreprise, Lippi.)

L’utopie est réalisée, elle se trouve en Picardie.

Il est toujours bon de s’entendre rappeler que rien n’est vraiment nouveau, et que les idées les plus audacieuses ont déjà été mises en oeuvre. Dans un brillant plaidoyer pour "modéliser la révolution", Emile Noël, président du festival des Hivernales et vice-président de l’Institut Charles Cros, a rapidement évoqué le projet du familistère de Guise, né du cerveau génial du patron des usines Gaudin. Insensé mais passionnant.

Ca bouge du côté des méthodes

Décidément, il se passe vraiment quelque chose du côté des méthodes et de l’ingénierie des projets publics. Hugues Bazin et Elise Macaire vont finir de m’en convaincre.

Hugues Bazin est chercheur indépendant en sciences sociales depuis 1993, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en anthropologie et en sociologie. Les expressions qu’il emploie dans son travail de recherche action sur les territoires me rappelle furieusement nos premières expérimentations en résidence : il travaille sur des "parcours d’expériences", parle "d’espace réflexif", "nouvelle cartographie des lieux et des ressources humaines", "un autre rapport entre local et global, proximité et distance, public et privé, particulier et universel".

Dans sa volonté farouche de redonner la main aux habitants sur les questions architecturales et urbanistiques, Elise Macaire (Didattica) résume merveilleusement ce qu’elle nomme "l’écosophie" : "Des associations regroupant des architectes avec notamment des sociologues, des géographes, des urbanistes et des artistes (comédiens, plasticiens,…) mettent en avant des démarches alternatives au processus traditionnel d’élaboration du projet architectural ou urbain. Elles privilégient des interventions sur les petites échelles permettant une maîtrise plus importante des habitants sur le projet. Ces collectifs réalisent un idéal de pratique démocratique qui s’appuie à la fois sur une économie des savoirs fondée sur la transversalité comme méthode d’intervention et à la fois sur une écosophie, une sagesse de l’habiter prise dans des bricolages processuels et des espaces relationnels."

Sylvie Dallet, fondatrice de l’Institut Charles Cros, rappellera quelques invariants de l’approche créative : la culture du risque, le refus du mode binaire, l’expérience née de la rencontre, se changer en échangeant avec les autres...

Pour finir, visite de l’exposiition "Rroms : entre stéréotypes et connaissances", et chants en grec ancien... décidément, une drôle de journée...

Les surnoms donnés aux rroms dans le monde

Avr 3 2009

l’interterritorialité, nouveau design des territoires

Billet publié par Romain Thévenet
Tags: Aménagement , Développement local , prospective

Rencontre avec Martin Vanier dans le cadre de la préparation au comité d’orientation.

Afin de préparer le comité d’orientation du 23 avril, je rencontrais ce matin entre deux trains, Martin Vanier, géographe et professeur à l’Institut de Géographie Alpine de l’Université Joseph Fourier de Grenoble. Il dirige actuellement un groupe de travail sur l’interterritorialité dont la 27e Région est partie prenante.

L’interterritorialité

En guise de préambule, Martin précise tout de suite : "La question des relations entre les territoires va bien au delà d’intercommunalité qui n’est qu’une réponse au problème du découpage communal." Il m’explique le besoin de son groupe de travail d’inventer le terme un peu barbare "d’interterritorialité". Cette fonction n’existe pas aujourd’hui, personne ne sait donc comment l’appeler ! Elle décrit non seulement les relations entre les territoires, mais aussi les relations entre les territoires et les opérateurs de réseaux. Pour l’instant, il n’existe pas de règles de coordination avec eux (par exemple la SNCF pense sa construction de façon autonome, et indépendamment des territoires). La discussion aujourd’hui de son groupe de recherche s’articule surtout autour de l’INTER-territoire mais il y a d’autres INTER à inventer…

Martin Vanier m’explique ensuite qu’après vingt ans de décentralisation, la gouvernance a évolué, mais qu’elle n’a finalement que reproduit la centralisation qui était nationale pour construire une centralisation a petite échelle (sur le département, sur la commune etc.) La suite de cette évolution doit désormais être la capacité de toutes les entités de gouvernance locale (Communauté urbaine, Région, Métropole…) à interagir et à produire du collectif ensemble. Ces structures doivent se rencontrer pour partager un financement, une conception de service, un cap commun et produire du projet collectif. Il précise que "Pour l’instant cette évolution n’a pas été pensé parce que c’est l’Etat qui s’en chargeait. Le problème est que l’Etat délègue les fonctions, mais qu’il n’invente pas la coordination des structures autour de ces fonctions."

Cette évolution qu’il propose passe par une recherche de l’efficacité dans les liens entre élu, technicien et citoyen. Ce qui amène à repenser ces différents rôles :

L’élu

Selon Martin Vanier, "L’élu est aujourd’hui encore "le puissant" d’un territoire". Alors même qu’il est désigné pour construire la coordination avec les autres territoires, il continue à se présenter comme un "pseudo-souverain" gérant le territoire. Il est donc nécessaire de faire évoluer le mandat territorial. La notion de pouvoir doit désormais être attaché à un réseau, plus qu’à un territoire. Parce que les différents échelons de gouvernance territoriale se livre encore une bataille des compétences, on reste sur une obligation du périmètre. Cette obligation devra évoluer pour permettre aux élus d’être des élus interterritoriaux.

Les agents techniques

Pour lui, les fonctions d’agents territoriaux doivent évoluer également. Il est nécessaire d’inventer des administrations de mission, et non plus de compétence. Cette administration doit s’inventer lieu par lieu, pratique par pratique, projet par projet. On voit déjà des exemples se dessiner par exemple dans "la maitrise d’œuvre urbaine sociale". Ces maîtrises d’œuvre ont été constituées comme des petits groupes administratifs dont les membres viennent des différentes communautés de communes et de l’agglomération. Chaque échelle territoriale met à disposition quelques-uns de ses agents pour construire cette maîtrise d’œuvre commune. Martin Vanier insiste donc sur la nécessité de développer ces administrations de mission. Par exemple à la 27ème Région nous travaillons beaucoup en ce moment sur comment réinventer l’objet lycée. C’est en effet un investissement public à forte capacité d’accueil. Mais pour Martin Vanier, on ne pourra faire évoluer ce lieu qu’à condition d’opérer un décloisonnement des différentes directions "lycée", "transport" à la Région et du Rectorat. Il faudrait alors créer une identité qui pourrait s’appeler "administration de mission lycée" et qui combinerait des agents de la Commune où est implanté le lycée, de la Région et du Rectorat. Ainsi pourrait se mélanger les différents points de vue et construire une vraie coordination administrative. Les administrations ont aujourd’hui entre leur main cette capacité de réinventer leur action, à condition de décloisonner leurs champs d’actions.

Les citoyens

Pour Martin Vanier, le citoyen doit lui aussi prendre part à cette évolution. Il n’est pas en avance dans ce changement par rapport aux autres mondes (techniciens et élus) mais il devra lui aussi faire évoluer son action. On ne peut se contenter ni de la citoyenneté locale, ni du militantisme à grande échelle, mais il faut combiner une action à ces deux échelles. ATTAC par exemple a pointé cette évolution depuis longtemps avec son slogan "Agir local, penser global". On commence par ailleurs à entendre aussi cette prise de conscience dans les conseils de développement. Les membres de ces conseils se rendent comptent qu’ils sont citoyens de différentes échelles et que leur rôle de conseil de développement est d’aller chercher de l’innovation, avec les autres territoires (le pays d’à côté, l’agglomération proche etc.) Les citoyens ne peuvent plus seulement représenter la citoyenneté d’une seule entité territoriale. D’autre part, la pensé du développement durable a permis de prendre conscience de la nécessité d’avoir une citoyenneté à la fois locale et planétaire. (Exemple du plan climat-énergie qui s’attache au niveau locale à l’isolement des bâtiments, et à un niveau plus global à considérer des engagements internationaux). Martin Vanier concède avoir moins investit cette dimension citoyenne dans la réflexion qu’il conduit, mais il pense qu’il est intéressant de considérer ce "trépied" Élu, Technicien, Citoyen dans cette évolution et de définir l’investissement de chacun des trois monde.

Différents scénarios prospectifs de l’interterritorialité

A la fin de son livre : "Le pouvoir des territoires" Martin Vanier nous livre quatre dispositifs prospectifs de l’interrterritorialité. Il nous les résume ici :

  • Un chemin fédératif : Ce premier scénario décrit un chemin horizontal où le pouvoir de coordination ne serait pris par personne, mais serait l’obsession permanente du "trépied". Chacun des protagonistes du territoire construirait pour articuler l’action. L’idée est de revisiter l’idéal fédéraliste pour qu’il soit plus coordinatif.
  • La coordination : la coordination de l’action territoriale, c’est la ressource politique, ce qui implique qu’il puisse y avoir une bataille quant à la prise de pouvoir de la coordination. Qui a le pouvoir de la coordination ? L’État ? un consortium de territoire ? L’Europe ? Sans pouvoir déterminer qui se dotera de ce pouvoir de coordination, on peut imaginer là un enjeu important. Ce deuxième scénario est en réaction au premier. Martin Vanier d’ajouter : "Le politique, c’est de la lutte de pouvoir, la bataille de l’interterritorialité risque donc de s’opérer !".
  • L’interterritorialité se dissout dans la gouvernance des opérateurs de réseaux : Polyvalence, pluralité des usages, les gestionnaire de mobilité, d’information, prennent pourraient prendre en charge cette interterriorialité nécessaire. Est-ce que ces opérateurs seront privés, publics, un peu des deux ? En tout cas, ils s’exonèrent des relations avec les politiques. A partir du moment où les citoyens sont devenus des usagers des réseaux, ils pourraient fabriquer de la citoyenneté de ces réseaux, et peut être s’organiser pour être habitant des réseaux. Des nouveaux représentants pourraient les défendre sur ces réseaux. L’inverse peut exister aussi, avec un pouvoir des opérateurs sans contre-pouvoir citoyen avec les risques "Big Brother" qui peuvent exister.
  • L’échec de l’interterritorial : Une probabilité d’évolution territoriale est enfin une forte différenciation entre ceux qui avec un des trois scénarios décris précédemment, réussissent à construire leur "interterritorialité", et ceux qui n’y arrivent pas parce qu’ils se tourneraient vers un "mono-territoire" avec un replis identitaire. Martin Vanier nous décrit déjà une différenciation entre les territoires qui perdent cette capacité à faire réseau, et d’autres territoires qui eux ont réussit. Par exemple cette coordination s’est faire à Nantes avec la complémentarité de l’Agglomération Nantes-St Nazaire et l’Agglomération Rennes- St Malo. D’ici une vingtaine d’années, ces quatre villes seront construites en relation direct avec un aéroport au milieu. Si pendant ce temps Lyon et St Etienne ne surmontent pas leur éternel face à face, la région urbaine de Lyon continuera d’être centrée sur Lyon, la ville, la communauté urbaine… et ne réussira pas, elle à faire la différence en terme de compétititvité des territoires.

Qu’est ce que cette nouvelle "interterritorialité amène comme changement pour les individus ? Selon Martin Vanier, le changement viendra d’abord par les élus, puis par les citoyens, enfin par les techniciens.

Qu’est ce qui change pour moi élu ?

En tant qu’élu, je vais continuer à rendre des comptes dans le cadre du mandat pour lequel j’ai été élu, mais je peux faire campagne en m’engageant sur un lien interterritorial. "Votez pour moi je serai un bon ambassadeur, je serai le maire de l’avec, je constituerai des liens" Cela implique une évolution de la vision qu’ont les citoyens de leurs élus. On ne vote pas juste pour quelqu’un qui soit notre représentant, mais pour quelqu’un qui soit un bon médiateur entre les différents territoires. Le chemin est encore long car aux dernières municipales, par exemple, très peu d’élus ont essayé de porter ce discours là…

Qu’est ce qui change pour moi citoyen ?

Ma vie de citoyen évolue dans les représentations que j’ai de mon élu. Quand ça va mal, je dois accepter, apprendre à lire les systèmes de causalités, et comprendre que ce n’est jamais complètement le maire, complètement le président etc. qui ont le pouvoir de changer une situation. En tant que citoyen, j’apprends qu’un problème n’est pas le fait que d’un élu, mais que les solutions n’existent que par des coordinations (que se soit à l’international ou au local). Je dois continuer mon action de citoyen mais je ne dois pas agir pas à l’égard d’une cible ou d’une autre, mais d’un groupe. Je choisi mon élu non pas par sa qualité de représentant, mais par sa capacité à travailler avec les autres, à construire de la médiation, de la co-élaboration, co-construction etc.

Qu’est ce qui change pour moi technicien ?

Cette évolution change le rôle de Directeur Général des Services, par exemple. Quand l’état lance les OIN, Opérations (urbaines) d’Intérêt National, il met en place un Etablissement Public d’Aménagement : ce dernier est constitué pour la durée du grand projet, il est doté d’une autonomie administrative, et il a un champ de compétence global sur l’OIN. Ce type d’expérience pourrait nous raconter ce que seraient les conceptions adminstratives de demain. Pour l’instant c’est l’Etat qui met en place ce type de structure, mais, selon Martin Vanier, on pourrait rêver de collectivités qui regrouperaient les DGS des différents territoires : de la Ville, de la Métropole, du Département et de la Région. Ils pourraient se regrouper tous les ans, en répartissant un groupe de techniciens délégués pour cette coordination et se saisir d’un objet commun. Ils feraient alors de la conception, de la stratégie, en commun puis pourraient répartir les rôles de chacun.

Une nouvelle fonction, le design de territoire

L’entretien se termine par l’évocation d’un concept qui nous rassemble : la possibilité d’un "design de territoire". Pour Martin Vanier le design de territoire, c’est l’articulation, la coordination, la diplomatie, qui sont autant de forme de compréhension et de maitrise de la complexité. Il prend l’exemple du cerveau, où l’on découvre de nouvelles cellules, pour expliquer que la compréhension de notre cerveau, c’est la compréhension d’un système de plus en plus complexe. Dans l’action publique, on n’arrive pas encore à accepter cette complexité. Ainsi, pour comprendre le territoire, il faut monter en acceptation de la complexité, et de la difficulté à la représenter. Pour que cette complexité soit audible et acceptable, il faut lui donner une forme, une représentation et même une beauté, une esthétique. Le design qui a permis de rendre beau et utilisable la machine industrielle pour la transformer en nos objets du quotidien, doit pouvoir permettre de donner envie de se saisir de cette complexité. Et Martin Vanier de conclure : "Il ne faut pas louper ce rendez-vous culturel avec la complexité, le design doit nous permettre de construire cette rencontre."

Mar 31 2009

Visite guidée pour une résidence à Rennes

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Solidarités
Tags: Bretagne , Créativité , Développement local , Innovation , Quartier , Territoires en résidences , Web2.0

Visite à Rennes aujourd’hui pour déterminer l’opportunité de construire une résidence autour des sujets numériques, au sein de l’association Bug, initiatrice et porteuse du projet "La Ruche".

Voici d’abord le diaporama de présentation du contexte de cette résidence :

Contrairement à d’autres sujets de résidence, le contexte ici est un contexte déjà innovant mais qui arrive au bout de ses capacités d’innovation, faute de temps. La posture des résidents doit se concentrer sur la valeur ajoutée de notre opération : travailler en coconception avec les habitants, usagés ou non de la Ruche, et traitement des questions numériques dans des approches ancrées dans la réalité.

Suite à différentes discutions avec Richard Delogu, le gérant de l’association Bug, nous avions fléché trois types de sujet possible pour une résidence chez eux :
- > l’essaimage de "ruches" : Dans quelles conditions est-il possible de reproduire l’initiative de la Ruche dans d’autre municipalités ?
- > l’openstreetmap : Quelle alternative libre et collective à Google maps, pour géolocaliser les informations de la Ruche ?
- > l’identité numérique : Comment mieux gérer son identité numérique est profiter de la "mission d’intérêt général" de la Ruche pour protéger une partie de ses informations ? Cette première visite a permis d’affiner le choix de ces sujets.

Etaient présents dans les différentes discussions de la journée :

  • Pierre Cahurel du bureau de design Grrr… membre du collectif Pomme Z et Renaud Francou chef du projet Identité Active à la Fing, qui étaient venus avec moi, l’un pour sa vision du "design thinking" et l’autre pour son expertise sur les questions numériques.
  • Richard Delogu directeur de l’agence Bug
    -  Sébastien Sémeril, adjoint au Maire à la ville de Rennes
  • Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la Ville de Rennes
  • Norbert Friant, responsable de la direction TIC à Rennes Métropole
  • et Emmanuelle Botta, chargée de développement territoriale et du dispositif cybercommune à la Région Bretagne.

L’essaimage et l’openstreetmap ne sont, après discussions, des sujets pas assez mûrs dans l’évolution de la Ruche.

De nombreux sujets possibles

Nous avons donc orienté notre discussion autour de l’identité numérique. En effet, La Ruche a la particularité d’être un réseau social "d’intérêt public", où toutes les données personnelles sont protégés et toutes nos traces peuvent être effacées sur simple demande, contrairement aux réseaux sociaux classique. Peut-on se servir de cette plate-forme comme d’un moyen de sensibiliser les gens à l’importance de leur identité numérique ?

Nous avons eu toute une réflexion également sur l’autre particularité qui fait de ce réseau un espace ancré dans la vie réelle, proche des gens et dont les gérant et administrateurs vivent et travaillent au cœur de Rennes. Ce qui permet d’envisager des expérimentation mêlant expérimentation dans l’espace public, et expérimentation sur le web.

Comme nous l’a souligné Richard Delogu, il n’y a pour l’instant que très peu de fonctionnalité sur ce réseau… mais beaucoup sont d’ors et déjà imaginées. Un porte-folio par exemple pourrait être lié à ce réseau social et faire écho à la présentation du porte-folio territorial que nous avions envisagé à Caen.

Une idée qui engloberait toutes ces propositions

Finalement, le sujet principal qui ressort de cette visite est l’idée de définir la Ruche, comme un laboratoire d’innovation numérique et solidaire. Peut être pourrions nous nous servir de ce réseau local, comme un lieu d’expérimentations d’intérêt général, permettant de comprendre les effets d’un réseau social et les liens qu’il entretien avec son territoire. L’équipe de résidents pourrait permettre d’identifier et rencontre les adhérents prêts à expérimenter de nouvelles fonctionnalités en "mode prototype" propre à la résidence. L’équipe de Bug pourrait construire l’espace de ces expérimentation dans un lieu dédié sur la plateforme numérique.

La suite aura lieu lors de la journée de repérage avec tous les résidents, dès que la Région Bretagne sera engagée à nos côtés.

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