La 27e Région, bonne pratique européenne
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionTags: Créativité , Ecole , Europe , Innovation , Politique publique
Le Comité des Régions, la voix des régions européennes auprès de l’Union européenne, vient de sélectionner la 27e Région à l’occasion de l’Année européenne de la créativité et de l’innovation pour son projet "Territoires en Résidences" conduit en partenariat avec SEP (Strategic Design Scenarios - DIS Indaco Politecnico di Milano). La lecture des autres projets retenus (70 au total) est très intéressante. On notera en particulier que de nombreux projets visent à stimuler la créativité chez les jeunes : Valencia Crea (Espagne) auquel ont participé 4000 jeunes depuis 9 ans, "Bollenti Spriti" dans la Région des Pouilles (Italie), des activités créatives dans les écoles d’Helsinki (Finlande) où l’on "apprend en faisant", des séminaires de créativité ("Kreativakademien Niederösterreich") pour les jeunes de 12 à 19 ans dans la Région de Lower Austria (Autriche), la ville de Irun (Espagne) qui met à contribution 1300 jeunes pour produire 350 idées innovantes pour 2020, et last but not least, nos amis de la Région Extremadure (Espagne) avec Initative Joven qui carbure depuis 2004 etque nous avions eu le plaisir de recevoir...
Les projets de cinq Régions françaises sont également retenus : l’incubateur pour entrepreneurs sociaux "Alter’Incub" à Montpellier en Languedoc Roussillon, la Bretagne pour son travail sur les entreprises innovantes, la vallée de l’Image en Poitou Charentes, la démarche Design’In en Pays de la Loire qui sera présentée le 20 avril à Bruxelles, et le pôle Imaginove de Rhône Alpes.
Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
Billet publié par Stéphane VincentTags: Ecole , Espace public , Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences , Vie quotidienne
Direction Annecy, ce lundi 30 mars, pour visiter le lycée Gabriel Fauré, guidés par Emmanuel Delessert, professeur de philosophie, le proviseur Jacques Gaucher, accompagnés de nombreux professeurs et lycéens. Dans notre équipe il y avait Julie Bernard, architecte, Fanny Herbert, sociologue, Jean-Sébatien Poncet, designer du collectif Pomme Z, et moi-même. Nous étions là pour préfigurer un projet de résidence au sein du lycée.

Annecy, c’est 200 000 habitants avec sa périphérie, une ville aisée qui fleure bon les pique-niques au bord du lac et les balades en bordure de canal... C’est en plein centre ville que se trouve le lycée Gabriel Fauré, récemment rénové par la Région Rhône Alpes, à 5 minutes à pied de la gare et à 10 minutes du lac. 1800 élèves (dont 286 en internat) et 300 apprentis en CFA de coiffure, 92% de réussite au bac, 62% de filles, et il faut le dire, une certaine "paix sociale", comme le concèdent rapidement les enseignants.
Autant le dire d’emblée : Gabriel Fauré n’est pas un lycée à problèmes, selon les critères habituels des acteurs publics ou des parents d’élèves. Bon nombre d’établissements de la banlieue lyonnaise ou de la ruralité profonde souffrent de bien d’autres soucis. Alors oui, les espaces sont mal conçus, comme dans la plupart des établissements. Et la communication ne passe pas, comme on l’entend souvent dan la bouche des élèves. Pour autant, le lycée Gabriel Fauré n’a t-il vraiment que des "problèmes de riches" ? Nous n’avions qu’une journée pour en juger, mais nous avons tout de même essayé de lever le voile sur les "vrais problèmes" du lycée Gabriel Fauré...

Des problèmes de circulation et de stationnement
"On manque de place", "on a des problèmes d’espaces", "il n’y pas de lieu de vie bien précis", "on ne sait pas où se poser"... il faut bien dire que quand la sonnerie retentit, même lors de cette journée relativement calme, les couloirs et les escaliers forment subitement des goulots d’étranglement, et l’espace principal se remplit subitement tel un hall de gare les jours de forte affluence. Avec les récréations, c’est à l’heure du déjeuner que le rush est le plus fort, d’autant que le réfectoire du lycée accueille les élèves des établissements voisins : 1200 repas sont servis entre 12 et 14h. Aux étages, les salles de classe sont mal insonorisées : Quand le calme revient dans les espaces communs, profs et élèves peuvent facilement s’agacer d’un rire trop bruyant venu déranger le cours, d’un groupe d’élèves stationnant trop longtemps dans un des longs couloirs.
Dans ce grand vaisseau, il y a à la fois des impasses, et des lieux refuges. Certains espaces sont inaccessibles car situés de l’autre côté de l’internat, fermé aux heures de cours. D’autres espaces sont inexploités, comme cet auditorium assez bien équipé, qui ne sert que 4 fois par an. A l’inverse, le vaste CDI sert de zone de délestage pour les lycéens lorsqu’ils ne savent pas vraiment où stationner : il faut alors y faire cohabiter une population venue travailler, et d’autres venues tout simplement se détendre, trouver un espace calme et des équipements pour se poser, lire une revue, parler avec quelques personnes loin de la foule du grand hall. Il y a aussi l’espace Faure, le foyer des élèves en cours de rénovation à l’initiative de quelques élèves du Foyer Socio-Educatif ; mais il n’est pas chauffé pendant l’hiver, et pour des raisons de sécurité, il est interdit d’en ouvrir les deux grandes portes à battants, ce qui donnerait pourtant un peu d’attrait au lieu à l’approche du printemps. Et puis comment résister à l’appel du centre-ville ? les snacks du quartier l’ont bien compris, et certains ne prennent pas la peine d’ouvrir durant les vacances scolaires.
Les lycéens n’ont pas de difficulté à exprimer toutes les petites choses qui clochent selon eux. Quand l’on donne une caméra à un groupe d’élèves, ils shootent l’affiche un peu fatigué des panneaux du hall, des rangements jugées inutiles dans le CDI, les verrous cassés des WC, les serviettes usagées, le dispositif de sonnerie jugé strident, la porte trop lourde de l’entrée principale, ou encore le baby-foot en sale état...
Le rapport d’étonnement réalisé suite à la visite par Julie Bernard, architecte, et Fanny Herbert, sociologue :
L’info circule mal
Second grand classique, le sentiment que l’échange est difficile, et que l’information ne circule pas : avec et entre les élèves, les profs, l’équipe administrative, etc. Alors il y a bien trois moniteurs (dont l’un est en panne) pour diffuser des messages dans le hall et à l’étage, mais les lycéens n’y ont guère accès les messages sont d’abord descendants. Les panneaux d’affichages un peu fatigués n’attirent guère, et quelques affiches datées seulement y sont encore punaisées. Au fond, c’est à l’occasion d’événements comme la journée Kult (cette année 28 avril), la journée Performance (12 mars) ou la soirée théatre (19 mai) qu’une partie de cette population se rencontre. Lycéens et profs plébiscitent en particulier la journée KULT, moment fort de la vie du lycée, qui mobilise un grand nombre de volontés. Aux commandes de KULT, il y a le FSE, où les lycéens les plus motivés mobilisent toute leur énergie. "La journée porte ouverte ? ah oui, il y a ça aussi..." La journée ouverte concerne surtout les nouveaux lycéens, c’est un peu l’exercie obligé. Et en tout cas, réussir un événement est tout un art. Le vendredi, il n’y aura personne, les gens rentrent chez eux : le mardi est beaucoup mieux.
L’informatique, comme dans beaucoup d’établissements, et dans un "entre deux" : deux salles informatiques sont équipées de 18 ordinateurs chacune, 10 sont au CDI, 5 à l’internat, quelques stations dans les salles de classe... mais il est difficile d’utiliser son propre ordinateur, de trouver de la connexion (pas de Wifi pour l’instant, mais deux prises ethernet à l’espace Faure) et aucune salle n’est officiellement en véritable libre service, faute de médiation ou d’accompagnement, semble t-il.

Comment sortir du "lycée consumériste" ?
Au fond, on a envie de relire les problèmes d’espaces, de communication, ou d’autres encore à la lumière d’un phénomène beaucoup plus profond : le consumérisme adolescent d’aujourd’hui, "qui pousse le lycéen et son entourage a consommer de l’heure de cours, de l’espace, les outils qu’on leur propose, comme on consomme de la télévision ou n’importe quel bien de consommation", comme l’explique Emmanuel Delessert. On peut ainsi obtenir son bac et ses examens sans véritablement se construire en tant qu’individu ni comme citoyen, sans s’engager avec le collectif, sans devenir autonome. Proposer de nouveaux projets ou de nouveaux moyens doit toujours être interrogé à la lumière de cette question, sous peine de satisfaire le seul confort individuel. L’inscription au Foyer Social Educatif pourrait être un levier intéressant... sauf qu’elle est quasiment tacite, étant automatique à l’inscription. Sur les 1400 élèves inscrits, quelques dizaines seulement sont actifs au FSE. Les propositions qui viennent de l’institution se soldent souvent par des échecs : 2 ou 3 élèves se déclarent intéressés par un apprentissage à la BD ; le club lecture s’avère être un échec. Mais comme le signale une professeur de cinéma, accepter de rendre les gens autonomes suppose que l’institution et les profs assument la prise de risque qui va avec : "quand je laisse les lycéens se promener avec la caméra à 5000 euros dans l’établissement, je dois accepter le risque de la casse !".
Quel que soit le thème que nous serions amenés à traiter en résidence au lycée Gabriel Fauré, quel valeur lui attriburions-nous ? Ethique, autonomie ? C’est à ce stade qu’un partenariat avec la Région Rhône Alpes pourrait nous être utile, lorsqu’elle porte comme priorités pour les lycées, la qualité du lycée comme lieu de vie collective (c’est la "Région citoyenne", telle qu’elle s’intitule elle-même), le développement durable, et la conversion des cantines au bio. La Région a également engagé un audit des internats. Tout ceci devrait nous aider à dégager une priorité "exigeante" pour le lycée Gabriel Fauré...à suivre !
100 enseignants tissent le réseau de l’innovation
Billet publié par Anne DaubréeTags: Ecole , Innovation , Intergénérationnel , Lycée , Nord Pas de Calais , Politique publique
Cette année, le « Forum des enseignants innovants et de l’innovation éducative » a refusé du monde. Cette deuxième édition qui s’est tenu à Roubaix, le 27 et 28 mars, était organisée par le Café pédagogique, la Ligue de l’enseignement, Cap canal, et des associations d’enseignants. Et l’événement était soutenu par des acteurs aussi divers que, par exemple, le ministère de l’Education, la région Nord-Pas-de-Calais, ou encore Microsoft. L’ambiance était effervescente, durant des deux jours de rencontres, à en lire le blog du forum. Et, par rapport à la première année, c’était plus de projets présentés, plus d’associations organisatrices et plus de demandes pour assister à ces deux journées : la question de l’innovation dans l’éducation mobilise, en dépit du contexte politique particulièrement bousculé.
Identification des projets innovants A Roubaix, une centaine d’enseignants (dont une dizaine qui venait de Belgique),a présenté des projets innovants, sur des enjeux strictement pédagogiques mais aussi sociaux. Un jury, composé uniquement d’enseignants, et présidé par Philippe Meirieu, chercheur et enseignant en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2 a décerné différents prix. Le projet « Intergénér@tions » a décroché l’un d’eux : les collégiens d’une classe relais de Brest animent des ateliers d’initiation aux technologies de l’information, dans une maison de retraite. Auparavant, ils sont formés à l’Internet et à la formation. « Les projets innovants, ce sont des projets qui sont centrés sur l’élève tel qu’il existe, qui sont liés à des objectifs de connaissance, mais aussi de société, et qui sont transférables. Plus de la moitié d’entre eux exploitent les technologies de l’information, car elles bousculent l’école et font évoluer la relation professeurs élèves », commente François Jarraud, l’un des organisateurs du Forum, et rédacteur en chef du Café pédagogique.

- Ambiance, au Forum, à Roubaix-( photo : le café pédagagique)
Durant ces deux journées, en plus des projets novateurs, des conférences ont présenté des expériences pédagogiques dont l’efficacité a été éprouvée sur le long terme. Exemple : Yves Reuter, enseignant chercheur à l’université de Lille III, a exposé les résultats de l’application de la méthode Freinet dans une école de Mons en Bareuil, située dans un quartier difficile. Cette méthode entend notamment favoriser l’appropriation des savoirs par les élèves en s’appuyant sur le désir d’apprendre et sur la prise de conscience de la démarche d’apprentissage : une méthode qui redéfinit le rôle de l’enseignant.
Amorce de réseau de diffusion Et après ? Que faire pour que ces énergies continuent de fructifier, et que ces projets innovants ne demeurent pas des cas isolés ? Pour François Jarraud, la diffusion de l’innovation dans l’enseignement passe « forcément par la base, même si cela prend du temps et si nous n’avons pas les mêmes moyens que l’institution. On ne fera pas bouger l’école par le haut . L’essentiel de l’événement, c’est que les enseignants tissent des liens entre eux. Ils repartent regonflés, et avec un carnet d’adresse de personnes avec lesquelles ils ont envie de travailler ». Y compris avec l’étranger, éventuellement via des programmes européens comme Comenius. L’enthousiasme était au rendez vous, les outils (liste de diffusion, site internet à nourrir) sont disponibles. Les modalités de leur utilisation, à inventer, sont à présent entre les mains des participants.
Un projet de Résidence à l’Université
Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Education / formationTags: Ecole , Formation , Paris , Territoires en résidences
Discussion aujourd’hui avec Sophie Mahéo, maître de conférence à l’université Paris Descartes et John Augeri, responsable adjoint de l’Université Numérique Régional (UNR) d’Ile de France pour envisager une résidence à l’université.

Les Universités Numériques Régionales sont des regroupements d’universités par régions qui permettent d’apporter des solutions numériques au quotidien des étudiants. L’Université Numérique d’Île de France travaille avec 16 universités de la Région, et le Crous.
John a souligné l’intérêt qu’il portait à la considération des usages dans les actions numériques au delà des solutions techniques. Pour lui il est important de "relocaliser" les usages du numérique dans des lieux réels, ce qui l’a amené à regarder de près des lieux comme la Cantine (qui héberge nos locaux). De ces nouveaux "tiers lieux" dont nous avons déjà eu l’occasion de parler sur ce blog, est né l’idée de concevoir un lieu de ce type à l’université.
"Comment habiter l’université"
L’objectif de la réunion a été, entre autre, de trouver une question qui permettrait de rentrer dans le projet. Nous sommes partis du constat que depuis l’arrivée de l’Internet, les étudiants ont de plus en plus souvent leurs ordinateurs chez eux, et peuvent passer toute une scolarité en ne venant que dans les salles de cours, sans que n’existe vraiment l’opportunité de rencontrer l’Autre, d’envisager des projets communs. Y a-t-il des propositions qui permettraient de donner envie aux étudiants d’habiter l’université ?
Un lieu d’ouverture sur l’extérieur
Autre interrogation : comment provoquer la rencontre entre acteurs de l’intérieur et acteurs de l’extérieur ? Comment créer de l’interdisciplinarité, faire se rencontrer des acteurs différents, au sein même de l’Université et du dehors ? A quoi ressemblerait ce lieu de rencontres informelles entre porteurs de projets, start up, étudiants, professeurs etc… tel que l’ont par exemple créé nos amis du cabinet Iniciativa Joven à l’université en région Estrémadure ?

Une résidence pourrait donc démarrer dans les mois qui viennent dans une des universités, ou encore au Crous, pour travailler avec les étudiants sur ces questions et anticiper sur l’éventuel aménagement d’un nouveau "tiers lieu".
Les enfants romains guident leurs grands-parents sur le net
Billet publié par Anne DaubréeTags: Ecole , Europe , Formation , technologie
Ravis, les « nonni » s’échangent des mails en rafale. Dans la banlieue de Saxa Rubra, au nord de Rome, une vingtaine de personnes de plus de 60 ans, les « nonni », les « grands pères », achèvent leur apprentissage –gratuit- de l’internet, ce mois de février. Les profs ? Ils n’ont même pas l’âge de voter : ce sont les élèves du lycée technique de Calamandrei. Trois mois durant, chaque semaine, ils ont accueilli ces apprentis internautes du troisième âge dans leur salle informatique. Au programme : apprendre à se servir d’un clavier, écrire un texte, surfer, envoyer des mails et se familiariser avec les sites internet administratifs. « Nous avons renversé le principe d’apprentissage entre les générations » commente Cecilia Stajano, responsable du projet chezMondo Digitale, l’association qui a développé « Nonni su internet », à la demande de la municipalité romaine.
En 2003, en effet, la ville s’est inquiétée de ne pas laisser sur le bord de la route numérique les quelques 600 0000 Romains âgées de plus de 60 ans que compte la cité, sur une population d’environ 3 millions d’habitants. Et, depuis cette date, d’après l’association, 6000 « nonni » sont retournés sur les bancs de l’école. 3000 jeunes et 400 enseignants « tuteurs » les ont accompagnés dans leur apprentissage à l’internet, dans 110 écoles, situées dans le centre de la ville, mais aussi dans des quartiers sensibles. Lycéens, collégiens, et même des enfants des écoles primaires jouent le rôle de tuteurs. « Bien entendu, plus les enfants sont jeunes, plus le rôle des enseignants est plus structurant. Les plus petits jouent le rôle d’anges gardiens, et accompagnent les personnes âgées pour s’assurer qu’elles suivent bien les instructions du professeur » explique Cecilia Stajano. Plus les élèves sont âgées, plus les enseignants référents s’effacent.
Les technos pour parler le même langage Tous les participants semblent trouver leur compte dans cette opération. Les personnes âgées, qu’il s’agisse de mères au foyer, ou d’artisans à la retraite, voient leur curiosité satisfaite. « Elles ont envie de se sentir l’égal de leurs enfants et petits enfants, de parler le même langage. De plus, cela leur fait plaisir de se retrouver dans une bonne ambiance » explique Anna Maria Pezzola, enseignante au lycée technique de Calamandrei, à Saxarubra. Par ailleurs, la découverte de certains sites administratifs leur rend un service très concret, leur évitant, par exemple, de se déplacer pour régler des factures. Résultat, « certaines personnes voudraient se réinscrire au cours plusieurs fois. Nous sommes obligés de limiter » commente Cecilia Stajano.
Les élèves, eux « se sentent valorisés, ce qui n’est pas toujours le cas dans le contexte scolaire. Ils sentent qu’on a besoin d’eux. Au début, ils abordent la démarche avec de l’ironie, mais ils se laissent très vite prendre au jeu » juge Anna Maria Pizzola, pour qui les bénéfices du projet dépassent le champ pédagogique. En effet, les liens qui se tissent entre les enfants et les personnes âgées contribuent à « restaurer l’image des écoles dans leur environnement proche » commente l’enseignante. Un sujet sensible, dans ce pays où l’image des très jeunes est noircie une très forte attention médiatique portée au phénomène du « bullismo », un terme qui a été inventé pour qualifier la brutalité émanant des jeunes, avec, par exemple, force vidéos de passages à tabac exhibées sur YouTube. Cette année, Anna Maria Pizzola espère organiser des échanges avec des classes irlandaises. Là bas, ainsi qu’ en Espagne, ou dans d’autres régions italiennes, comme en Ombrie, « nonni su internet » a fait des petits.

- Nonno su Internet
Territoires en Résidences : deux lycées candidats en Champagne-Ardennes
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie AgricultureTags: Champagne-Ardennes , Ecole , Lycée , Territoires en résidences
Cette semaine, visite de deux lycées candidats à l’accueil d’une résidence d’innovateurs, en compagnie de Matthew Marino, designer (et auteur des photos qui illustrent ce billet), Bertrand Rigal et de Sylvain Petit de la Région Champagne-Ardennes, et moi-même. Nous étudions la possibilité d’y mettre en oeuvre une résidence durant le premier trimestre 2009.
Le lycée viticole d’Avize près d’Epernay, tout d’abord. Près de 400 lycéens et apprentis y apprennent les pratiques viticoles les plus récentes pour produire un fabuleux nectar : le champagne ! Les affaires tournent plutôt bien : pour un diplômé, trois offres d’emploi en moyenne.
Mais le proviseur du lycée regrette un déficit de vie social au sein de l’établissement. La configuration de l’établissement actuel, il est vrai, y concourt largement : De nouvelles salles de classes, des étages d’internat, un parking et de nouvelles annexes ont été ajoutés dans le périmètre du bâtiment d’origine (aujourd’hui consacré à l’équipe de direction) sans réflexion ni souci d’améliorer le confort des lycéens et du personnel. Le foyer des lycéens est situé de l’autre côté de la route. Et se repérer dans l’établissement constitue un défi pour le nouvel arrivant…
Le proviseur cherche également à promouvoir une culture participative et expérimentale, mobilisant davantage les lycéens. Une autre grande question réside dans l’intégration de l’informatique dans la vie de l’établissement ; chacun sent bien qu’un nouveau cap doit être franchi, mais l’hésitation est grande, entre libérer l’utilisation de l’informatique, et en encadrer massivement les usages : l’établissement promeut l’usage d’un extranet, mais il n’existe que 4 ordinateurs en libre accès ; les élèves pourraient apporter leurs ordinateurs lorsqu’ils en ont, mais la réticence à l’installation du Wifi est forte ; ou encore, beaucoup de professeurs mobilisent l’informatique dans leurs cours, mais l’unique salle est fermée à clé.

A Revin, au nord des Ardennes, c’est un lycée flambant neuf qui verra le jour en 2013, en lieu et place des bâtiments actuels du lycée Jean Moulin devenus vétustes et inadaptés. Mais le proviseur du lycée et son équipe n’ont pas l’intention d’attendre le premier coup de pioche pour amorcer le travail de transformation des mentalités qui devra accompagner ce grand chantier.

Car les interrogations sont nombreuses, et comme au lycée d’Avize, elles n’appellent pas seulement des réponses d’ordre architectural, mais aussi d’ordre culturel, social, organisationnel, serviciel -toutes interdépendantes. L’accès au lycée et l’ouverture vers l’extérieur sont des enjeux prioritaires : Les lycéens doivent souvent se lever dès 6h pour rejoindre l’établissement… Comment traiter ce problème de transport ? Comment mieux articuler l’établissement avec le centre-ville, distant de plusieurs kilomètres et en contrebas ? Comment améliorer l’accès au lycée et l’organisation des transports ? Comment ouvrir davantage le lycée vers le tissu associatif, économique, vers les parents et vers toute la communauté locale ?

La mobilisation des lycéens, le réechantement de la vie collective au lycée sont d’autres préoccupations majeures, dans un territoire aussi fragile : Comment redonner aux adolescents l’envie de venir au lycée et d’apprendre ? Comment mieux prendre en compte les nouvelles pratiques éducatives et l’irruption du numérique dans la vie des adolescents (voir par exemple ce blog créé par les élèves) ? Comment donner la parole aux élèves, les responsabiliser et les associer à la vie du lycée ? Comment changer les regards ?

La question du temps est apparue essentielle : Où trouver le temps pour recréer du collectif, partager des expériences communes, transcender les disciplines ? Le besoin de décloisonnement transcende toutes les problématiques du lycée : Comment faire tomber les silos de la vie administrative ou éducative ? Les enjeux environnementaux se font également plus pressants : comment réussir la mise en œuvre d’une démarche environnemental, alors que l’application du programme Eco-Ecole n’a pas soulevé l’enthousiasme pour l’instant ?
A Revin comme à Avize, le principe de résidence est perçu comme une occasion, même modeste, d’amorcer progressivement un travail de transformation, de repartir de l’expérience du lycéen pour imaginer de nouvelles façons de vivre le lycée, d’inventer des méthodes nouvelles avec la communauté locale, et d’en tirer des solutions créatives pour répondre aux besoins des lycéens et de la population locale.
L’Espagne devance l’année de la créativité et de l’innovation européenne à Bruxelles
Billet publié par Anne DaubréeTags: Barcamp , Développement local , Ecole , Europe , Innovation , Politique publique , technologie
A noter : Annabelle Favreau viendra tout spécialement à la Cantine, le 3 février 2009, pour présenter les activités de l’agence "Iniciative Joven". Attention, nombre de participants limité à 30 environ - réservez rapidement vos places en ligne.
L’année de la créativité et de l’innovation, qui sera lancée en 2009 par la Commission européenne, a démarré avant l’heure, à Bruxelles. C’est le cabinet « d’initiative jeune » qui s’en est chargé en organisant la "semaine de la créativité". Créé il y a quatre ans par le gouvernement régional d’Estrémadure, en Espagne, ce cabinet explore de nouvelles voies qui favorisent un modèle de développement basé sur la capacité d’imagination et d’innovation des jeunes. Désireux de nouer des coopérations au delà des frontières, le cabinet a organisé cinq événements à Bruxelles, illustrations de ces méthodes inventées -et appliquées- en Estrémadure.
Coffee Break productif
Ainsi, le « coffee break » : une quarantaine de personnes, pour l’essentiel des agents de collectivités territoriales, se sont divisées en groupes de quatre, pour échanger autour de sujets tels que « quel contexte pour favoriser le développement dans notre région ? ». Des experts en réseaux sociaux étaient présents, mais les présentations power point strictement interdits. « Le but de ces rencontres est de mélanger pour mettre en relation et susciter la créativité » explique Annabelle Favreau, coordinatrice des relations internationales. Une ville espagnole, Càceres, par exemple, a déjà organisé descoffee break trois années de suite. Autre exemple des animations tenues à Bruxelles : des « ateliers lego » où des enfants de 7 à 78 ans programment des robots pour sauver la planète Mars, stimulant la créativité et l’esprit d’équipe. Dans l’éducation (avec des méthodes déjà appliquées dans les écoles de la région), les affaires ou la gouvernance publique, le concept appliqué par le cabinet d’initiative jeunes demeure le même : débrider l’imagination en abolissant les contraintes formelles, favoriser la formation de réseaux entre les individus et métisser les expériences.

- Coffee Break bruxellois
Les régions rêvent le lycée de 2020
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionTags: Ecole , Presse , Territoires en résidences

C’est le titre de l’article consacré par le numéro de décembre du Monde de l’Education à notre opération Territoires en Résidences -et tout particulièrement à nos projets de résidences d’innovateurs au sein de lycées. Un article très clair, qui décrit bien les méthodes que nous mobilisons -immersion, innovation sociale, coproduction, design de services. Des exemples qui nous plaisent beaucoup sont cités, en Espagne (dans la Région d’Extremadure) et en Grande-Bretagne (dans la Région du North East England, dans le collège technique de Walker). A lire sans modération.










