› Territoires en Résidences › ARF › FING
Nov 6 2011

L’architecture de demain, c’est à la campagne que ça se passe !

Billet publié par Romain Thévenet
Tags: Architecture , Créativité , social

L’école d’architecture de Saint-Etienne organisait les 27 et 28 octobre, la troisième et dernière édition d’un cycle de conférences consacrées à l’architecture et l’urbanisme rural. Ce colloque était intitulé "nouveau cycle de vie des territoires", mais derrière ce titre un peu tordu, se cachait une superbe programmation de praticiens qui inventent de nouvelles façons de construire ensemble l’habitat rural. Voici un petit retour, pour nourrir notre projet autour des "villages du futur" avec la Région Bourgogne.

Transformer le territoire

Dans l’atelier « Quel devenir pour les tissus pavillonnaires aux frontières du monde urbain et du monde rural ? » encadré par l’école d’architecture de Nancy, Baptiste Sanson, ingénieur agronome, est venu nous présenté la Bergerie de Villarceaux, un domaine de 600ha situé à 30 km de Paris, entièrement dédié à l’expérimentation en agriculture écologique. Ce lieu de recherche s’est engagé dans les années 80, grâce au soutien de la Fondation pour le Progrès de l’Homme, dans la transformation de la monoculture vers une culture diversifiée en imaginant différentes formes de transition et en réalisant ainsi un prototype de gestion durable des territoires ruraux. Les relations entre agriculture et modes d’habiter sont fortes et Baptiste explique comment la plantation d’arbres sur la parcelle, la création de chemins qui permettent la balade, peuvent transformer le rapport des habitants qu’entretiennent au paysage et constituer un frein naturel à la périurbanisation croissante. La ferme profite aussi du public que constituent les habitants des zones pavillonnaires voisines, est un lieu de sensibilisation et d’accueil du public et permet d’imaginer l’avenir d’une agriculture plus écologique à grande échelle.

Apprendre à concevoir en construisant

Rusty Smith devant les étudiants de l'école d'architecture de St Etienne

Le Rural studio est une université d’architecture américaine, située dans le fond de l’Alabama, et destinée à enseigner différemment l’architecture aux étudiants. Depuis 1994, le principe de sa pédagogie est d’apprendre en construisant. Les problèmes de logement étant criants dans cette zone rurale des Etats Unis, les étudiants, en groupes, dessinent et bâtissent des maisons pour des "clients", habitants précaires du territoire. Les occasions de construire des maisons ne manquent pas et les contraintes deviennent évidentes : maisons à très faible coup, construites à partir de matériaux récupérés, ne consommant pratiquement aucune énergie pour le chauffage. Lors des deux dernières années de leur cursus, ils conçoivent et construisent des maisons aussi belles que peuvent l’être des projets d’architectes, tout en expérimentant des nouveaux matériaux (pare-brises récupérés, déchets de cartons, dalles de moquette recyclées), et en apportant des solutions concrètes et viables. Ainsi s’inventent de nouvelles façons de construire et d’habiter, qui n’auraient pu avoir lieu ailleurs. Comme le concède Rusty Smith, "là-bas, personne ne nous voit et nous surveille, on a de la place et la liberté pour expérimenter et produire de véritables solutions durables pour les personnes que nous accompagnons."

Construire ensemble

La grande rencontre de ce colloque a été avec Nicolas Taillandier, directeur du pays Combraille en Marche, situé dans la Creuse. La réflexion du comité de développement a démarré par la création d’une université rurale, pour sensibiliser les habitants du territoire aux questions de l’habitat. Nicolas est très critique envers le métier d’architecte, et la relation que les collectivités entretiennent avec lui : Très loin de la participation et des enjeux d’usages, les architectes et aménageurs ont trop tendance à proposer des réponses toutes faites, bétonnant la campagne sans réelle réflexion sur ce que cela implique d’un point de vue plus global. A leur décharge, les cadres réglementaires et les appels d’offres ne sont pas adaptés et les élus locaux très peu formés à ces questions.

L’objectif de l’université était de "créer des lieux, des supports, des outils décalés, pour que les acteurs se posent des questions qu’ils ne se posent jamais d’habitude". Différentes actions ont été menées dans le cadre de ces universités :

  • des conférences/Ateliers/promenades pour sensibiliser les acteurs locaux à l’architecture
  • des guides architecturaux à destination des habitants pour expliquer comment rénover sa maison
  • Un appel à idées et une exposition itinérante pour la construction de maisons innovantes
  • des stages-découverte à l’auto-construction (récupération de l’eau, matériaux renouvelables, murs en pierre sèche…)
  • des ateliers d’architecture en partenariat avec l’école d’architecture de Clermont-Ferrand (workshop et immersions par des étudiants)
  • Des parcours pour comprendre le lien entre les habitants et leur habitat : 2 sont partis avec leurs sacs à dos, et en auto-stop pour arpenter le territoire à la rencontre des habitants.
  • Un voyage à la rencontre des artisans (deux urbanistes (collectif Alpage) se baladent sur le pays en mobylette à la rencontre de ceux qui font les bâtiments)

Finalement, ils ont décidé de mettre en œuvrel’ALUR (Atelier local d’urbanisme rural) pour lancer ces nouveaux formats de participation et de co-constrution. L’invitation aux ateliers parle d’elle-même : il s’agit d’un sachet de thé, délivré comme une médecine douce et dont les ingrédients sont l’innovation, le changement, la convivialité, le développement durable et les partenariats. "Zone neutre", dans laquelle on peut rêver, réfléchir, construire… L’ALUR est un petit cousin de la 27e Région, qui invente à l’échelle locale de nouvelles façons de mettre en œuvre l’action publique sur les problématiques de l’habitat rural.

Oct 14 2011

Voyage d’étude Imagina ! Jeunesse et innovation en Espagne

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Créativité , Espagne , Innovation , jeunes

Du 18 au 20 octobre, la 27e Région organise un déplacement à Madrid et Merida en Espagne pour des élus et agents des Régions. Au programme : Utopic_us, TEDx for youth, oficina de innovación política, l’agence Funky Projects et son Magik Politik, le Social Media Lab, le collectif PKMN (Pacman), le mouvement 15M, le Gabinete Iniciativa Joven, Robocicla, aquaphytex, Dando Color, Fundhex, Espacio para la creación joven, Imagina y Emprende, Ayudamos, etc.

"La jeunesse ? Vaste programme ! On la sait en crise : galères de boulot, de logement, de financement des études... Parfois en errance. Mais elle bouge aussi, cette jeunesse. Elle s’adapte, imagine, entreprend, revendique. Elle agit. Elle est complexe, et multiples sont ses visages, ses âges, ses valeurs, ses désirs et ses pratiques. Face à cette complexité, les collectivités territoriales françaises s’interrogent sur leur rapport avec ces jeunes qui font les territoires d’aujourd’hui et de demain. Comment mieux les comprendre ? Quelles réponses nouvelles apporter à leurs besoins ? Quelles relations inventer avec eux et/ou les structures qui travaillent avec les jeunes ? En Espagne, des initiatives publiques et privées proposent de nouvelles façons d’accompagner la jeunesse, de répondre à ses besoins, de l’encourager dans ses projets. Et on peut compter sur la créativité, l’imagination et l’envie espagnole pour inventer de nouvelles solutions ! Voyage dans l’innovation publique et sociale ibérique à l’heure où la jeunesse s’indigne.."

Mar 25 2010

En Australie, des grosses têtes en résidence

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Créativité , Innovation , Politique publique

Nos amis de Libertic nous signalent le programme "Thinkers in residence", initié par le gouvernement d’Australie du sud. Le principe consiste à proposer à 2 à 3 personnalités par an de vivre et de travailler dans la ville d’Adelaïde, afin d’aider le gouvernement et la ville à créer un climat de créativité, d’innovation et d’excellence. Ils sont invités à faire des propositions stratégiques pour le développement futur des arts et des sciences, des politiques sociales, du développement durable et économique. Etre choisi dans le cadre de ce programme est visiblement prestigieux. Entre autres "grosses têtes", on trouve Geoff Mulgan, directeur actuel de la Young Foundation. Tous leurs rapports et leurs préconisations sont sur le site. On peut également suivre le blog de Peggy Hora, ancienne juge de la Cour Suprême de Californie, actuellement en résidence. Certes, les participants de Territoires en Résidences ne sont pas tous des grosses têtes, mais leur blog est bien mieux tenu ;-)

Jan 22 2010

Régions 2028 : la 27e Région fait son off (2/2)

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural

Suite et fin de notre billet consacré à l’exercice de prospective en "backcasting" que nous avions organisé à l’occasion du 5e Congrès des Régions en décembre dernier. La vidéaste Marguerite Fouletier en a tiré cette vidéo, qui reprend les meilleurs moments de cette journée et du Off.

Pour revivre également cette journée et les projets qui en sont sortis, on peut aussi télécharger ce document qui décrit en détail les 24 projets, du « new deal interrégional » aux « fabriques de l’innovation citoyenne ». Et pour arriver au chiffre de 27, l’équipe de la 27ème Région a concocté en exclusivité trois projets supplémentaires ! Dans une seconde partie, la méthode prospective et créative utilisée lors de cette journée est décrite en détails, accompagnée de notre appréciation sur le déroulement de l’exercice. Cette journée « Off » du congrès des Régions » a été conçue avec l’aide du bureau Strategic Design Scenarios.

Jan 13 2010

A télécharger : Vers une citoyenneté augmentée, bilan d’une résidence conduite à Rennes

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Créativité , Innovation , Quartier , technologies de l’information , Territoires en résidences

Que faire des réseaux sociaux ? Dans la jungle des Facebook et autres Twitter, y a t-il de la place pour des usages collectifs et sociaux, utiles à la société ? C’était le thème d’une nouvelle résidence conduite avec la Région Bretagne, l’association Bug et en complicité avec la Ville de Rennes. Aux commandes : une équipe constituée de Jacky Foucher, designer, agence créative Grrr, Pierre Cahurel, designer, agence créative Grrr, Catherine Jourdan, artiste, collectif La Glacière, et Margot Lebrin, designer-stagiaire, agence créative Grrr.

Aujourd’hui, environ 1 600 rennais sont inscrits à laruche.org, le réseau social concocté par l’association Bug. Quelle alternative citoyenne est possible, à côté des réseaux sociaux à vocation commerciale et publicitaire ? Après une série d’ateliers, de visites et d’entretiens, l’équipe a proposé que la réflexion s’articule autour de quatre axes : une représentation de la communauté accessible à tous, un contenu à la fois informatif et sensible, un responsable identifié et force de propositions et une présence dans l’espace physique.

Au final, trois expériences ont été tentées. La première concernait l’affichage de la carte de « la Ruche » dans le réel, sur des panneaux urbains et bientôt dans le magazine municipal. La seconde a porté sur le « partage de souvenirs » : avec la complicité des agents municipaux, les premières phrases de récits écrits par les habitants ont été imprimées sur le bitume, dans quelques quartiers ; chacun peut ainsi lire la suite en allant sur le réseau social. Un service de co-voiturage a été également testé et des panneaux d’information plantés aux abords de lieux de stationnement sauvage. Par ailleurs, quatre autres projets ont été maquettés, intitulés respectivement : ma bulle publique, le calendrier commun, le label Ruche et des groupes « vraiment » publics.

Tous les projets menés dans le cadre de Territoires en Résidences peuvent être suivi en temps réels sur ce blog, et donnent lieu à une publication. Notre première résidence menée au Lycée Jean Moulin de Revin a donné lieu à un premier livret, et d’autres sont sur le point d’être publiés.

Déc 21 2009

Régions 2028 : la 27e Région fait son off (1/2)

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural

En marge du Congrès des Régions de Marseille, élus, agents et créatifs inventent les outils de la politique publique de demain, et une nouvelle méthode de travail pour tout de suite...

Une soixantaine d’élus, agents, designers, architectes, chercheurs… se retrouvent à l’hôtel Vertigo, à Marseille, le mardi 8 décembre au soir. La 27e Région les a invité à participer à la journée de travail créatif qui se tient le lendemain. Mais, ce soir, c’est d’abord l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler, en particulier sur le programme "Territoires en résidences". Tour à tour, les équipes présentent rapidement les résidences. Il y en a 7, plus une… celle du « Laboratorio per l’innovazione », que Maurizio Giambalvo va présenter, venu spécialement de Palerme. Un livret de présentation des résidences est diffusé aux participants (librement téléchargeable ici). La soirée se poursuit par des discussions, dans une ambiance tranquille et conviviale. La preuve en photos.

Sortie en Boate

Mercredi 9 décembre. A 9 h, les participants se retrouvent à la Boate, ce tiers lieu marseillais, à quelques pas du vieux port. Après le café, tout le monde se rassemble au fond de la salle, dans la pièce libérée de ses meubles. On s’assied par terre et assiste à une revue de presse du 9 décembre...2028. Les infos défilent, sur fond d’images bricolées : Gros titre : «  Les élus du Grand Paris partent en voyage d’étude sur le plateau de Millevache,” pour s’inspirer de leur maniere de vivre ensemble. Autre info : on fête le 10e anniversaire du pôle alimentaire multimodal, qui marque la fin d’une époque où les AMAP étaient considérés comme une curiosité….

A travers ces histoires inventées (qu’on pourra retrouver en détails sur Flickr), différents défis et enjeux sociétaux auxquels sont confrontées les régions sont abordés : énergie, éducation, gouvernance, alimentation, usages des technologies, créativité, participation… mais on ne va pas regarder des vidéos toute la journée ! Stéphane Vincent, Romain Thévenet et François Jégou présentent les règles du jeu. L’objectif : imaginer comment cet avenir "souhaitable" est-il arrivé, quels projets, quelles politiques publiques, quelles étapes ont été nécessaires pour l’atteindre...

Huit groupes sont constitués, avec, pour chacun, un expert, un designer, et six autres personnes qui vont remuer ensemble leurs méninges toute la journée. Chaque groupe part s’installer dans une îlot créatif, composé de murs de papier, conçu par le designer Jean Couvreur. Au centre, une table. Dessus, un rouleau déroulant de paper-board. Stylos et post-it multicolores complètent l’équipement… C’est parti.

Pause créative ?

“La pause créative”, qu’est ce que cela évoque pour vous ? “pause café”, “ moment de détente”… le premier mur de l’îlot se recouvre de post-it. Ce groupe a été invité à réagir à un article qui relate le succès des “ pauses creatives” dans la société. Qu’apportent ces pauses ? Qu’est ce qui les limite ? Un autre mur se recouvre de post-it. Autour de la table, on renverse le sujet. Un concensus se forme : le concept de “pause créative” n’a pas vraiment de sens dans une culture où la créativité n’est pas vraiment reconnue. C’est plutôt à la façon d’irriger la société de créativité qu’il faut réfléchir… Dans l’îlot voisin, on s’interroge sur la manière de gérer au mieux l’omniprésence des technologies dans la vie quotidienne. “ A Angers, un bailleur social a mis en place un système qui permet aux locataires de mesurer leur consommation d’énergie”. “Ailleurs, tel système a été abandonné, car il n’était pas adapté”. Jacques-François Marchandise, directeur de développement à la Fing, recadre la discussion “ On est là pour trouver comment se déconnecter”. On continue de chercher…

De la discussion au projet

Les échanges se poursuivent, dans une ambiance concentrée mais détendue. Il est 11h, et, au pied de la table consacrée à l’alimentation et animé par John Thackara et Adèle Seyrig, trainent déjà deux mètres de papier. Ils sont parsemés de mots clés et de dessins. “Les abattoirs sont très centralisés. Ce système est cher et complexe pour les éleveurs” explique Benoît Lacroix , animateur au Pays Nivernais Morvan, qui propose de remettre en place des structures de proximité. “Il faut aussi penser à la culture de céréales, pour rester dans des circuits courts” ajoute Adèle Seyrig, designer. Isabelle matthieu, d’Alliance Provence, un réseau d’AMAP, évoque un projet autour de la fête de l’Aïd à Marseille, occasion de rapprocher les producteurs et les consommateurs de moutons. John Thackara intervient “ il est temps de formuler des propositions”. Car l’aiguille tourne. Il est presque 13h.

A l’autre bout de la Boate,” un compagnonage de l’élu", qui partirait en résidence dans d’autres collectivités durant une partie de son mandat, pour en ramener des “trésors” a été imaginé à la table Energie. Un dispositif comprend des “réunions tricot” pour parler l’énergie entre habitants, des “prospecteurs” qui vont sur le terrain identifier les potentielles actions d’économie ou de gestion alternative de l’énergie, et un service civil qui mobilise des compétences pour mettre en oeuvre des projets. Le tout est financé par un “ énergiton” -qui sera finalement abandonné. Faut il promettre du “sang et des larmes”, ou compter sur le volontarisme des individus pour faire face au défi énergétique ? Le débat est vif autour de la table.

Les concepts en image

Le temps d’un risotto poulet, et d’un coup d”oeil sur le coin librairie, tenu par les responsables de la Librairie des Territoires, que Stéphane Vincent a rencontré quelques jours auparavant : il faut dire qu’une demi-douzaine d’auteurs sont dans la salle. Les travaux reprennent : il ne reste qu’une heure et demie pour fignoler les idées, préciser les concepts. Au cours de l’après-midi, les élus présents, Jean-François Caron, élu au Conseil Régional de Nord-Pas de Calais, et Christian Paul, élu au Conseil Régional de Bourgogne, passent de table en table. Ils ont accepté la délicate mission de présenter leur sélection, à partir des 24 projets imaginés par les équipes, en fin d’après-midi. Les équipes leur exposent leurs projets. Ecoute, discussions, critiques… On passe à la synthèse. Aux murs, sont affichées les images produites par les groupes. Les designers ont bricolé des montages qui illustrent les projets. Un plan de ville orné de carrés jaunes : ce sont des lieux de stockage de quartier, destinés à limiter les déplacements de marchandise (projet du groupe énergie) , un bus londonien siglé “polybus” (projet du groupe vivre ensemble) le passeport d’un citoyen inter-régional (projet du groupe New Deal).

Présentation des élus

Les deux élus se succèdent pour présenter les projets. Certains sont des “boites à outil” quasiment prêtes à l’emploi. D’autres, plus vastes, interrogent le long terme. Par exemple, le groupe qui a travaillé sur la gouvernance a notamment imaginé un “forum de débat public” permanent, composé de citoyens volontaires. Il participe au débat sur l’avenir et pourrait jouer un rôle dans la gestion d’une partie du budget. “Une nouvelle façon d’inventer une fiscalité régionale ? “ s’interroge Christian Paul, rapporteur du groupe new deal 2028, qui a également réfléchi à une nouvelle citoyenneté interrégionale. Aileurs, le groupe "vivre ensemble" a conçu une “pépinière de nouveaux habitants” qui accueille des nouveaux arrivants dans un lieu rural qui a besoin d’être dynamisé. Accompagnement, remboursement du déménagement en cas d’échec, avec, en contrepartie, un engagement dans la communauté. “ Ce projet est intéressant, car il est souple. Il pourrait fonctionner aussi pour les territoires urbains en difficulté” commente Jean-François Caron.

Mise en réseau et éducation

Dans le groupe éducation, on a fait sauter les cloisons entre les lycées et les universités. En 2028, les régions dotées de nouvelles compétences, gèrent les deux. Les internats ont été améliorés, pour permettre à chaque lycéen d’enrichir son parcours, en fréquentant successivement différents établissements, qui développent des dominantes différentes. Enrichissement des individus par la multiplication de leurs expériences, hybridation des lieux, échanges entre structures, importance de la formation… ces thèmes traversent l’ensemble des projets, du réseau des “fabriques d’innovation citoyenne” du groupe “citoyen”, à l’intégration d’activités créatives dans des lieux divers, du groupe “ pause créative”, en passant par les “ espaces de deloguement” , qui habritent différentes activités, du groupe “ technologies”. Impossible d’approfondir chacun des sujets dans le temps imparti. . ..“ Ce travail sera mis en forme et diffusé” promet Stéphane Vincent. Une journée qui a permis aux représentants de collectivités de s’imprégner des méthodes créatives, et aux acteurs créatifs, de mieux comprendre les besoins des élus. Bref, pour tous, d’apprendre à travailler ensemble, différemment et entamer de nouveaux projets.

Dans un prochain billet : la présentation complète des 24 projets conçus par les équipes.

Toutes les photos du Off sont ici.

La liste des participants :

PDF - 60 ko
Sep 14 2009

A télécharger : le bilan de notre première résidence

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Créativité , Innovation , Lycée , Territoires en résidences

Depuis la création (récente) de la 27e Région, nous défendons l’idée selon laquelle les acteurs publics devrait mobiliser des formes d’ingénierie radicalement différentes, plus qualitatives et mobilisant davantage la créativité des citoyens. C’est dans cet esprit qu’en janvier 2009, nous avons lancé "Territoires en Résidences". En quelques mois, ce programme est devenu pour nous et pour quelques dizaines d’innovateurs, designers, sociologues, anthropologues, vidéastes, chercheurs de tout poil, une façon de tester concrètement ces méthodes au sein des régions. Aujourd’hui, nous sommes fiers de revenir sur la première des résidences que nous avons conduit de mars à mai 2009, au lycée Jean Moulin de Revin, en Région Champagne-Ardenne. Réalisé par les résidents (Merci à toute l’équipe de User Studio et à François Jégou), le document "Revin - Vers un campus ouvert" décrit fidèlement les différentes étapes, les outils créatifs utilisés, les projets qui ont vu le jour, et les enseignements qui peuvent intéresser les établissements scolaires, les Régions et l’Education nationale.

(pour le télécharger, cliquez sur le document et une fois dans Slideshare, cliquez sur "get file")

Aou 6 2009

Off !

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Créativité , Innovation , Politique publique , Provence Alpes Cote d’Azur , social

Aou 2 2009

L’innovation, côté jardin

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Créativité , Ile-de-France , Innovation , prospective , Territoires en résidences

La démarche d’immersion proposée dans le cadre de Territoires en Résidences n’intéresse pas seulement les Régions. La ville de Paris nous a contacté il y a quelques temps, en la personne de Bruno Gouyette, de la Direction des espaces verts et de l’environnement. Nous le rencontrions le 31 juillet au sein-même de l’Ecole du Breuil, l’école d’horticulture de la Ville de Paris située aux abords du Bois de Vincennes, en compagnie de Catherine Evrard-Smagghe, ingénieur en chef et directrice de l’école. J’étais accompagné d’Adrien Demay, designer issu de l’Ensci et co-fondateur d’une offre de services en design auprès des territoires.

L’Ecole du Breuil est un site exceptionnel : créée en 1867 par Haussmann pour fleurir Paris, elle forme plus de 200 ouvriers et techniciens dans les techniques du paysage, mais dispense aussi des cours de jardinage pour les amateurs. Elle a un statut d’école privée sous contrat avec le ministère de l’Agriculture et propose une scolarité mixte et gratuite. L’école s’étend sur 25 hectares, la plus grande surface pour l’enseignement horticole en France. Elle propose un arboretum ouvert au public avec 800 essences différentes, un verger, un fruticetum, une roseraie, un jardin de plantes vivaces et un autre de plantes médicinales. L’élue parisienne en charge des espaces verts, et donc de l’Ecole du Breuil, est Fabienne Giboudeaux, adjointe au maire de Paris.

Comment envisager l’avenir avec un tel patrimoine ?

Une réflexion est en cours pour les dix prochaines années. Hormis la consolidation des formations actuelles, l’une des hypothèses serait de faire évoluer l’école vers un centre de formation reconnu à l’échelle nationale et internationale, et d’en faire un outil de recherche appliquée et d’expérimentation, à l’heure où les enjeux climatiques et d’économie d’énergie imposent de repenser le rôle du végétal dans la ville. Institut du végétal au service des collectivités ? centre d’expérimentations et de transfert de savoir-faire vers les professionnels ? L’idée d’un tel positionnement dans le champ de l’horticulture urbaine est très tentante, surtout si ce positionnement couvre non seulement l’innovation technologique, mais aussi l’innovation sociale et les nouveaux comportements urbains -par exemple l’explosion des jardins partagés mais aussi sauvages, comme le Bois Dormoy en plein 18e, ou du "Guerilla gardening" à Londres, ou encore les travaux de paysagistes et de designers, tel Damien Roffat, et son "Jardinons", espace vert participatif. Des rapprochements sont déjà envisagés avec l’Institut des villes durables, une idée de pépinière d’entreprises touchant au végétal, ainsi que le nouveau laboratoire Paris Région Innovation.

Co-construire une nouveau récit pour l’école

Quelle que soit l’hypothèse retenue, la direction de l’école du Breuil pressent que pour atteindre un objectif aussi innovant, il faudra également appliquer des méthodes innovantes. "Il s’agit nécessairement d’un projet collectif, explique Bruno Gouyette. Nous devons trouver une manière d’associer directement élèves, jardiniers et personnes extérieures, sur un registre moins administratif et institutionnel". L’objectif n’est pas d’allonger la liste des rapports, mais de donner à voir aux décideurs des scénarios possibles et "sensibles", co-conçus avec la communauté de l’école. L’exploration de terrain, l’immersion, le travail de "designers ethnologues" peuvent également être un moyen de mieux envisager l’inscription de l’école dans ce territoire, et de lui faire jouer un rôle comme "porte de Joinville".

La discussion avec l’Ecole du Breuil se poursuivra à la rentrée. L’école du Breuil n’entrant pas au premier chef dans les compétences régionales (elle est sous contrat avec le Ministère de l’Agriculture), il n’est pas certain que nous puissions y conduire un projet dans le cadre de Territoires en Résidences, mais si nous sommes utiles, nous trouverons assurément les formes d’un partenariat avec la mairie de Paris, pour ce projet qui s’annonce passionnant...

Jui 24 2009

Social Innovation Exchange, à Lisbonne : Sortir de la crise par l’innovation sociale

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Créativité , Innovation , social

Un mois après LIFT with FING à Marseille, c’est à Lisbonne que soufflait un vent de résistance : "Recovery through social innovation" (en gros, "L’innovation sociale pour sortir de la crise"), tel était le thème de l’université d’été du Social Innovation Exchange à laquelle nous étions conviés à Lisbonne du 15 au 17 juillet. Aux commandes, la Young Foundation, dont le patron charismatique Geoff Mulgan a pris récemment les rênes pour en faire un "hub" international de l’innovation sociale, et à ses côtés, le British Council, l’association portugaise TESE, ou encore la fondation Calouste Gulbenkian qui accueillait l’événement.

Ceux qui voient dans l’innovation sociale un concept à géométrie variable n’auraient pas été déçus... Sur les 125 invités issus de 24 nationalités, des profils très variés : beaucoup d’entrepreneurs sociaux (et d’incubateurs d’entrepreneurs sociaux), des représentants d’ONG, quelques leveurs de fonds, des structures de micro-crédit, des designers "sociaux", des think-tanks spécialisés, quelques représentants d’agences gouvernementales -mais pas de ville ou d’autre collectivité. On retrouvait la diversité d’approches que décrit bien Hubert Guillaud dans ses trois billets sur l’innovation sociale. Un belle aperçu du dynamisme et de la profusion d’idées qui règne dans ce secteur. L’essentiel de ce qui s’est dit est visible sur le wiki de l’Université d’été, et sur twitter.

Au hasard des présentations et des conversations, voici quelques portraits, quelques initiatives marquantes et quelques idées clés...

Quelques brefs portraits pour se mettre dans l’ambiance

  • Tonya Surman est la fondatrice du Social Innovation Center de Toronton, l’un des premiers du genre. Durant la conférence, ses réactions sur Twitter seront suivies et commentées par plus de 500 personnes.
  • Won Soon Park est un étonnant designer coréen ; ses "faits d’armes" vont de la lutte anti-corruption, à la création de "l’Hapiness Design Academy" ou de "l’Experience Corps".
  • Robin Murray est un vétéran de la cause, économiste spécialisé dans le développement durable, aujourd’hui à la Young Foundation ; on retiendra notamment un utile rappel des outils et méthodes de l’innovation sociale
  • Frank Kresin est l’animateur bien connu par la Fing de la Waag Society, laboratoire des technologies appliquées à l’innovation sociale et fervent promoteur des Fab Labs

On pouvait également croiser dans les ateliers plusieurs représentants d’Ashoka, Cassie Robinson de l’agence de design Think Public que nous avions rencontré à Londres, Christian Bason l’animateur du MindLab du ministère danois de l’emploi et de l’économie (j’en ai profité pour l’interviewer), John Thackara (Doors of Perception) venu animer un atelier sur "comment réorganiser la chaîne de production alimentaire à l’échelle d’une région ?". Côté français, Marjorie Jouen, Notre Europe (et membre du conseil d’orientation de la 27e Région) auteur d’une lumineuse intervention sur la crise, et Morgan Poulizac, de l’Agence nouvelle des Solidarités Actives créée par Martin Hirch.

Quelques initiatives marquantes ou originales

Ted Matthews, chef de projet à la branche norvégienne du British Council, est l’un des principaux concepteurs d’un projet international, Creative City. L’objectif : associer les citoyens à l’avenir de leur ville.

Les designers hollandais de Kennisland (en anglais Knowledgeland, le pays de la connaissance) ont inventé le "Wiki loves art" (pendant une journée, le public a le droit de prendre des photos dans tous les musées de Hollande à condition de les publier sur des réseaux sociaux ; 5500 photos publiées sur Flickr dans 50 musées au terme de l’opération), la Kafka brigade pour chasser la bureaucratie (voir l’interview de Joeri Van de Steenhovenque nous avons réalisé), ou encore les Pioneer teachers (des enseignants récompensés pour leurs innovations sociales)

A l’image du SILK dans le comté du Kent en Grande-Bretagne, la Région de Midt, en Hollande, a mis en place un laboratoire de l’innovation sociale, le MidtLab.

Vincenzo Di Maria est chercheur au Design Against Crime Researche Center (University of the Arts London), qui élabore des produits et services susceptibles de limiter ou réduire la criminalité

Ca bouge également du côté des formations : La Hollande et la Norvège peuvent s’enorgueillir d’accueillir toutes deux la Kaos Pilot, école de design et d’innovation sociale. Et à Lisbonne, l’’équivalent du Polytechnico di Milano crée un Design and social innovation degree.

A l’échelle nationale, la Grande-Bretagne pilote un projet comparable à Iniciativa Joven, en région Estremadure : il s’agit du programme gouvernmental Creative Partnerships, visant à stimuler la créativité chez les jeunes anglais.

La Young Foundation fourmille de projets. Citons Healthy Incentives, Active Community Living et Supportmyparent.com, dans le domaine de la santé et du vieillissement ; un programme visant à re-responsabiliser les citoyens à leurs données, Mydex ; de nombreux projets pour stimuler la créativité des habitants, et travailler sur la ville de demain (London Collaborative, Future communities, Neighbourhoods futures, Local government Innovation, etc)

Quelques phrases entendues

Innover de l’intérieur ou de l’extérieur ?

Alors oui, c’est plus facile de l’extérieur du système, disent les entrepreneurs sociaux (comprendre par système, le gouvernement et les administrations)...mais la réalité est qu’une grosse partie de l’innovation sociale est financée directement ou indirectement par la puissance publique (et les fondations, outre-atlantique), et à un certain stade, pour vraiment transformer le système, il faut travailler avec nous ! disent les administrations...

La crise, fossoyeur ou dopant de l’innovation sociale ?

Certains voient dans la crise le risque que les acteurs publics réduisent les marges de manoeuvre et les possibilités, rationalisent (la RGPP, en France), coupent les crédits de l’innovation sociale au profit de formes d’innovations plus spectaculaires et à fort rendement économique, même si court-termistes. Beaucoup d’autres voient dans la crise, au contraire, une formidable occasion de transformer l’innovation, de repenser le système.

Innover, pour ne rien changer ?

Derrière l’innovation se cachent de formidables prétexte pour ne rien changer. Selon des participants, l’initiative anglaise "Reboot Britain" s’est déroulé comme un contre-exemple de l’innovation : comme dans le titre, on a changé de logiciel sans changer le système d’exploitation !

"Spread rather than scale" : disséminer plutôt que passer à l’échelle

L’innovation sociale, ça n’est pas répliquer des solutions toute faites, mais plutôt disséminer, débattre autour des bonnes idées qui améliorent quotidiennement l’existant. La nouvelle pratique, pas la bonne pratique !

Le drame, c’est le "social waste"

Ce qui crève le coeur d’un innovateur social, c’est que les compétences des gens, quels qu’ils soient, ne soient pas utilisées...

"Innovation sociale = des méthodes + des valeurs"

De nombreux ateliers très participatifs étaient organisés tout au long de l’Université, dont une large part était consacrée aux méthodes de l’innovation sociale. Les organisateurs ont profité de l’événement pour lancer un manifeste pro-innovation sociale, et pro-changement, "Fixing the future", en 10 points, résumés brièvement ici : quitter les politiques court-termistes pour travailler sur le plus long terme, encourager l’emploi dans les secteurs prioritaires -santé, environnement, éducation, tourisme, industries créatives-, promouvoir le multi-culturalisme et la créativité locale, investir dans l’innovation, encourager l’entrepreunariat, soutenir les nouvelles infrastructures -haut débit, nouvelles énergies-, garantir la sécurité par la protection sociale, récompenser l’investissement à long terme, mobiliser la créativité des publics, apprendre vite du meilleur de ce qui se fait dans le monde.


Fixing the Future

Ici, toutes les photos de l’événement sur Flickr.

» Mots clés

» Vidéos

alt : http://www.youtube.com/v/DqX7-wco83Q&hl=fr

Federico Campos, Iniciativa Joven

» Les derniers commentaires

» Prochains événements L27ER

Chargement widget...

» Les dernières photos

_DSC0308 _DSC0307 _DSC0306 _DSC0304 _DSC0303 _DSC0302 _DSC0301 _DSC0300

» Revue de web

» Initiateur du projet

  • ARF

» Partenaires